CHAPITRE DOUZIÈME
terrain en face des lâchetés ou des aveuglements de qui leur devrait résister, — nous n'avons certes aucun désir ni aucun moyen de le dissimuler. Mais la société se refait une tête et un cœur ; et ceux-ci, au jour voulu par Dieu, se referont un corps vraiment sain et fort. Au lieu de descendre sans cesse plus profondément dans les fanges de l'animalité, l'homme, guidé par l'Ange de l'École, se rapprochera des sphères angéliques. Il pensera plus justement et plus clairement, il vivra plus noblement et plus purement, il mourra plus chrétiennement et plus saintement.
La Somme Théologique, redevenant l'inspiratrice de toutes les sciences religieuses et morales, opérera cette régénération. N'est-elle pas, en effet, la parole divine merveilleusement expliquée et appliquée par la raison humaine, sous l'infaillible contrôle de l'Eglise.^ Et que ne peut-on pas attendre de semblables éléments pour le salut du monde ?
Gljapttre trei3ième.
De l'admirable union de la science et de la sainteté dans le Docteur Angélique.
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Sovra candido vel cinta d'oliva^ Donna ni'apparve, sotto verde manto, Vestita di color di Jiamtna viva.
La sainte Théologie m'apparut, avec le voile blanc de la foi, la pacifique couronne de l'olivier, le manteau vert de l'espérance, la robe écarlate de la charité.
(Dante, Purgatoire, ch. XXX.)
LUSIEURS personnes ont pensé, peutêtre en est-il encore qui pensent que l'union de la science et de la saintetén'estqu'un rêve impossible à réaliser, ou qu'un phénomène trop rare, trop singulier,pour être donné en exemple à la jeunesse chrétienne, soit dans le monde soit dans le sanctuaire. Elles considèrent le savoir philosophique et même théologique, comme une source de distraction, de vanité, d'enflure d'esprit, de désobéissance aux légitimes supériorités. Elles croient que les simples, les ignorants, ou du moins les médiocres, sont plus capables de prière et d'oraison, plus aptes à recevoir les grâces divines, plus féconds dans les œuvres de zèle et d'apostolat. Il ne leur suffit pas de dire, ce qui serait exact, que Dieu se plaît quelquefois à confondre la sagesse du siècle par l'humilité de la foi et de la prédication, mais qu'alors il entend faire un vrai miracle,
que ce miracle est essentiellement exceptionnel, et que nul ne peut, sans un orgueil manifeste, prétendre en être le sujet.
La vie du Docteur Angélique répond en fait à tous ces préjugés, et sa doctrine y répond en droit avec une précision et une force admirables. Ne perdons pas le profit d'un si précieux enseignement, et tâchons de susciter dans l'Eglise de vrais savants qui soient de vrais saints, comme des saints véritables qui soient de véritables savants.
La sainteté chrétienne, si elle est réelle et sincère, comment ne serait-elle pas d'une grande utilité pour la science ? Quel peut être le plus grand désir d'un saint, d'un juste, d'un vrai catholique, sinon de connaître Dieu aussi parfaitement que possible, afin de l'aimer autant qu'un cœur bon et droit souhaitera toujours de le faire ?
Mais la connaissance de Dieu, où est-elle et comment s'obtient-elle ? Elle n'est pas seulement dans les réponses élémentaires du catéchisme, dans les pages édifiantes de nos livres de piété, dans les petits et superficiels traités de sciences naturelles qu'on distribue au peuple ou à l'enfance, et qui, dans une certaine mesure, peuvent élever son esprit jusqu'à la pensée de Dieu, de sa puissance, de sa bonté.