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LES COQUILLAGES

Voyez au fond des eaux ces nombreux coquillages ;

La terre a moins de fruits, les bois moins de feuillages.

Tout ce que le soleil prodigue de couleurs,

Les sept rayons d'Iris-, l'émail brillant des fleurs.

Les jets de la lumière et les taches de l'ombre,

S'épuisent pour former leurs nuances sans nombre.

Dans leurs contours divers quelle variété !

Chacun d'eux a sa grâce et son utilité.

Volutes, chapiteaux, fuseaux, navette, aiguilles,

Quelles formes n'ont pas leurs nombreuses familles !

Partout le grand artiste a varié son plan.

Ici c'est un étui, là se montre un cadran ;

L'un en casque brillant est sorti de son moule,

L'autre en vis tortueuse élégamment se roule ;

L'autre de l'araignée a la forme et le nom ;

Un autre imite aux yeux la trompe ou le clairon ;

Là, c'est une massue, ailleurs une tiare ;

Celui-ci d'un long peigne offre l'aspect bizarre ;

1. Yillars. Le maréchal de Villars rhétorique et de gagner une bataille, ■disait que ses deux plus grands plaisirs 2. Iris. Personnification rnytholo-

avaient été de remporter un prix eii gique de l'arc-en-ciel.

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L'autre m hoilc do nacro est j(»iiil à son roclier.

Cet autre est un vaisseau dont le petit nocher,

Son instinct pour boussole el son arl pour étoile,

Est lui-même le m.M, le i)ilote et la voile.

l'n autre, moins heureux, sous un toit emprunté

lîlst contraint de cacher sa triste nudit('',

Et contre ses rivaux dispute nue coquille.

Observons des oursins l'épineuse l'anùUe

Qui, de longs javelots s'armanL de toutes parts,

Chemine, au lieu de pieds, sur des milliers de dards,

Et, de ses aia;uillons dirigeant la pi(jùrc,

Atteint ses ennemis ou saisit sa pâture.

[Les Trois Règnes, chant VII.)

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