‹ Le dix-huitième siècle galant et libertinChapitre 7 sur 33 · PROUVÉE ET DONNÉE A CELUI QUI A LE DROIT DE · texte numérisé non relu

PROUVÉE ET DONNÉE A CELUI QUI A LE DROIT DE

SE l'attribuer

Ceux là perdent la mé- qui disent les Anglais viemoire, torieux.

Qui donnent aux François ont raison d'être glorieux.

la victoire.

Quand M. d'Orvilliers La vérité est claire et

écrit. bonne

C'est un tas de faussetés dans la défense que Keppel

qu'on lit. donne

De faux rapports que je de s'en aller il n'est pas

déteste ! permis.

Quand on est plus fort on si l'on trouve des ennemis

reste.

Les François entrent dans quand l'ennemi a pris la

leur port fuite

L' Anglois se trouvant le on se dispense de la pour-

dIus fort. suite

Monsieur de Sartine.

Vendredy matin à onze heures et demie.

Pourquoi m' avoir ainsi manqué de parole ? Je vous attendis toute la soirée — toute la soirée. — Seule ! — Que vous auriez ri de mes remarques sur l'incluse ! je fus obligée, je vous assure, d'employer toute mon éloquence pour qu'on me permit d'en faire la lecture. Angélique fut toute la matinée de belle humeur pendant qu'elle m'habilloit; et je m'attendois certainement à quelque chose de merveilleux. Enfin elle m'avoua qu'elle avoit reçu de fort bonnes nouvelles de l'Amérique. Je vous les envois. Vous n'ignorez pas que M. Maréchal, valet de chambre du Marquis de la Fayette, a. toujours eu du tendre pour mon Angélique. Nous avons, vous et moi, souvent ri aux dépens du Maître, ce fameux Don Quicote. Pourquoi ne pas nous divertir de l'écuyer aussi ? A ce soir en attendant, mon cher petit ange, pensez à

Votre passionnée et fidèle.

Du Thé.

(L'incluse)

A Mademoiselle, Mademoiselle Angélique, Femme de Chambre, etc. De Mademoiselle Du Thé.

Philadelphie, 24 sep. 78.

Enfin, Divine Angélique, l'amour nous sourit. — Mon Maître est las de ces Sauvages. — Nous retournerons, et ton fidèle Maréchal mettra ses lauriers à

tes pieds. — Que ton petit cœur auroit palpité le jour que nous nous préparions à combattre, — je dis nous, car si mon Maître eût été tué, j'avois résolu de ne pas demeurer les bras croisés ; et puisqu'il avoit envoyé un défi à Milord Garlife pour avoir osé manquer de respect à son Maître, par Dieu et tous les Saints du Paradis ! s'ils s'étoient battus, j'aurois fait repentir M. Storer d'avoir osé se moquer du mien. — Mais ce poltron d'Anglois envoya une excuse au Marquis. — Chose honteuse! — après toutes les dépenses que nous avions faites pour nous préparer pour ce duel. — O Angélique! Quel habit de combat! Superbe! D'un drap écarkite garni d'olives en or, et doublé d'une des plus belles fourures que l'Amérique ait jamais produites. — Des escarpins magnifiques à talons rouges, et aussi bien faits que ces malotrus en sont capables. S'ils se fussent battus, quel grand spectacle n'auroit-ce pas été ? J'avois mis les cheveux du Marquis en papilottes, et je devois lui faire dix boucles de chaque côté. — Mais tout est fini, et nous quittons ce pays. — A te dire la vérité. Ma chère Angélique, le Congrès de Milord Washington est au désespoir de notre départ. Mon Maître passa hier toute la journée à leur écrire une lettre pour les consoler. J'écoutois, et je lui entendis répéter ces superbes mots : « Dès le moment que j'ouis parler de l'Amérique, j"eus de l'affection pour elle. — Dès le moment que j'appris qu'elle combattait, je brûlai du désir de répandre mon sang pour elle. — Et le mo-

LA CASSETTE VERTE DE M. DE SAttTINB 36

ment où je pourrai lui être de quelque utilité, sera le seul moment pour lequel je croirai qu'il vaut la peine d'exister. » Oh! aimable Angélique. Quels trois beaux momens que ceux-là! Cependant tout beaux qu'ils sont, ils ne valent pas ceux que je te réserve. — La lettre du Marquis a eu tout le succès qu'il en attendoit. — Le Congrès de Milord Washington, tout bien considéré, s'est assez bien comporté dans cette affaire. Il a écrit au Docteur Ambassadeur d'acheter une belle épée, et d'en faire présent à mon Maître. Qu'en dis-tu, Angélique? De plus, M. Laurens « prie Dieu, dans sa lettre, de bénir et de protéger le Marquis ». — Quelle épée! Quelle bénédiction! — Quant à moi, on ne m'a donné ni l'une ni l'autre. Que le diable les emporte ! S'ils m'avoient fait présent d'une jolie épée, je les aurois tenu quittes de leur bénédiction. — Mais, ma chère Angélique, aime-moi toujours, et je me passerai volontiers de leurs épées et de leurs bénédictions. Je suis et serai toute ma vie, Ton Esclave, Jean Charles Jacques Maréchal.

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