CHAPITRE ONZIEME
avaient décidé le Siège Apostolique à commencer le procès canonique requis pour établir le culte des nouveaux saints. La sentence définitive fut rendue par le Pape Jean XXII, le 18 juillet 1323, dans la cathédrale d'Avignon ; et de magnifiques solennités l'accueillirent dans tous les couvents des frèresprêcheurs.
Cl)apître Dou5tème.
De l'autorité suréminente des écrits du Docteur Angélique, surtout à notre époque.
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Vidi il Maestro di color che sanno Seder tra Jilosojica famiglia.
Tutti rainiiiiran, tutti otior gli fanno.
Quivi vidUo e Socrate e Plalone CWinnanzi .... pih pressa gli stanno.
Je vis le Maître de ceux qui savent, assis au milieu de la famille des philosophes.Tous l'admirent, tous lui rendent honneur. Là, je vis et Socrate et Platon qui l'approchent de plus près.
(Dante, Enfer ^ ch. IV.)
' PEINE les docteurs de Paris eurent-ils appris la mort de leur glorieux collègue, qu'ils s'adressèrent au chapitre général des dominicains, alors assemblés à Lyon, pour réclamer avec instance le corps de frère Thomas et les écrits de philosophie qu'il n'avait pu qu'ébaucher à Paris ('), spécialement ses ouvrages de Logique, ses Commentaires sur les livres d'Aristote du Ciel et du Monde, son exposition encore aujourd'hui perdue du Tintée de Platon, et ses travaux également introu-
I. Un document analysé par l'abbé Cantèra {pp. cit.) montre que le roi Charles I d'Anjou fit acheter de ses deniers, quelque temps après la mort de saint Thomas, la Somme Théologique et la Compilation des originaux des Saints « éditée par le même frère Thomas » ; ce titre désigne probablement la Chaîne d^Or. — Le chancelier du royaume de Naples était alors maître Symon de Paris, qui avait pu connaître et entendre le saint Docteur en France.
S, Thomas d'Aquin.
vables sur YJiydraïUique et la mécanique ('). Dans leur requête, ces savants maîtres l'appelaient « une étoile du matin que la Providence divine a fait lever sur le monde, une splendeur qui éclaire le siècle, un soleil qui préside au jour et nous inonde de ses rayons, une nature donnée aux hommes pour leur dévoiler les secrets de la nature. »
Bientôt cependant quelques professeurs de Paris se soulèvent contre sa doctrine ; mais ils ne font que lui ménager un éclatant triomphe. Albert-le-grand, son ancien maître, entend parler des attaques téméraires dont frère Thomas d'Aquin est l'objet, et aussitôt il déclare qu'il ira le défendre à Paris même. Les amis du vieillard veulent le retenir. Depuis quelque temps ils craignent que sa mémoire et son intelligence ne s'affaiblissent. Ils ne voudraient point qu'il allât exposer sa grande réputation de docteur, sa dignité d'évêque de Ratisbonne, en des luttes qui ne sont plus de son âge. Ils le voient verser des larmes amères chaque fois que l'on prononce devant lui le nom de son élève, et ils craignent que cette vive et peut-être sénile affec-
I. « De aquarum conductibus et ingeniis erigendis. » Le P. Touron, dans sa Vie de S. Thomas d'Aquin (Paris, 1737, p. 311), a pensé que le second des deux traités ici indiqués avait pour but « la manière d'élever les esprits» ; c'est de la construction des engins qu'il s'agit tout simplement.
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