Le Club des Feuillants avait été partis
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éclaté dans cette Assemble'e. Je sais aussi que, dans les temps révolutionnaires, il y aurait autant de folie à prétendre calmer à volonté refï'ervescence du peuple qu'à commander aux flots de la mer d'être tranquilles quand ils sont battus par les vents. Mais c'est au législateur à prévenir anlant qu'il peut les désastres de la tempête par de sages conseils ; et si, sous prétexte de révolution, il faut, pour être patriote, se déclarer le protecteur du meurtre et du brigandage, je suis modéré.
Depuis l'abolilion de la royauté, j'ai beaucoup entendu parler de la révolution. Je me suis dit : Il n'y en a plus que deux possibles : celle des propriétés ou la loi agraire, et celle qui nous ramènerait au despotisme. J'ai pris la ferme résolution de combattre l'une et l'autre et tous les moyens indirects qui pourraient nous y conduire. Si c'est là être modéré, nous le sommes tous ; car tous nous avons voté la peine de mort contre tout citoyen qui proposerait l'une ou l'autre.
J'ai aussi beaucoup entendu parler d'insurrection, de faire lever le peuple, et, je l'avoue, j'en ai gémi. Ou l'insurrection a un objet, ou elle n'en a pas ; au dernier cas, c'est une convulsion pour le corps politique, qui, ne pouvant lui produire aucun bien, doit nécessairement lui faire beaucoup de mal. La volonté de la faire naître ne peut entrer que dans le cœur d'un mauvais citoyen. Si l'insurrection a un objet déterminé, quel peut-il être ? De transporter l'exercice de la souveraineté qui est confié à la représentation nationale. Donc ceux qui parlent d'insurrection veulent détruire la représentation nationale ; donc ils veulent fonder un gouvernement aristocratique ou rétablir la royauté. Dans les deux cas, ils conspirent contre la République et la liberté ; et, s'il faut ou les approuver pour être patriote ou être modéré en les combattant, je suis modéré.
Lorsque la statue de la Liberté est sur le trône, l'insurrection ne peut être provoquée que par les amis de la royauté. A force de crier au peuple qu'il fallait qu'il se levât, à force de lui parler non pas le langage des lois, mais celui des passions, on a fourni des armes à l'aristocratie ; prenant la livrée et le langage du sans-culottisme, elle a crié dans le département du Finistère : Vous êtes malheureux, les assignats
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« Nous sommes des viodthrs! » Mais au lunlil (h; (|ui avons-nous montré celle grande modéruliou? Au prolil des émigrés? Nous avons adopté contre eux toutes les mesures do rigueur tpio commandaiont ('•galemoiit et la justice et l'inti-rèt natiiuial. Au prolit des conspirateurs du dedans ? Nous n'avons cessé d'appeler sur leurs têtes le glaive de la loi. Mais j'ai repoussé la loi qui menaçait de proscrire l'innocent conmie le coupable. On parlait sans cesse de mesures terribles, de mesures révolulionnairc^s. Je les voudrais aussi, ces mesures tei-ribles, mais contre les seuls enni^mis de la |)atrie. Je ne voulais pas qu'elles compromissent la sûreté des bons citoyens, parce que quelques scélérats auraient intérêt à les perdre ; je voulais des punitions et non des proscriptions. Quelques hommes ont paru faire consister leur patriotistno à tourmenter, à faire verser des larmes. J'aurais voulu qu'il ne fit (jue des heureux. La Convention est le centre autour du(juel doivent se rallier tous les citoyens. Peut-être que leurs regards ne se Oxent pas toujours sur elle sans inquiétude et sans effroi. J'aurais voulu qu'elle fût le centre de toutes les affections et de toutes les espérances. On cherche à consommer la Révolution par la terreur, j'aurais voulu la consommer par l'amour, i'^nlin, je n'ai pas pensé que, semblables aux prêtres et aux farouches ministres de l'Inquisition, qui ne parlent de leur Dieu de miséricorde qu'au milieu des bûchers, nous dussions parler de liberté au milieu des poignards et des bourreaux.
Nous, des modérés ! Ah ! qu'on nous rende grâce de cette modération dont on nous fait un crime ! Si, lorsque dans cette tribune on est venu secouer les torches de la discorde et outrager avec la plus insolente audace la majorité des représentants du peuple, si, lorsqu'on s'est écrié avec autant de fureur que d'imprudence : Plus de trêve, plus de paix entre nous ! nous eussions cédé aux mouvements de la plus juste indignation, si nous avions accepté le cartel contre-révolutionnaire que l'on nous présentait", — je le déclare à mes