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I,E XVIII'^ SIECLE PAR LES TBXTKS

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M. S(;HL'1'ULE.

Je ne rêve, inonsiciii-, en aucune Caron : Vous nous l'avez diclé, plein de sens et raison'. Le repentir sitôt saisirait-il voire âme? Monsieur était présent, aussi bien que madame : Ils peuvent là-dessus dire ce qu'ils ont vu.

ÉRASTE, bas.

Que dire?

Juste ciel!

Erasle était présent?

LISETTE, OaS.

CRiSiMN, bas.

Me voilà confondu.

GÉRONTE

M. SCRUPULE

Oui, monsieur, je vous jure.

GÉRONTE

Est-il vrai, mon neveu? Parle, je l'en conjure.

ÉRASTE

Ah! ne me parlez pas, monsieur, de testament; C'est m'arracher le cœur trop tyranniquement.

GÉRONTE

Lisette, parle donc.

LISETTE

Crispin, parle en ma place ^; Je sens dans mon gosier que ma voix s'embarrasse.

CRisi'iN, à Géronle.

Je pourrais là-dessus vous rendre satisfait ; N-ul ne sait mieux que moi la vérité du fait.

J'ai fait mon testament!

1. Plein de -lens et raison. Deux ter- mais elle se conservait dans cerlnines

mes étant coordonnés, la préposition formules consacrées, ut spécialement

exprimée devant le premier pouvait de la langue juridique,

s'omettre devant le second. Cette cous- ' 2. En ma place. On disait indifférem-

truction, très fréquente encore au xvii' ment en ou « mn place. siècle,rétait beaucoup moins au xviiif;

CBISI'IN.

On ne peut pas vous dire Qu'on vous Tait vu tantôt absolument écrire; Mais je suis très certain qu'aux lieux où vous voilà, Un homme, à peu près mis comme vous êtes là, Assis dans un fauteuil, auprès de deux notaires, A dicté mot à mot ses volontés dernières. Je n'assurerais pas que ce fût vous : pourquoi? C'est qu'on peut se tromper ; mais c'était vous ou moi.

M. SCRUPULE, à Géronte.

Rien n'est plus véritable, et vous pouvez m'en croire.

GÉRONTE

Il faut donc que mon mal m'ait ôté la mémoire, Et c'est ma léthargie.

CRISI'IN.

Oui, c'est elle, en effet.

LISETTE

N'en douiez nullement; et, pour prouver le fait. Ne vous souvient-il pas que, pour certaine affaire. Vous m'avez dit tantôt d'aller chez le notaire ?

Oui.

LISETTE

Qu'il est arrivé dans votre cabinet, Qu'il a pris aussitôt sa plume et son cornet'. Et que vous lui dictiez à votre fanlaisie...?

GÉRONTE

Je ne m'en souviens point.

LISETTE

C'est votre léthargie.

CRISI'IN.

Ne vous souvient-il pas, monsieur, bien nettement. Qu'il est venu tantôt certain neveu normand

1. Cornet. La partie de l'écritoire dans laquelle on met l'encre, et, par extension, récritoire même.

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VA certaine l)aronne', avec un faraud tumulte

Et des airs insolents, chez vous vous laire insulte?...

GÉRONTE

Oui.

CRISriN.

Que, pour vous venger de leur emportement, Vous m'avez promis place ^ en votre testament, Ou quelque bonne rente au moins pendant ma vie?

Je ne m'en souviens point.

CRISI'IN.

C'est votre léthargie.

GÉRONTE

Je crois qu'ils ont raison, et mon mal est réel.

LISETTE

Ne vous souvient-il pas que monsieur ClistoreF...

ÉRASTE

Pourquoi tant répéter cet interrogatoire? Monsieur convient de tout, du tort de sa mémoire, Du notaire mandé, du testament écrit*.

GÉRONTE

Il faut bien qu'il soit vrai% puisque chacun le dit; Mais voyons donc enfin ce que j'ai fait écrire.

CRISI'IN, à part.

Ah ! voilà bien le diable.

M. SCRUPULE

11 faut donc vous le lire.

« Fut présent devant nous^ dont les noms sont au bas. Maître Mathieu Géronte, en son fauteuil à bras,

1. Le neveu et la nièce de Géronte A. Du nuluire mmulè, du testament pour lesquels s'est fait passer Crispin. écrit. Cf. p. 136, n. 3.

2. Promis place. Cf. p. 2S, n. 1. 5. Qu'il soit vrai. Que cela soit vrai,

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