A VANT-PROPOS. IX
Peut-être ceux d'à présent suivront-ils ceux d'atUrefois, et passeront-ils de r histoire du saint Docteur à ses écrits sublimes.
Ils y trouveraient la vraie solution de tant de graves et urgents problèmes agités en ce moment d'un bout du monde à l'autre.
Je nai plus quà transcrire les dernières lignes de ma préface de iSy^.
« Voici, ô mon angélique maître, quelques accents pour r hymne qici vous est dû, quelques fleurs pour votre couronne^ quelques grains de sable pour votre arc-detriomphe.
« Puissent ces pages exhaler le paifum d' aiitiquité simple et naïve, qtie f ai tant aimé à respirer dans les premiers récits de votre vie !
« Car cest vous-même que fai vouhc contempler, et non les modernes et pâles images que l'on a faites de vous. Souvent vos commentateurs mont paru voiler votre lumière, affaiblir votre parole; souvent aussi vos historiens mont plutôt dérobé qtie révélé votive physionomie.
« A mesure que je me suis rapproché de vous, fai
A VA^T.PJWPUS.
goûté davantage ladoiueur de votre voix, f ai davantage admiré la beauté de votre figure,
« Vox tua dulcis et faciès tua décora ! (') »
I. Y^^s Actes àiW Saint Siège, principalement le procès et la bulle de canonisation de S. Thomas d'Aquin, les monuments liturgiques de son culte, ses plus anpiens historiens, nous ont servi pour cette étude biographique. Ces documents sont réunis pour la plupart dans la collection des Bollatidistes^ (tome I*"" de mars,) dans la Bibliothèqice de l'ordre des Jrères-prccheurs par Quétif et Echard, dans la Vie de S. Thomas par le P. Touron. Nous avons suivi de préférence les dépositions des témoins dans le procès de canonisation, et la vie écrite par l'un d'eux, Guillaume de Tocco. Quoi qu'en dise Ad. Baillet, ( Vie des Saints^ tom. 3, p. V, édit. de 1739,) il ^st difficile de trouver des documents plus graves, plus certains, plus voisins des événements.
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Cljapitre premier.
De la famille du Docteur Angélique.
O poca nostra nobiltà di saitgtie.
Se gloriar di te la gefitefai Quaggiù, dove V affetto nostro langue,
Mirabil cosa non mi saràmai, Che là, dove appetito non si torce, Dico nelcielo, io me ne gloriai!
O fragile noblesse du sang, je ne m'étonne plus que les hommes se glorifient de toi sur la terre : ce n'est pas un sentiment blâmable, car dans le ciel même, où rien ne fausse le cœur, je me suis glorifié de toi !
(Dante, Paradis, ch. XVL)
E sang de la famille ducale et impériale de Souabe ; celui des comtes napolitains d'Aquin, patriciens de la campagne romaine, parents des princes lombards de Capoue et des ducs de Gaëte et de Bénévent ; enfin celui des Caraccioli, comtes de Théate, normands devenus siciliens par la conquête, coulaient à la fois dans les veines de saint Thomas. « Il était, dit Lacordaire, par ses ancêtres paternels,
neveu de l'empereur Frédéric Barberousse, cousin de l'empereur Henri VI et de l'empereur Frédéric II ; par ses ancêtres maternels, il appartenait à ces chefs normands qui avaient produit les Robert Guiscard, les Tancrède, les Bohémond, dont les derniers se rattachent dans la mémoire de la postérité à l'épopée des Croisades ('). »
Le cardinal du Perron a même pensé qu'il avait l'honneur d'être parent du roi de France, saint Louis (^), et il n'a pas craint de l'affirmer dans une harangue aux Etats-Généraux du royaume, en 1615.
Ses aïeux avaient glorieusement porté l'épée dans toutes les guerres depuis Charlemagne, des bords du Rhin jusqu'en Sicile ; leur postérité se fît admirer en Egypte et en Orient, dans toutes les luttes du moyen âge, et plus tard, au temps de Louis XIV et de la guerre de la succession d'Espagne (^).
Le Docteur Angélique est presque le seul de cette haute lignée qui n'ait été ni général d'armée, ni viceroi, ni ambassadeur, ni ministre des rois ou des