‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 126 sur 340 · Voltaire. 5. D'Alembert veut dire que les dé · texte numérisé non relu

Voltaire. 5. D'Alembert veut dire que les dé

3. Cf. plus bas ceux dont ils tenaient couvertes qui se font par la raison sont la vie. ' assez rares.

188 LE Wllh SIECLE l:\n LES TEXTES

gloiro à jouir iruiie scionco li(''risséo, souvent ridicule, et quelquefois barbare.

Il est vrai que noire siècle, qui se croit destine' à changer les lois en tout j^enre et à faire justice S ne pense pas lort avaulageusenienl de ces houiuios autrefois si ci'lèbres. C'est uue espèce de mérite auJDurd'liui que d'en^ faire peu de cas ; et c'est même un mérite ([ue bien des gens se conleulent d'avoir. II semble que, par le mépris qu'on a pour ces savants, on cherche h les punir de l'estime outrée qu'ils faisaient d'eux-mêmes ou du suffrage peu éclairé de leurs contemporains, et qu'en foulant aux |)ieds ces idoles, on veuille en faire oublier jusqu'aux noms. Mais tout excès est injuste. Jouissons plulùl avec reconnaissance du travail de ces hommes laborieux. Pour nous mettre à portée d'extra'rre des ouvrages des anciens tout ce qui pouvait nous être utile, il a fallu qu'ils en tirassent aussi ce qui ne l'était pas ; on ne saurait tirer l'or d'une mine sans en faire sortir en même temps beaucoup de matières viles ou moins précieuses ; ils auraient fait comme nous la séparation, s'ils étaient venus plus tard. L'érudition était donc nécessaire pour nous conduire aux belles-lettres.

En effet, il ne fallut pas se livrer longtemps à lecture des anciens pour se convaincre que, dans ces ouvrages mêmes où l'on ne cherchait que des faits ou des mots, il y avait mieux à apprendre. On aperçut bientôt les beautés que leurs auteurs y avaient répandues ; car si les hommes, comme nous l'avons dit plus haut, ont besoin d'être avertis du vrai, en récompense^ ils n'ont besoin que de l'être. L'admiration qu'on avait eue jusqu'alors pour les anciens ne pouvait être plus vive; mais elle commença à devenir plus juste. Cependant elle était encore bien loin d'être raisonnable. On crut qu'on ne pouvait les imiter qu'en les copiant servilement, et qu'il n'était possible de bien dire que dans leur langue. On ne pensait pas que l'étude des mots est une espèce d'inconvénient passager, nécessaire pour faciliter l'étude des choses, mais qu'elle devient un mal réel quand elle retarde cette

1. Faire jimlic:. Rendre à chacun ce 3. En rccompense. En revanche. Cf. qui lui est du. p. 20, n. 2.

Page 1