‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 289 sur 340 · En. Cf. p. 25, n · texte numérisé non relu

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importantes, et soyez alors entièrement inflexibles; mais dédaignez les contentions' de l'amour- propre, et ne mettez jamais en balance un homme et la patrie. Surtout hâtez autant qu'il est en vous l'époque de ces Etats généraux qu'on vous accuse d'autant plus àprement de reculer qu'on en redoute davantage les résultats; de ces Etats généraux où tant de prétentions seront déjouées, tant de droits rétablis, tant de maux réparés; de ces Etats généraux enfin où le monarque lui-même, désire que la France se régénère.

Pour moi, qui dans ma carrière publique nai jamais craint que d'avoir tort, moi qui, enveloppé de ma conscience et armé de principes, braverais l'univers, — soit que mes travaux et ma voix vous soutiennent dans l'Assemblée nationale,~soit que mes vœux seuls vous y accompagnent, non, de vaines clameurs, des protestations injurieuses, des menaces ardentes, toutes les convulsions, en un mot, des préjugés expirants, ne m'en imposeront pas. Eh! comment s'arrêterait-il aujourd'hui dans sa course civique celui qui, le premier d'entre les Français, a professé hautement ses opinions sur les affaires nationales dans un temps où les circonstances étaient bien moins urgentes et la tâche bien plus périlleuse ? Non, les outrages ne lasseront pas ma constance; j'ai été, je suis, je serai jusqu'au tombeau l'homme de la Constitution. Malheur aux ordres privilégiés, si c'est là plutôt être l'homme du peuple que celui des nobles ; car les privilèges finiront, mais le peuple est éternel.

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