V. Mais cette multiple utilité de la philosophie est
subordonnée à des conditions sans lesquelles tout devient illusion et danger. Le respect absolu des vérités surnaturelles, l'acceptation sincère du rôle de suivante et de servante à l'égard de la foi, l'obéissance à l'infaillible autorité de l'Eglise quand elle enseigne une doctrine ou qu'elle en condamne une autre, sont des devoirs essentiels pour une philosophie désireuse de servir la cause de la religion ou simplement de la droite raison ; car celle-ci même, loin de perdre quoi que ce soit de sa force ou de sa dignité, retire le plus grand profit de son alliance avec la foi et de sa soumission à la parole divine.
VI. L'histoire démontre clairement ce que nous disons des rapports de la philosophie avec la dogmatique chrétienne. Avant Jésus-Christ, que d'erreurs grossières soutenues par les plus nobles esprits, et admises par les nations les plus intelligentes ! Au temps même où le soleil de l'éternelle vérité commence à luire sur la terre, quelles ténèbres parmi les hérétiques et les sectateurs d'une gnose mensongère ! Mais alors aussi s'organise l'admirable travail des philosophes chrétiens, des apologistes d'abord, d'un saint Justin et d'un saint Irénée,d'un Clément d'Alexandrie et d'un Origène, d'un Tertullien et d'un Lactance,