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Les dieux infernaux

ANDRÉ CHÉSŒR 493

Et nymphes et sylvains ' sortaient pour l'admirer, Et Técoutaient en foule; et n'osaient respirer; Car en de longs détours de chansons vagabondes Il enchaînait^ de tout les semences fécondes, Les principes du feu, les eaux, la terre et l'air, Les fleuves descendus du sein de Jupiter, Les oracles, les arts, les cités fraternelles. Et depuis le chaos les amours immortelles^; D'abord le roi divin, et l'Olympe, et les cieux, Et le monde ébranlé d'un signe de s-es yeux, Et les dieux partagés en une immense guerre^. Et le sang plus qu'humain'^ venant rougir la terre, FA les rois assemblés, et sous les pieds guerriers Une nuit de poussière, et les chars meurtriers. Et les héros armés, brillant dans les campagnes Gomme un vaste incendie aux cimes des montagnes, Les coursiers hérissant leur crinière à longs flots. Et d'une voix humaine^ excitant les héros ; De là, portant ses pas dans les paisibles villes, Les lois, les orateurs, les récoltes fertiles ; Mais bientôt de soldats les remparts entourés, Les victimes tombant dans les parvis sacrés, Et les assauts mortels aux épouses plaintives, Et les mères en deuil, et les filles captives ; Puis aussi les moissons joyeuses, les troupeaux Bêlants ou mugissants, les rustiques pipeaux. Les chansons, les festins, les vendanges bruyantes. Et la flûte et la lyre, et les noces dansantes. Puis, déchaînant les vents h'^ soulever les mers, 11 perdait les nochers sur les gouffres amers. De là, dans le sein frais d'une roclie azurée, En foule il appelait les filles de Nérée^

1. Sylvains. Divinilés, des forêts. 5. Vénus et Mars blessés par Dio-

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