‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 298 sur 340 · DANTON · texte numérisé non relu

DANTON

DK LAI' L) AT. K ' !

(2 scplomliro 1792.)

11 est Itien salislaisanl, messieurs, i)Our les ministres d'un peuple libre d'avoir à lui annoncer que la patrie va êlrc sauvée, 'l'ont s'émeul, tout s'éhranle, tout hrùle de combattre.

Vous savez que Verdun n'est point encore an pouvoir de nos ennemis. Vous savez que la garnison a juré d'immoler le premier qui proposerait de se rendre. Une partie du peuple va se porter aux frontières, une autre va creuser des retranchements, et la troisième, avec des piques, défendra l'intérieur de nos villes. Paris va seconder ces grands cfTorts. Les commissaires de la Commune vont proclamer d'une manière solennelle l'invilalion aux citoyens de s'armer et de marcher pour la défense de la patrie. C'est en ce moment, messieurs, que l'Assemblée nationale va devenir un véritable comité de guerre. Nous demandons que vous concouriez avec nous à diriger ce mouvement sublime dn peuple en nommant des commissaires qui nous seconderaient dans ces grandes mesures. Nous demandons que quiconque refusera de servir de sa personne ou de remettre ses armes soit puni de mort.

Nous demandons qu'il soit fait une instruction aux citoyens pour diriger leurs' mouvements; nous demandons qu'il soit envoyé des courriers dans tous les départements pour les avertir des décrets que vous aurez rendus. Le tocsin qu'on va sonner n'est point un tocsin d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, messieurs, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée.

1. Cf. p. 452, n. 1. Mais, le 2 scplombre, Verdun n'avait pas encore été pris.

iù\ LE Wllh' SItXLE i:\n LES TEXTES

l.V. SALUT ni-: LA PATIUK AVANT TOUT

(20 mais IV'.Kt.) ^

Les considérations générales qui vous ont été présenlées sont vraies; mais il s'agit moins en ce moment d'examiner les causes des événements désastreux qui peuvent vous frapper que d'y appliquer rapidement le remède. Quand l'édilice est en feu, je ne m'attache pas aux fripons qui enlèvent des meubles, j'éteins l'incendie. .Je dis que vous devez être convaincus plus que jamais, par la lecture des dépèches de Dumouriez, que vous n'avez pas un instant à perdre pour sauver la ltépubli(jue.

Dumouriez avait conçu un plan qui honore son génie. Je dois lui rendre même une justice bien plus éclatante que celle que je lui rendis dernièrement. Il y a trois mois qu'il a annoncé au pouvoir exécutif, à votre Comité de défense générale, que, si nous n'avions pas assez d'audace pour envahir la Hollande au milieu de l'hiver, pour déclarer sur-le-champ la guerre à l'Angleterre, qui nous la faisait depuis longtemps, nous doublerions les diflicultés de la campagne en laissant aux forces ennemies le temps de se déployer. Puisque l'on a méconnu ce trait de génie, il faut réparer nos fautes.

Dumouriez ne s'est pas découragé ; il est au milieu de la Hollande ; il y trouvera des munitions ; pour renverser tous nos ennemis, il ne lui faut que des Français, et la France est remplie de citoyens

Voyez, citoyens, les belles destinées qui vous attendent. Quoi ! vous avez une nation entière pour levier, la raison pour point d'appui, et vous n'avez pas encore bouleversé le monde !

n faut pour cela du caractère, et la vérité est qu'on en a manqué. Je mets de côté toutes les passions ; elles me sont toutes parfaitement étrangères, excepté celle du bien public. Dans des circonstances plus difficiles, quand l'ennemi était aux portes de Paris, j'ai dit à ceux qui gouvernaient alors : «Vos discussions sont misérables, je ne connais que l'ennemi, battons l'ennemi. Vous qui me fatiguez de vos contestations

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