‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 315 sur 340 · Adoré à Sminthe, en Troade. cernement · texte numérisé non relu

Adoré à Sminthe, en Troade. cernement

3. Sann doute. Sans nul doute. Cf. 5. A. Pour. Cf. p. 54, n. 2.

p. 14, n. 5. 6. /H;«rc.s-. Mauvais traitements.

AyORÉ CHÉNIER 489

— Enfants, car votre voix est enfantine et tendre,

Vos discours sont prudents * plus qu'on n'eût dû l'attendre,

Mais, toujours soupçonneux, l'indigent étranger

Croit qu'on rit de ses maux et qu'on veut l'outrager.

Ne me comparez point à la troupe immortelle ;

Ces rides, ces cheveux, cette nuit éternelle,

Vo5'ez; est-ce le front d'un habitant des cieux ?

Je ne suis qu'un mortel, un des plus malheureux !

Si vous en savez un pauvre, errant, misérable,

C'est à celui-là seul que je suis comparable ;

Et pourtant je n'ai point, comme fit Thamyris^

Des chansons à Phébus voulu ravir le prix.

Ni, livré comme OEdipe à la noire Euménide,

Je n'ai puni sur moi l'inceste parricide ;

Mais les dieux tout-puissants gardaient à mon déclin

Les ténèbres, l'exil, l'indigence et la faim.

— Prends; et puisse bientôt changer ta destinée ! » Oisent-ils. Et tirant ce que, pour leur journée.

Tient la peau d'une chèvre aux crins noirs et luisants,

Us versent àl'envi, sur ses genoux pesants.

Le pain de pur froment, les olives huileuses,

l^e fromage et l'amande, et les figues mielleuses,

l']t du pain à son chien entre ses pieds gisant,

Tout hors d'haleine encore, humide et languissant.

Qui, malgré les rameurs, se lançant à la nage,

L'avait loin du vaisseau rejoint sur le rivage ^

« Le sort, dit le vieillard, n'est pas toujours de fer.

Je vous salue, enfants venus de Jupiter* ;

Heureux sont les parents qui tels vous firent naître!

Mais venez, que mes mains cherchent à vous connaître.

Je crois avoir des yeux. Vous êtes beaux tous trois.

Vos visages sont doux, car douce est votre voix.

Qu'aimable est la vertu que la grâce environne !

1. Vos di.icoitrs sont prudents. Sont par la suite, avait été jeté sur le rivage sages. par des marchands avec lesquels il

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