I. Cap. Cum Marthœ^ lib. III, De celebratione missarum
conclure ? » Le maître répondit : « Très Saint Père, puisque le seigneur pape Urbain IV d'heureuse mémoire a imposé ces travaux à saint Thomas, et que par la grâce divine vous êtes le pape Urbain V, je vous supplie de donner quelques honneurs à notre saint en récompense de ses fatigues. » Alors le seigneur pape dit : « Quels honneurs dois-je lui donner ? » Le maître répondit : « Très Saint Père, qu'il demeure chez ses frères, c'est-à-dire chez les dominicains, et ils l'honoreront beaucoup. »
Aussitôt le seigneur pape répliqua : « Eh ! quoi ? est-ce que mon ordre de Saint Benoit n'est pas très puissant, et le vôtre presque nul pour honorer ce saint? Il semble donc mieux qu'il reste chez nos moines. » Alors le maître-général répondit avec une profonde humilité : « Très Saint Père, il est très vrai que l'ordre de Saint Benoît est très puissant, et que mon ordre, comparé à celui-là, est comme un peu de poussière, comme rien. Mais, en même temps qu'il est très puissant, l'ordre de Saint Benoît a des saints presque en nombre infini, et il doit être surchargé du soin de les honorer tous ; par contre, l'ordre des frères-prêcheurs que vous aimez particulièrement, — vos lèvres sacrées nous l'ont dit souvent, Très Saint Père, — n'a que deux