A FAN > V
Fany, l'heureux mortel qui près de toi respire Sait, à te voir parler, et rougir, et sourire, De quels hôtes divins le ciel est habité. La grâce, la candeur, la naïve innocence
Ont, depuis ton enfance. De tout ce qui peut plaire enrichi ta beauté.
Sur tes traits, où ton âme imprime sa noblesse, Elles ont su mêler aux roses de jeunesse Ces roses de pudeur, charmes plus séduisants. Et remplir tes regards, tes lèvres, ton langage,
De ce miel dont le sage Cherche lui-même en vain à défendre ses sens.
Ohl que n'ai-je moi seul tout l'éclat et la gloire Que donnent les talents, la beauté, la victoire. Pour fixer sur moi seul ta pensée et les yeux ! Que, loin de moi, ton cœur soit plein de ma présence,
Comme, dans ton absence, Ton aspect bien-aimé m'est présent en tous lieux.