‹ Le Docteur angélique, St. Thomas d'AquinChapitre 104 sur 153 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

Elle est principalement dans les Saintes Écritures, dans les écrits des Pères et dans les définitions de l'Église, dans les profonds ouvrages des philosophes et théologiens catholiques, dans les grandes œuvres de ces admirables génies auxquels Dieu a donné de scruter avec tant de succès les lois et jusqu'à l'essence de l'univers.

Et c'est là qu'il la faut chercher, lumineuse, abondante, religieuse, unissant admirablement les rayons sacrés de la foi aux reflets précieux de la raison, et se tournant d'elle-même à aimer, à louer, à bénir, à servir l'infinie Vérité, l'infinie Beauté, l'infinie Bonté. Ah ! je ne le vois que trop, la science humaine ne choisit pas toujours cette part d'héritage, qui est uniquement la bonne. Elle dévie souvent, et s'égare dans le dédale des passions basses, des intérêts méprisables ; elle y rencontre l'ignorance, la demi-science, la sophistique ; elle ne rougit pas de cheminer de compagnie avec elles,tandis qu'elle devrait les foudroyerdes éclairs de sa pure lumière. Mais ses égarements et ses défaillances, loin d'être le résultat naturel de ses principes et de sa méthode, en sont la négation théorique et la contradiction pratique. Conséquente avec elle-même, elle ne se détournera jamais de Dieu ; elle gravitera

toujours vers lui ; elle éprouvera sans cesse, comme le disait saint Augustin, la pesanteur de son amour qui l'entraînera vers Dieu, son vrai centre d'attraction.

Cette charité divine fut, dans saint Thomas d'Aquin, le foyer de l'incomparable ardeur avec laquelle il s'adonna aux études scientifiques, philosophiques et théologiques. A peine a-t-il entrevu, de son regard d'enfant, la majesté du Dieu créateur, la miséricorde du Christ rédempteur, la beauté de la Vierge, des anges et des saints, qu'il veut devenir grandement savant, afin de les mieux connaître, de les mieux aimer, de s'unir à eux davantage.

La prière est son principal moyen d'y arriver ; elle multiplie ses forces pour l'étude; elle dissipe peu à peu en lui les ténèbres natives de l'esprit humain; elle lui donne miraculeusement des vues sublimes et des pensées d'une extraordinaire pénétration ; l'on dirait qu'il écrit et qu'il enseigne dans une perpétuelle extase, et que la science des anges mêmes se communique au monde par sa parole lumineuse et transparente. C'est au tabernacle eucharistique, au cœur sacré du divin Maître, qu'il demande le secret des plus difficiles mystères ; c'est aux glorieux Évangélistes et Apôtres

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