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On sait que l'fionneur est, selon leur bonté

Montesquieu, le principe du gouver- De même, plus loin, comme belles,

nement monarchique. comme justes, etc.

LI3 XVIie SIÈCLE PAR LES ThXTES 5

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sentiments du cœur ou à Tidée de conquête, et c'est la vraie raison pour la(|uelle les mœurs ne sont jamais si pures dans les monarchies (lue dans los gouvernements rc'puhlicains.

11 permet la ruse lorsciu'elle est jointe à l'idée de la grandeur de l'esprit ou de la grandeur des alVaires, comme dans la politique, dont les finesses ne roflensenl pas.

11 ne défend l'adulation que lorsfju'elle est séparée de l'idée d'une grande fortune et n'est jointe qu'au sentiment de sa propre bassesse.

A l'égard des mœurs, j'ai dit que l'éducation des monarchies doit y mettre une certaine franchise. On y veut donc de la vérité dans les discours. Mais est-ce par amour pour elle'? Point du tout. On la veut, parce qu'un homme qui est accoutumé à la dire paraît être hardi et libre. l*]n efTel, un tel homme semble ne dépendre que des choses, et non pas de la manière dont un autre les reçoit-.

C'est ce qui fait qu'autant qu'on y recommande cette espèce de franchise, autant on y méprise celle du peuple, qui n'a que la vérité et la simplicité pour objet.

Enûn, l'éducation dans les monarchies exige dans les manières une certaine politesse. Les hommes, nés pour vivre ensemble, sont nés aussi pour se plaire ; et celui qui n'observerait pas les bienséances, choquant tous ceux avec qui il vivrait, se décréditerait au point qu'il deviendrait incapable de faire aucun bien.

Mais ce n'est pas d'une source si pure que la politesse a coutume de tirer son origine. Elle naît de l'envie de se distinguer. C'est par orgueil que nous sommes polis : nous nous sentons flattés d'avoir des manières qui prouvent que nous ne sommes pas dans la bassesse et que nous n'avons pas vécu avec cette sorte de gens que l'on a abandonnés ^ dans tous les âges.

Dans les monarchies, la politesse est naturalisée à la cour. Un homme excessivement grand rend tous les autres petits. De là les égards que l'on doit à tout le monde ; de là nait la politesse, qui flatte autant ceux qui sont polis que ceux à l'égard de qui ils le sont, parce qu'elle fait comprendre qu'on est de la cour ou qu'on est digne d'en être.

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