‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 104 sur 340 · II. -- CUITinUE LITTÉUAUŒ LE siki;e · texte numérisé non relu

II. -- CUITinUE LITTÉUAUŒ LE siki;e

L'étenduo do l'esprit, la force de l'ima^iiialion eiraolivité de l'Ame, voilà le génie. De la manière dont on reçoit ses idées dépond celle dont on se les rappelle.- L'homme jeté dans l'univers reçoit, avec dos sensations plus ou moins vives, les idées de tous les êtres. La plupart des hommes n'éprouvent des sensations vives que par l'impression des ohjels qui ont un rapport immédiat h leurs besoins, à leur goût, etc. Tout ce qui est étranger à leurs passions, tout ce qui est sans analogie à' leur manière d'exister, ou n'est point aperçu par eux, ou n'en est vu qu'un instant sans être senti', et pour être à jamais oublié.

L'homme de génie est celui dont l'àme, plus étendue, frappée par les sensations de tous les êtres, inli'ressée à tout ce qui est dans la nature, ne reçoit pas une idée qu'elle n'éveille un sentiment : tout l'anime et tout s'y conserve.

Lorsque l'àme a été afl'cctée par l'objet même, elle l'est encore parle souvenir : mais dans l'homme de génie^ l'imagination va plus loin : il se rappelle des^ idées avec un sentiment plus vif qu'il ne les a reçues, parce qu'à ces idées mille autres se lient, plus propres à faire naître le sentiment.

Le génie entouré des objets dont il s'occupe ne se souvient pas, il voit; il ne se borne pas avoir, il est ému : dans le silence et l'obscurité du cabinet, il jouit de cette campagne riante et féconde; il est glacé par le sifflement des vents; il est brûlé par le soleil, il est effrayé des tempêtes. L'àme se plaît souvent dans ces affections* momentanées; elles lui donnent nn plaisir qui lui est précieux ; elle se livre atout ce qui peut l'augmenter; elle voudrait, par des couleurs vraies, par des traits ineffaçables, donner un corps aux fantômes qui sont son ouvrage, qui la transportent ou qui l'amusent.

Veut-elle peindre quelques-uns de ces objets qui viennent

1. Sans analogie à. Le substantif se qu'il s'agit surtout du g(''nie ailislique. cuustruit ici comme l'adjectif dont il est 3. Z)?s. Certaines.

tiré. 4. Affections, Impressions. Cf. p. 79,

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