‹ Le docteur Guépin, oculiste, philosophe, historienChapitre 3 sur 16 · NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Ange Guépin est né à Pontivy (Morbihan) le 30 août 1805. Il fît ses études avec succès au collège de Pontivy et se présenta, à dix-neuf ans, (1824) aux examens de l’École polytechnique. Ses épreuves furent remarquables ; mais le nom de son père, Victor Guépin, l’un des chefs des fédérés de l’Ouest en 1790 et député pendant les Cent jours, suffit pour le faire rayer de la liste des candidats.

Cette exclusion inqualifiable eut cependant un résultat heureux pour le jeune Guépin en le déterminant à changer de direction et à embrasser la carrière médicale, celle qui convenait le mieux à la nature de son esprit et à ses généreuses tendances.

Il ne tarda pas à se distinguer dans ses nouvelles études et devint le préparateur d’Orfila. Le maître vénéré le traita toujours avec une bienveillance paternelle. Guépin se lia également avec un grand nombre d’hommes illustres dans les sciences, les lettres et la politique. Ses relations avec Grégoire Bordillon, d’Angers, datent de cette époque.

En 1828, il obtint le premier prix de chimie au concours de la Faculté de Paris et le diplôme de docteur. Il n’avait pas encore vingt-quatre ans. Son ambition n’était pas grande ; il écrivait à son ami Émile Souvestre : « Le comble de mes vœux serait de m’établir dans une petite ville de Bretagne et là, tout en vivant un peu pour moi, de m’employer au bonheur, au bien-être des autres et de répandre parmi eux les connaissances que j’acquiers chaque jour ici. »

Dans cette même année, le Maire de Nantes, M. Louis Lé-

vesque, organisait des cours populaires au lycée de cette ville.

Il proposa au lauréat de la Faculté de Paris, de se charger du cours de chimie et d’économie industrielle. Le docteur Guépin accepta et se fixa définitivement à Nantes.

Nous n’avons pu retrouver le manuscrit du cours de Guépin qui ne fut pas imprimé. Mais d’après plusieurs analyses, nous savons que les débuts du jeune professeur furent très remarqués. Non content d’exposer les données ordinaires de la chimie appliquée, il s’éleva jusqu’à la philosophie de cette science et présenta, pour la première fois, ses idées sur l’organisation générale du monde physique et du monde moral, qu’il développa plus tard dans la Philosophie du xixe siècle.

En 1830, le docteur Guépin fut nommé professeur de chimie à l’École de médecine de Nantes ; en 1832, chirurgien suppléant des hospices.

En 1 830, il commença à se livrer exclusivement à la pratique de l’ophthalmologie. Cette détermination prit un rôle trop important dans sa vie pour que nous ne nous y arrêtions pas un instant.

« J’ai commencé, dit-il, à m’occuper d’ophthalmologie pendant que j’étais étudiant. Plus tard, lorsque que je fus reçu docteur en médecine, mon vieil ami, le docteur Martel, de Pontivy, eut l’obligeance de me faire pratiquer sous ses yeux quelques graves opérations de chirurgie et neuf cataractes par abaissement. Arrivé à Nantes en septembre 1828, je n’ai * réellement commencé à m’occuper spécialement d’oculistique

qu’en 1830 *. »

Le docteur Guépin donne les raisons suivantes de sa spécialisation scientifique1 2.

« Il y a toujours eu, il y aura toujours des spécialités... A toutes les époques de prospérité scientifique, l’on a vu s’établir dans les études graves, cette division du travail qui assure le

succès

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