Ainsi. S'il en est ainsi
2. Mutuelle. Amour, même au singulier, est parfois du féminin.
f)H2 i.h: wiii'' sihXiE l'Ait u:s textes
.le ponsc : « Klle (Hait h\.*Toiis disaient : Oublie est belle! Tels furent ses regards, sa démarche fut telle, Kl tels ses vêtements, sa voix et ses discours, Sur ce g.i/.on assise et dominant la plaine.
Des méandres de Seine', Rêveuse, elle suivait les ohliciues détours. »
Ainsi dans les forêts j'erre avec ton image. Ainsi- le jeune faon, dans sondésert sauvage, D'un plomb volant percé, précipite ses pas. Il emporte en fuyant sa mortelle blessure;
Couché près d'une eau pure, Palpitant, hors d'haleine, il attend le trépas.
[Elégies.)
KPITRli A LK HItL'N
Ami, Phébus ainsi me verse ses largesses.
Souvent des vieux auteurs j'envahis les richesses.
Plus souvent leurs écrits, aiguillons généreux,
M'embrasent de leur tlamme, et je crée avec eux.
Un juge sourcilleux, épiant mes ouvrages.
Tout à coup à grands cris dénonce vingt passages
Traduits de tel auteur qu'il nomme ; et, les trouvant.
Il s'admire et se plaît de se voir si savant.
Que ne vient-il vers moi? je lui ferai connaître
Mille de mes larcins qu'il ignore peut-être.
Mon doigt sur mon manteau lui dévoile à l'instant
La couture invisible et qui va serpentant^
Pour joindre à mon étoffe une pourpre étrangère.
Je lui montrerai l'art, ignoré du vulgaire.
De séparer aux yeux, en suivant leur lien,
Tous ces métaux unis dont j'ai formé le mien.
Tout ce que des Anglais la muse inculte et brave.
Tout ce que des Toscans la voix fîère et suave,
1. De Seine. Cf. p. 492, n. 2. même; Comparez : ainsi dit, ainsi fait.
2. .Mnsi... ainsi. De même que, de 3. Vu serpentant. Cf. p. 500, n. 7.
ANDRÉ CIIÉNIER 503
Tout ce que les Romains, ces rois de l'univers, M'offraient d'or et de soie, est passé dans mes vers. Je m'abreuve surtout des flots que le Permesse* Plus féconds et plus purs fit couler dans la Grèce; Là, Prométhée ardent, je dérobe les feux Dont j'anime l'argile et dont je fais desdieux^. Tantôt chez un auteur j'adopte une pensée, Mais qui revêt, chez moi, souvent entrelacée ^ Mes images, mes tours, jeune et frais ornement ; Tantôt je ne retiens que les mots seulement, J'en détourne le sens, et l'art sait les contraindre Vers des objets nouveaux qu'ils s'étonnent de peindre. La prose plus souvent vient subir d'autres lois. Et se transforme, et fuit mes poétiques doigts'*; De rimes couronnée, et légère et dansante, En nombres mesurés elle s'agite et chante. Des" antiques vergers ces rameaux empruntés" Croissent sur mon terrain mollement transplantés; - Aux troncs de mon verger ma main avec adresse Les attache^ et bientôt même écorce les presse. De ce mélange heureux l'insensible douceur Donne à mes fruits nouveaux une antique saveur. Dévot adorateur de ces maîtres antiques, Je veux m'envelopper de leurs saintes reliques''. Dans leur triomphe admis, je veux le partager, Ou bien de ma défense eux-mêmes les charger. Le critique imprudent, qui se croit bien habile, Donnera sur ma joue un soufflet à Virgile. Et ceci (tu peux voir si j'observe ma loi), Montaigne, il t'en souvient, l'avait dit avant moi^
[Epi très.)
1. Fleuve de Béotie , consacré à que ses doigts touchent devient poésii'. Apollon. 5. Des. Complément d'empruiilês.
2. Prométhée déroba une étincelle (5. C'est une sorte de greffe, du feu céleste et en anima l'homme 7. Reliques. Cf. p. 500, n. 1. façonné par lui avec de l'argile. 8. Essais, II, x. — Pour tout ce
3. Entrelacée. Mêlée à d'autres. morceau, cf. VEpitre ii Hnet de La Fon-