‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 113 sur 340 · Peintre du wii^ siècle. Il a fait commencé · texte numérisé non relu

Peintre du wii^ siècle. Il a fait commencé

de la douleur et de la. misère. Le lit est mauvais et sans matelas. Le vieillard mort est étendu sur ce lit. Une lumière qui tombe d'une fenêtre n'éclaire que son visage, le reste est dans l'ombre.' On voit à ses pieds, sur une escabelle de paille, le cierge bénit qui brûle, et le bénitier. La fille aînée, assise dans le vieux confessionnal' de cuir, aie corps renversé en arrière, dans l'attitude du désespoir, une main portée à sa tempe, et lautre élevée et tenant encore le crucifix qu'elle a fait baiser à son père. Un de ses petits enfants, effrayé, s'est caché le visage dans son sein. L'autre, les bras en l'air et les doigts écartés, semble concevoir les premières idées de la mort- La cadette, placée entre la fenêtre et le lit, ne saurait se persuader qu'elle n'a plus de père : elle est penchée vers lui ; elle semble chercher ses derniers regards; elle soulève un de ses bras, et sa bouche entr'ouverle crie : « Mon père, mon père ! est-ce que vous ne m'entendez plus? » La pauvre mère est debout, vers la porte, le dos contre le mur, désolée, et ses genoux se dérobant sous elle.

Voilà le spectacle qui attend le fils ingrat. 11 s'avance. Le voilà sur le pas de la porte. 11 a perdu la jambe dont il a repoussé sa mère, et il est perclus du bras dont il a menacé son père^.

Il entre. C'est la mère qui le reçoit. Elle se tait; mais ses bras tendus vers le cadavre lui disent r« Tiens, vois, regarde ; voilà l'état où tu l'as mis. »

Le fils ingrat parait consterné; la tète lui tombe en devant ^ et il se frappe le front avec le poing.

Quelle leçon pour les pères et pour les enfants !

Ce n'est pas tout; celui-ci^ médite ses accessoires aussi sérieusement que le fond de son sujet.

A ce livre placé sur une table, devant cette fille aînée, je devine qu'elle a été chargée, la pauvre malheureuse I de la fonction douloureuse de réciter la prière des agonisants.

Cette fiole qui est à cùté du livre contient apparemment les restes d'un cordial.

Et cette bassinoire qui est à terre, on l'avait apportée pour réchauffer les pieds du moribond.

1. Coiifessioiiiinl. Sorte de fauteuil. 3. En devant. CU p. 172, n. 5.

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