Qui doit, etc. L'amour-propre est 2. Diderot
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LE Wllh SikCLE l'Ali l.i:S TEXTES
science aussi respectable que leur aulurilé nirme, puisqu'elle est le fondement de leurs décisions.
Un juge ])asse sa vie à peser des probalulilcs les unes contre les autres, à les calculer, à évaluer leur force.
Dans le civil, tout ce qui n'est pas soumis à une loi clairement énoncée est soumis au calcul des probabilités.
Dans le criminel, tout ce qui n'est pas prouvé évidemment, y est soumis de même; mais avec une différence essentielle. Quelle est cette dilFérence? Celle de la vie et de la mort', celle de l'honneur de toute une famille et de son opprobre.
S'il s'agit d'expliquer un testament équivoque, une clause ambiguë d'un contrat de mariage, d'interpréter une loi oljscure sur les successions, sur le commerce, il faut absolument que vous décidiez, et alors la plus grande probabilité vous conduit. 11 ne s'agit que d'argent.
.Mais il n'en est pas de même quand il s'agit d'ôter la vie et l'honneur à un cito3'en. Alors la plus grande probabilité ne siilllt pas. Pourquoi? C'est que, si un champ est contesté enli-e deux parties, il est évidemment nécessaire, pour l'intérêt public et pour la justice particulière, que lune des deux parties possède le champ. Il n'est pas possible qu'il n'appartienne à personne. Mais, quand un homme estaccusé d'un délit, il n'est pas évidemment nécessaire qu'il soit livn!' au bourreau sur la plus grande probal)ilité. Il est très possible qu'il vive sans troubler l'harmonie de l'Etat. 11 se peut que vingt apparences contre lui soient balancées par une seule en sa faveur.
[Essai sur les prohahilités en fail de justice.)