M. GLEY
s E C I! r T A II! E (I K N
liAi. DE i.A Société de diologie
-Messieurs,
La Société de Biologie n’a jamais négligé de s'occuper des phénomènes morbides qu’étudient les médecins aliénistes, poiir autant que ces phénomènes, dépassant la pure séméiologie, présentent un caractère marqué de généralité, tel qu’il en puisse sortir des notions positives sur le fonctionnement du cerveau troublé. Aussi a-t-elle toujours tenu à compter parmi ses membres quelques représentants de la psychiatrie. Depuis 1 année 1874, le très regretté Bouchereau, ancien interne des hôpitaux, médecin en chef de l’asile Sainte-Anne, était un de ces rares représentants.
Ce n’est pas pour nous, Messieurs, une vaine épithète que ces mots de « très regretté «. La grande bonté de notre collègue, sensible à ceux-là même qui avaient peu de relations avec lui, la franchise et la sûreté de son commerce lui avaient valu toutes les sympathies. Et son assiduité pendant très longtemps à nos séances — ce n’est que depuis quelques années, qu’il y venait moins régulièrement, — son intervention peu fréquente, mais toujours justitiée et par cela même heureuse, dans les discussions auxquelles il croyait que ses connaissances spéciales lui permettaient de prendre part lui avaient gagné l’estime générale. C’est l’estime que mérite et retient toute compétence qui ne se manifeste qu'à bon escient et avec la discrétion que l’on goûte dans tous les milieux y compris les sociétés scientifiques. La meilleure preuve que 1 on puisse donner et de cette sympathie et de cette considération qui entouraient notre collègue, c’est qu’il fut élu à deux reprises vice-président de la Société, en 1881 et 1880.
OUSÈQUES DU DOCTEUR liOUCHEREAU.
Nos comptes reuilus gardent riuelques traces de ses travaux. Deux observations qu’il y donna, en l8üT et 18()9, en collaboration avec son intime ami, notre excellent et éminent collègue Magnan, sont d’une réelle importance au point de vue de la pathogénie des lésions cérébrales. En 1884, sur la question délicate du régime alimentaire des aliénés, il nous présenta des remarques judicieuses, accomjtagnées de plusieurs observations conduites d’une façon rigoureusement scientifique.
Les confrères de M. Bouchereau savent qu il fut avant tout un clinicien très instruit, très habile, d’une sagacité reconnue. L’exercice aiguisé de ces facultés, dans son service hospitalier, satisfaisait sans doute en grande partie son esprit. Pour nous, qui avons beaucoup apprécié tout ce qu’il nous a donné, nous devons regretter que les preuves écrites de sou activité médicale ne soient pas plus nombreuses. Et c’est, Messieurs, un regret de plus à ajouter, pour la Société de Biologie, à ceux que lui cause la disparition prématurée de l’esprit juste, de l’intelligence bien faite, du spécialiste exercé et de l’homme de bien qu’était notre honoré collègue.
DISCOURS PRONONCÙ
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