Tous les signes. Tout ce qui si/jui- l'effet actuel
fie, ce qui exprime les « affections » de 4. D'occuper les yeux. Par l'action
l'orateur : gestes, jeux de physiono- extérieure, mie, etc.
* Voir notre Précis de l'histoire de la Littérature française, p. 310-316.
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ses pensées. Si on les enchaîne étroilemenl, si on les serre, le style devient ferme, nei'veux et concis; si on les laisse se succéder lentement, et ne se joindre qu'à la laveur des mots, quelque élégants qu'ils soient, le style sera diffus, lâche et traînant. Mais, avant de chercher l'ordre dans lequel on pr('si!nlera ses pensées, il faut s'en être fait un autre plus général et plus fixe', où ne doivent entrer que les premières vues et les principales idées : c'est en marcpiant'^ leur place sur ce premier plan qu'un snjet sera circonscrit et que l'on en connaîtra l'étendue; c'est en se rappelant sans cesse ces premiers linéaments (pi'on déterminera lesjustes intervalles qui séparent les idées principales et qu'il naîtra des idées accessoires et moyennes qui serviront à les remplir. Par la force du génie, on se représentera toutes les idées générales et particulières sous leur véritable point de vue; par une grande finesse de discernement, on distinguera les pensées stériles des idées fécondes; par la sagacité que donne la grande habitude d'écrire, on sentira d'avance quel sera le produit de toutes ces opérations de l'esprit. Pour peu que le sujet soit vaste ou compliqué, il est bien rare qu'on puisse l'embrasser d'un coup d'oeil ou le pénétrer en entier d'un seul et premier eflurt de génie, et il est rare encore qu'après bien des réflexions on en saisisse tous les rapports. On ne peut donc trop s'en occuper; c'est même le seul moyen d'affermir, d'étendre et d'élever ses pensées; plus on leur donnera de substance et de force par la méditation, plus il sera facile ensuite de les réaliser par l'expression.
Ce plan n'est pas encore le style, mais il en est la base; il le soutient, il le dirige, il règle son mouvement et le soumet à des lois : sans cela, le meilleur écrivain s'égare, sa plume marche sans guide et jette à l'aventure des traits irrèguliers et des figures discordantes. Quelque brillantes que soient les couleurs qu'il emploie, quelques beautés qu'il sème dans les détails, comme l'ensemble choquera ou ne se fera pas assez sentir, l'ouvrage ne sera point construit^; et, en admirant
1. Ptics pxe. Justement parce qu'il trurtiun libre du participe. Cf. p. 35, est plus général et porte sur les idées n. 5.
essentielles. 3. Il y a peut-être ici une allusion à