‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 83 sur 340 · Difpciillés surmontées. Le participe Jésus-Christ · texte numérisé non relu

Difpciillés surmontées. Le participe Jésus-Christ

passé ainsi employé forme souvent une 0. Nous ne parlerions plus ainsi de

consl^ruction d'un sens spécial équiva- Régnier, moins correct sans doute que

lant à celui qu'aurait le nom tiré de Boileau, mais de beaucoup supérieur

ce participe (ou, s'il n'y en a pas, un dans la peinture des mœurs et des

nom analogue pour la signification), figures.

avec le nom exprimé comme complé- 7. Ces nations. Elles n'ont point été

ment déterminalif. signalées, mais le sens n'en souffre-

i. .Si toute une nation s'est réunie... pas; les nations où de tels auteurs con

il aimer. Construction d'un usage rare ; servent leur renommée.

On dit qu'il ne faut point disputer des goûts; et on a raison, quand il n'est question que du goût sensuel, de la répugnance qu'on a pour une certaine nourriture, de la préférence qu'on donne aune autre; on n'en dispute point, parce qu'on ne peut corriger un défaut d'organe. Il n'en est pas de même dans les arts : comme ils ont des beautés réelles, il y a un bon goût qui les discerne, et un mauvais goût qui les ignore ; et on corrige souvent le défaut d'esprit qui donne un goût de travers. 11 y a aussi des âmes froides, des esprits faux, qu'on ne peut échaufl-'er ni redresser; c'est avec eux qu'il ne faut point disputer des goûts, parce qu'ils n'en ont point.

Le goût est arbitraire dans plusieurs choses, comme dans les étoffes, dans les parures, dans les équipages, dans ce qui n'est pas au rang des beaux-arts; alors il mérite plutôt le nom de fantaisie : c'est la fantaisie plutôt que le goût qui produit tant de modes nouvelles.

Le goût peut se gâter chez une nation ; ce malheur arrive d'ordinaire après les siècles de perfection. Les artistes, craignant d'être imitateurs, cherchent des routes écartées; ils s'éloignent de la belle nature, que leurs prédécesseurs ont saisie : il y a du mérite dans leurs efforts ; ce mérite couvre leurs défauts. Le public, amoureux des nouveautés, court après eux; ils'en dégoûte', et il en paraît d'autres qui font de nouveaux efforts pour plaire ; ils s'éloignent de la nature encore plus que les premiers : le goût se perd ; on est entouré de nouveautés qui sont rapidement effacées les unes par les autres ; le public ne sait plus où il en est, et il regrette en vain le siècle du bon goût, qui ne peut plus revenir : c'est un dépôt que quelques bons esprits conservent encore loin de la foule.

Il est de vastes pays où le goût n'est jamais parvenu ; ce sont ceux- où la société ne s'est point perfectionnée, où les hommes et les femmes ne se rassemblent point, où certains arts, comme la sculpture, la peinture des êtres animés, sont défendus par la religion. Quand il y a peu de société, l'esprit est rétréci, sa pointe s'émousse, il n'a pas de quoi se former le goût. Quand plusieurs beaux-arts manquent, les autres

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