‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 183 sur 340 · Mauvais. Malveillants, méchants. sont ici mal coordonnés · texte numérisé non relu

Mauvais. Malveillants, méchants. sont ici mal coordonnés

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Quels lilros sunl los siens? L'insolence cl des mois',

Des applaudissemenls, le respect- idolàlre

D'un essaim d'étourdis, chenilles-' da tlié;\lrc,

Et qui, venant toujours grossir le tribunal

Du bavard imposant (|ui dit le plus, de mal,

Vont semer d'après lui l'ignoble parodie

Sur les fruits du lalenl et les dons du génie.

Cette audace d'ailleurs, cette présomption

Qui prétend tout ranger k sa décision,

Est d'un fat ignorant la marque la plus sûre.

L'homme éclairé suspend l'éloge et la censure;

11 sait que, sur les arts, les esprits et les goûts,

Le jugement d'un seul n'est point la loi de tous,

Qu'att3ndre est, pour juger, la règle la meilleure,

Et que l'arrêt public est le seul qui demeure.

VALÈRE

Il est vrai; mais enfin Cléon est respecté, Et je vois les rieurs toujours de son côté.

ARISTE

De si honteux succès ont-ils de quoi vous plaire ?

Du rôle de plaisant connaissez la misère.

J'ai rencontré souvent de ces gens à bons mots,

De ces hommes charmants qui n'étaient que des sots

Malgré tous les efforts de leur petite envie,

Une froide épigramme, une bouffonnerie,

A ce qui vaut mieux qu'eux n'ùtera jamais rien;

Et, malgré les plaisants, le bien est toujours bien.

J'ai vu d'autres méchants d'un grave caractère,

Gens laconiques, froids, à qui rien ne peut plaire.

Examinez-les bien : un ton sentencieux

Cache leur nullité sous un air dédaigneux.

Cléon souvent aussi prend cet air d'importance ;

11 veut être méchant jusque dans son silence;

1. Ves mois. Cf. Pascal : « Diseur de pectsont de ses admiraleurs. Plus loin bons mots, mauvais caractère. » {Peu- celle audace, celte présumpHon, se coorsées, édit. Havet, VI, xix.) donnent à l'insolence et aux mots.

2. L'insolence et les mots étaient de 3. CheniUea.Cî.çXM&'bd.s.VoHlsemer... Cléon; les applaudissements et le res- l'itjnohlc parodie sur les fruits, etc.

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I,E XVIir' SIECLE PAR LES TEXTES

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Mail?, qu'il so taise ou non, Ions les (\sprits bien Caits Sauront le nn-priser jusque dans ses sucées.

VALEUR

Lui refuseriez-vous l'esprit? J'ai peine à croire...

ARISTIÎ.

Mais à l'esprit méchant je ne vois point de gloire. Si vous saviez combien cet esprit est aisé, Combien il en faut peu', comme il est méprisé! Le phis stupide obtient la même réussite. Hél pourquoi tant de gens ont-ils ce plat mérite, Stérilité de l'âme et de ce naturel- Agréable, amusant, sans bassesse et sans fiel? On dit l'esprit commun; par son succès bizarre, La mécbanceté prouve à quel point il est rare. Ami du bien, de l'ordre et de l'humanité, Le véritable esprit marche avec la bonté. Cléon n'offre à nos yeux qu'une fausse lumière. La réputation des mœurs est la première : Sans elle, croyez-moi, tout succès est trompeur. Mon estime toujours commence par le cœur; Sans lui, l'esprit n'est rien; et, malgré vos maximes, Il produit seulement des erreurs et des crimes. Fait pour être chéri, ne serez-vous cité Que pour^ le complaisant d'un homme détesté?

VALÈRE

Je vois tout le contraire : on le recherche, on l'aime;

Je voudrais que chacun me détestât de même;

On se l'arrache au moins; je l'ai vu quelquefois

A des soupers divins retenu pour un mois;

Quand il est à Paris, il ne peut y suffire.

Me direz-vous qu'on hait un homme qu'on désire?

AKISTE.

Que dans ses procédés l'homme est inconséquent! On recherche un esprit dont on hait le talent'';

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