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Le Docteur Gustave Bouchereau ... 1835-1900

Médecin de l'asile clinique depuis trente-trois ans, le D'" (lustave Boucukreau est mort en activité de service le :11 lévrier 1900, à l’àge de soixante-cinq ans.

Gustave Bouchereau, issu d’une vieille famille médicale de la Touraine, est né à Montrichard (Loir-et-Cher), le flO juin 18Mo. Son grand-père était médecin, il voyait beaucoup de jnalades, mais à vrai dire, peu de clients ; propriétaire aisé, il tirait ses ressources de ses terres, et la profession médicale n était pour lui qu’une sorte d’apostolat bienfaisant et charitable au profit de ses compatriotes qu’il soignait, conseillait, éduquait, réconfortait physiquement et moralement ; ceux-ci à leur tour l’adoraient.

Son père, esprit ouvert, franc, aventureux et indépendant, avait passé les premières années de sa jeunesse à voyager, parcourant presque toujours à pied, diverses parties de l’Europe et en {»articulier de la Russie.

Dans ces longs voyages, 'aux prises parfois avec de grosses difficultés, il avait acquis des hommes et des choses une expérience qui lui a été des plus utiles. Rentré dans sa famille, il s occupa du soin de son domaine ; il était bon et généreux pour tous, aussi ses compatriotes l’avaient-ils pendant plus de quarante ans, sous tous les régimes et parfois malgré l'opposition du gouvernement, élu conseiller général.

Sa mère était une femme intelligente, douce, affable, d’une sensibilité exquise, d une grande bonté, Bouchereau avait hérité des qualités du cœur de sa mère et de la droiture du

NOTICE NECKOLOGIQUE

cuTaclère de son père. Elève du collège de lllois, il vint ;i Paris compléter ses études dans l'institution Barbet, une des plus llorissantes de l'époque, où l’on ne se contentait pa-; de surcharger la mémoire par des exercices d’entrainement poulies examens, mais où de fortes études générales donnaient une instruction solide qui dépassait les besoins du baccalauréat.

Dès ses premières inscriptions de médecine, il prit la bonne habitude de fréquenter les béq^itaux et il fut un des élèves les plus assidus d’Andral et de Grisolle. Nommé interne des hôpitaux en 1863, il est successivement interne de Falret ])ère, de Vulpian et de Charcot à la Salpêtrière et suit régulièrement les leçons de Baillarger; sa vocation se dessine ainsi et dès la fin de 1866, il est chargé par l’administration préfectorale d’aller soigner à l’asile de Vaucluse en construction, le personnel et les ouvriers au milieu desquels s'étaient développés de nombreux cas de diai rhée cholériforme.

Le 1“*' janvier 1867, il est avec son collègue et ami Magnan nommé médecin du Bureau d’admission, vers lequel convergent tous les aliénés du département de la Seine. Ce vaste champ d’étude et d’expérience avait fait de lui un clinicien hors de pair.

Dans sa thèse sur les hémiplégies anciennes (1866), il met <à profit ses connaissances cliniques et anatomo-pathologiques de la Salpêtrière; deux intéressantes communications à la Société de biologie sur la pathogéiiie des lésions cérébrales, révèlent par les considérations qui les accompagnent, à l’époque surtout où elles ont été présentées, à la fois avec des qualités prénétrantes d’analyse, un puissant esprit de généralisation. [Anéornsmes miliaires de la rétine et du cerceau dans un cas d' alcoolisme chronique. Compte rendu de la Société de Biologie, t. I, 5'^ série, 1869. — Infarctus multiples avec ramollissement dans plusieurs organes; rupture de la paroi antérieure du ventricule gauche. Comptes rendus de la Société de Biologie*, 4'^ série, t. IV, 1867. En collaboration avec Magnan.)

l’ius tard, en 188 i-, il expose devant la Société de Biologie les résultatsde scs recherches sur le régime alimenlaire des aliénés.

En 1870, de nouveaux devoirs s’imposent et trouvent Bouchereau prot a tous les dévouements; c’est surtout par ses démarches et son active intervention auprès du gouvernement et de 1 administration de la ville de Paris qu'on obtint peu avant 1 investissement de la capitale, l’évacuation en province d’une grande partie des malades de l’asile Sainte-Anne, mesure de prévoyance qui permit d’assurer pendant le siège l’assistance et le traitement des aliénés que les soulTrances, les privations et les secousses de cette douloureuse période avaient rendus plus nombreux. Une ambulance fut organisée à l’asile et c’est dans le combat de Chàtillon, en allant recueillir et panser les blessés sur le champ de bataille, qu’une balle lui traversa la cuisse gauche. Porté à l’ordre du jour pour sa belle conduite, il reçut la croix de la Légion d honneur. Deux mois après, à peine convalescent de sa blessure, marchant avec difüculté, il reprend sou service, heureux de se retrouver au milieu île ses malades. Il publie alors en collaboration avec -Magnan deux mémoires d un vif intérêt historique et clinique, car ils révèlent d’une façon saisissante l’influence des grandes commotions politiques sur le développement des maladies mentales : le premier lu à l'Académie de médecine dans la séance du -21 novembre 1871, ne fut pas étranger à la vive campagne commencée alors contre l’alcoolisme; il avait pour litre : Slaiistique des alcooliques entrés au Bureau d'admission à Sainte-Anne pendant les mois de mars, avril, pxai, juin 1870 et les mois correspondants de 1871 ; le second : Statistique des malades entrés en 1870 et en 1871 au Bureau d admission des aliénés de la Seine, a été communiqué à la Société médico-psychologique par Bouchereau et y a soulevé une fort instructive discussion (Annales méd. psch., 1872, t. YllI, p. 261 et 342).

Clinicien avant tout, Bouchereau donna la mesure de son

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