‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 313 sur 340 · L.i nature est veuve et muette · texte numérisé non relu

L.i nature est veuve et muette

lille te i)leure, et son poète N"a plus d'elle que des regrets ^ Ombre divine et tutélaire.

Cotte lyre qui t'a su plaire.

Je la suspens à tes cyprès !

Ce petit homme •' à son poLii compas Veut sans pudeur asservir le génie; Au bas du Pinde il trotte à petits pas, \'ll croit franchir les sommets d'Aonie^. Au grand Corneille il a fait avanie ; Mais, à vrai dire, on riait aux éclats, De voir ce nain mesurer un Atlas'', bit, redoublant ses cfTorls de i\vgmée, Burlesquemenl raidir ses petits bras Pour étoulTer si haute renommée.

Un bon curé dans son village Prêchait la Passion si bien Qu'il n'était bon paroissien Qui de larmoyer ne fit rage.

Un seul paysan à l'écart Semblait ne prendre aucune part A cette universelle angoisse.

« Eh ! pourquoi ne pleures-tu pas ?

1. i/rt/jer/e. La perte quej'aurai faite. 3. La Harpe, critique du xviii» siècle.

2. S'a plus d'elle que des regrets. EUe ' 4. Dans l'Aonie, se trouve rHélicon, n'inspire plus au poète que des regrets montagne consacrée aux Muses.

au lieu de chants. 5. Pour la rime, cf. p. 480, n. 4.

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