‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 39 sur 340 · Partie méridionale de l'Espagne, quivir · texte numérisé non relu

Partie méridionale de l'Espagne, quivir

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liinionl la >;iiilo des princes africains depuis Didon, et cominonl iis perdirent leur jmissanco. ('/(mU vlv un f;randl)onlicur poui- le monde que l'af^randissemenl prodigieux de la ri'publique romaine, s'il n'y avait pas eu celle difTérence injuste entre les citoyens romains et les peuples vaincus, si l'on avait donné aux gouverneurs des provinces une autorilc; moins grande, si les lois si saintes pour empêcher leur tyrannie avaient été observées, et s'ils ne s'étaient pas servis, pour les Taire laire, des mêmes trésors ([ue leur injuslic(î avait amassés.

Il semble que la liberlésoit faite pour le génie' des peuples d'Europe, et la servitude pour celui des peuples d'Asie. C'est en vain que les Romains offrirent aux Cappadociens ce précieux trésor : celle nation Lâche le refusa, et courut à la servitude avec le même empressement que -les autres peuples couraient à la liberté.

César opprima la ré[)ublique romaine et la soumit à un pouvoir arbitraire.

L'Europe gémit longtemps sous un gouvernement militaire et violent ; et la douceur romaine fut changée en une cruelle oppression.

Cependant une infinité de nations inconnues sortirent du Nord, se répandirent comme des torrents dans les provinces romaines, et, trouvant autant de facilité à faire des conquêtes qu'à exercer leurs pirateries, elles démembrèrent l'empire et fondèrent des royaumes. Ces peuples étaient libres, et ils bornaient si fort l'autorité de leurs rois qu'ils n'étaient proprement que des chefs ou des généraux. Ainsi, ces royaumes, quoique fondés par la force, ne sentirent point le joug du vainqueur. Lorsque les peuples d'Asie, comme les Turcs et les Tartares, firent des conquêtes, soumis à la volonté d'un seul, ils ne songèrent qu'à lui donner de nouveaux sujets et à établir par les armes son autorité violente ; mais les peuples du Nord, libres dans leur pays, s'emparant des provinces romaines, ne donnèrent point à leurs chefs une grande autorité. Quelques-uns même de ces peuples, comme les Vandales en Afrique, les Goths en Espagne, déposaient

1. Génie. Tempérament intellectuel 2. Que. S'employait plutôt au sens

et moral. d'avec lequel, par lequel, dans lequel.

leurs rois dès qu'ils n'en' étaient pas satisfaits ; et, chez les autres, l'autorité du prince était bornée de mille manières différentes : un grand nombre de seigneurs la partageaient avec lui; les guerres n'étaient entreprises que de leur consentement ; les dépouilles étaient partagées entre le chef et les soldats ; aucun impôt en faveur du prince ; les lois étaient faites dans les assemblées de la nation. Voilà le principe fondamental de tous ces Etats qui se formèrent des débris de l'empire romain.

[Lettres persanes, lettre CXXXI.)

DE l'éducation dans Lt:S MONARCHIES

Ce n'est point dans les maisons publiques où l'on instruit l'enfance que l'on reçoit dans les monarchies la principale éducation; c'est lorsque Ton entre dans le monde que l'éducation, en quelque façon, commence. Là est l'école de ce que Ton appelle honneur^, ce maître universel qui doit partout nous conduire.

C'est là que Ton voit et que l'on entend toujours dire trois choses : « Qu'il faut mettre dans les vertus une certaine noblesse; dans les mœurs, une certaine franchise ; dans les manières, une certaine politesse. »

Les vertus qu'on nous y montre sont toujours moins ce que l'on doit aux autres que ce que l'on se doit à soi-même ; elles ne sont pas tant ce qui nous appelle vers nos concitoyens que ce qui nous en distingue.

On n'y juge pas les actions des hommes comme bonnes% mais comme belles; comme justes, mais comme grandes; comme raisonnables, mais comme extraordinaires.

Dès que l'honneur y peut trouver quelque chose de noble, il est ou le juge qui les rend légitimes, ou le sophiste qui les justifie.

Il permet la galanterie lorsqu'elle est unie à l'idée des

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