LE .V »■///.■ .S//.(.7,/: PAR LES TEXTES
MUSTi; PERSUADi: VALÈHE liK ROMPUi; AVKC CLÉON
AlUSTE, VALÈIŒ.
AHISTE.
Réglez votre conduite Sur ce que je vous dis, et liez-vous à moi Du soin de mettre lin au trouble* où Je vous voi-'. Soyez-en sûr; j'ai fait demander à Géronte Un moment d'entretien, et c'est sur quoi je compte. Je vais de l'amitié joindre laiilorité Au ton de la franchise et de la vérité, Et nous éclaircirons ce qui nous embarrasse.
VALÈRE
Mais il a, par malheur, fort peu d'esprit.
ARISTE
De grâce, Le connaissez-vous?
VALÈRE
Non ; mais je vois ce qu'il est; D'ailleurs, ne juge-t-on que ceux que l'on connaît? La conversation deviendrait fort stérile; J'en sais assez pour voir que c'est un imbécile.
ARISTE
Vous retombez encore, après m'avoir promis D'éloigner de votre air^ et de fous vos avis^
Toutes, pensant être à la fin du monde, Courent en poste auX caves du couver^t; Kt, sur son nez, la mère Cunéf,'onde, Se laissant choir, perd sa ilornière dent.
{Vert-Verl, quatrième chant.)
1. Valère doit épouser Chloé, fille le jeune étourdi s'était jusque-là laissé
de Géronte. Mais il commence par s'a- mener.
liéncr le vieillard en prenant des façons 2. Valère craint que (léronte ne
cavalières et fantasques. Cependant, veuillepasconsentiràluidonner safîUe.
lorsqu'il voit Chloé, il l'aime et vient à 3. Yui. Cf. p. 100, n, I.
résipiscence. Un ami de Géronte, Arisle, i. Votre air. Vos façons,
l'éclairé sur le compte de Cléon, le .5. Ty* «r/s. Vos opinions, vos maxi-
" méchant », par les conseils duquel mes de conduite.
Celte me'chanceté qui vous est étrangère. Eh! pourquoi s'opposer à son bon caractère? Tenez, devant vos gens, je n'ai pu librement Vous parler de Cléon : il faut absolument Rompre...
VALÈRE
Que je me donne un pareil ridicule !
Rompre avec un ami !
ARISTE
Que vous êtes crédule 1 On entre dans le monde, on en est enivré, Au plus frivole accueil on se croit adoré, On prend pour des amis de simples connaissances; Et que de repentirs suivent ces imprudences! Il faut pour votre honneur que vous y renonciez. On vous juge d'abord' par ceux que vous voyez; Ce préjugé s'étend sur votre vie entière. Et c'est des premiers pas que dépend la carrière. Débuter par ne voir qu'un homme diffamé I
VALÈRE
Je vous réponds, monsieur, qu'il est très estimé ; Il a les ennemis que nous fait le mérite. D'ailleurs on le consulte, on l'écoute, on le cite; Aux spectacles surtout il faut voir le crédit De ses décisions, le poids de ce qu'il dit; Il faut l'entendre après une pièce nouvelle ; Il règne, on l'environne ; il prononce sur elle ; Et son autorité, malgré les protecteurs, Pulvérise l'ouvrage et les admirateurs.
ARISTE
Mais vous le condamnez en croyant le défendre; Est-ce bien là l'emploi qu'un bon esprit doit prendre ? L'orateur des foyers^ et des mauvais^ propos M
1. Tout d'abord. Cf. p. 55, n. 1. 4. L'orateur des fnijers el des nuiiiviiis
2. Des foyers. Les foyers de théâtre. propos. Les deux mots foyers et propos