‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 316 sur 340 · Le vieillard, comme on le voit de Jupiter · texte numérisé non relu

Le vieillard, comme on le voit de Jupiter

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Croissoz, cDiiiine j'ai vu ce palmier do I^ilonc', Alors qu'ayant des yeux je traversai les Ilots; C.ar jadis, aUordant à la sainte Uélos, .It' vis prés d'Apollon'^ à sou autel de pierre, l'n palmier, don du Ciel, merveille de la terre. Vous croîtrez, comme lui, grands, féconds, révérés, Puisque les malheureux sont par vous honorés. Le [)lus âgé de vous aura vu^ treize anniies : Apeine, mesenfanls, vos mères élaieiit n<''Os. Que j'étais presque vieux. Assieds-toi i)rès de moi. Toi, le plus grand de tous; je me confie à toi. Prends soin du vieil aveugle. — 0 sage magnanime! Comment, et d'où viens-tu ? car l'ondt; maritime Mugit de toutes parts sur nos bords orageux.

— Des marchands de Cymé ' m'avaient pris avec eus, •l'allais voir, m'éloignanl des rives de Carie,

Si la Grèce pour moi n'aurait point de patrie,

tlt des dieux moins jaloux, et de moins tristes jours ;

Car jusques à la mort nous espérons toujours.

iMais, pauvre et n'ayant rien pour payer mon passage,

ils m'ont, je ne sais où, jeté sur le rivage.

— Harmonieux vieillard, tu n'as donc point chanté? Quelques sons de ta voix auraient tout acheté.

— Enfants! du rossignol la voix pure et légère N'a jamais apaisé le vautour sanguinaire,

Et les riches, grossiers, avares, insolents. N'ont pas une âme ouverte à sentir^ les talents. Guidé par ce hàton, sur l'arène glissante. Seul, en silence, au bord de l'onde mugissante, J'allais ; et j'écoutais le bêlement lointain De troupeaux agitant leurs sonnettes d'airain. Puis j'ai pris cette lyre, et les cordes mobiles

1. Lalone mit Apollon et Diane au monde sous un palmier, dans l'ile de Délos.

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