VERGNIAUD
AU r.A.Ml' , CIIOVK.NS' !
(16 septembre 1792.)
0 citoyens de Paris, je vous le demande avec la plus
profonde rmolion, no démasfjiicrcz-vous jamais ces hommes pervers qui n'ont, pour oiitcnir votre conliance, d'autres droits que la bassesse de leurs moyens et l'audace de leurs prétentions? Citoyens, vous les reconnaîtrez facilement. Lorsque l'ennemi s'avance, et qu'un homme, avant de vous inviter à prendre l'épéc pour le repousser, vous engage à égorger froidement des femmes et des citoyens désarmés, celui-là est un ennemi de votre gloire, de votre bonheur : il vous trompe pour vous perdre. Lorsque, au contraire, un homme ne vous parle des Prussiens que pour indiquer le cœur où vous devez frapper, lorsqu'il ne vous propose la victoire que par des moyens dignes de votre courage, celuilà est un ami de votre gloire, ami de votre bonheur : il veut vous sauver ! Citoyens, repoussez donc les traîtres, abjurez donc vos dissensions intestines... Allez tous au camp-; c'est là qu'est votre salut !
J'entends dire chaque jour : Nous pouvons essuyer une défaite ; que feront alors les Prussiens ? Viendront-ils à Paris?... Non, ils n'y viendront pas, non, si Paris est dans un état de défense respectable', si vous préparez des postes d'où vous puissiez opposer une forte résistance; car alors l'ennemi craindrait d'être poursuivi et enveloppé par les débris mêmes des armées qu'il aurait vaincues, et d'en * être écrasé, comme Samson sous les ruines du temple qu'il renversa. Mais, si une terreur panique ou une fausse sécurité engourdit notre courage et nos bras, si nous tournons nos bras contre nousmêmes, si nous livrons sans défense les postes d'où l'on