Le docteur Laënnec
Voyageant en Bretagne à une époque où l’on songeait déjà avec raison à élever une statue au docteur Laennec, il nous prit fantaisie de rechercher quels ancêtres avait illustrés ce savant, né à Quimper.
^■otre excellent ami et camarade de collège, M. Vesseyre, maire de cette ville, se prêta avec le plus gracieux empressement à notre désir et voulut bien faire mettre a notre disposition les registres de l'état civil de la vieille cité qu’il administre.
Un registre poudreux, un manuscrit dont l’encre a blanchi par le temps, des papiers domestiques à demi déchirés, sont pour nous pleins d’un intérêt triste et doux à la fois. Nous les parcourons avec une curiosité avide et les feuillets ne tournent pas assez vite à notre gré. Chacun son goût. Les jeunes gens du jour nous trouveront sans doute quelque peu arriéré, si ce n’est rétrograde. Nous avouons que les mœurs et les habitudes d’estaminet ne sont pas les nôtres. Toutefois, par respect pour la liberté individuelle, nous les admettons chez les autres ; et, d’ailleurs, c’est la mode, comme on dit. En ce temps de prompte érnancipalion la première aspiration de l'enfance, c'est le cigare ; la plus haute expression de nos petits crevés, c est 1 absinthe.,.. Trahit sua quemque vQÎuptus, a dit un ancien.
Tout arbre eut dabord un germe fécond et vigoureux, ou bien il végéta longtemps avant la pousse décisive. La famille est ainsi. Elle reçoit de son premier auteur un éclat gui ira en se perpétuant, ou bien elle grandit avec une lenteur progressive, juscju a ce qn’enfin un des siens, arrivant soudain en plein développement, recueille sous son ombre puissante les membres épars, obscurs et ignorés.
Aussi bien que les empires, aussi bien que les peuples les familles ont leurs splendeurs et leurs défaillance! l’i suffit de bien peu pour cela. Il est dès lors rarement possible d assigner a une famille réussie un point de départ fixe certain, avéré. Ce qu’on regarde comme une nmssance’ n est souvent qu une résurrection. Combien de familles déchucs Ignorent leur principe? La tradition elle-même, cet écho liCTedilaire, se conserve quelquefois longtemps au berceau de la race, mais s’il y a déplacement, quelle qu’en sou la cause, c est fini. La véritable date cesse d’être ; le passe s efface : c est du néant.
Ceci dit en appréciation générale, nous allons donner ici la filiation, par actes textuellement pris aux états civils d une de ces ^milles bretonnes dont nous n’avons pu remonter au point de départ, mais chez laquelle nous croyons — lait tres-peu rare, d’ailleurs, - q„’il y a eu laps, éclipse et modification de nom. Avant d’en tracer avec certaine précision la descendance, nous l’établissons sous toutes réserves La vente historique seule nous agrée. Puis, pour nous nul interet a une flatterie quelconque ; n’ayant pas l’honneur de connaître aucun des membres de cette famille, nous sommes des lors dans des conditions d’impartialité absolue.
Seulement, il nous paraît bon, utile, d'établir qu’un ancetre —quelle que soit sa date ~ est beaucoup, E^-ce que de 1 origine ne naît pas l’éducation ? On l’oublie trop souvent a dessein dans notre société aux faux semblants démocratiques On a à l’usage de la thèse contraire certains paradoxes et certains vers bien connus, mais réfutables au
premier chef ; -- « Qui sert bien son pays n’a pas besoin tl’aïeux; » — ou bien on est le fils de ses œuvres ! Cette rengaine du chauvinisme libéral, très en vogue il y a quelques lustres, commence terriblement à s’user et à vieillir. La raison et la vérité seules sont fortes et perpétuellement vivaces.
Le Nobiliaire de Bretagne, publié par M. Pol de Courcy, donne pour armes à la famille Laennec : Coupé au 1, d'argent, au lion léopardé de gueules; au 2, de sable, a trois fasces d'or.
D’un autre côté, nous trouvons une famille Lohennec, originaire de Pleyber-Christ, qui portait ; Fasce^ d'or et et de sable, surmonté d'un lion léopardé de sable. Celte famille, en s’alliant aux Keraudy, apporta dans celte maison la terre de Lohennec. Jean de Keraudy, sieur de Lohennec, reçut inionction de s’armer lors de la monstre de ISOd. {Antiquités du Finistère, par Fréminville.) Nous voyons dans le Terrier de Bretagne que le lieu de Lohennecapparlenait en 1678 à messire Jean du Dresnay, sieur de Kcrbol. {Reg. P. 1649, mss. Arch. de l'Emp.) — La Réformation de l’année 1443 mentionne parmi les nobles de la paroisse de Pleyber-Christ, Guillaume an Henneuc,et celle de 1448 cite également parmi les nobles de la même paroisse Raoul an Henneuc. Or, nous croyons que de an Henneuc peut provenir, aussi bien que Lohennec, Laenncc, que nous trouvons écrit Le Loennec et Loennec, et dont la prononciation bre-tonne est Lennec. Puis, comment n’être pas frappe d abord de cette double similitude de nom et d’armes,— a quelques lettres et à un déplacement des pièces de l’écu près ? Tenons compte encore que, presque vers le même temps où 1 une de ces familles disparaît, l’autre apparaît.
Une autre considération vient à l’appui de notre présomption d’origine des Laennec.
A la suite des terribles luttes du moyen âge, la majeure partie de la bourgeoisie des villes se recruta parmi les cadets
des familles nobles qui touies alors habitaient la campagne. Beaucoup de^ ces cadets, sans patrimoine, échappés aux guerres, se réfugiaient dans les grands centres, s’y livraient au commerce et prenaient meme des « états mécaniques » suivant l’expression du temps. Produit des effets de cette nature, c est de cette classe , successivement arrivée à 1 aisance, que sortit d abord la bourgeoisie, puis une noblesse seconde tenant son nouveau lustre de divers offices municipaux ou de magistrature et aussi parfois créée pour le plus grand profit du Trésor royal. On sait que les offices acquis moyennant finance, supprimés en 1790, furent alors remboursés et firent place à cette armée de fonctionnaires qu on a appelés les budgétivores. Chàtcaiibriand disait que la France est « un soldat. » En temps de guerre ou d’invasion, c’est possible ; en temps de paix la France est « un employé. »
Les offices d’avocats, de procureurs, notaires, greffiers de sièges royaux et foule d’autres étaient, sous l’ancien régime, et cela avec quelque justice, considérés comme ne dérogeant pas ; mais la noblesse véritable, la noblesse d’épée regarda toujours les détenteurs de ces offices avec hauteur et les maintint, autant qu’elle le put, dans cette classe qu’on désignait sous le nom de bonne bourgeoisie. Néanmoins les gentilshommes à colombier ne dédaignaient pas d’y prendre des femmes et d’y marier leurs filles. Ils appelaient cela fumer leurs terres.
^exercice du notariat fut en tout temps des plus recherchés et des plus estimés, aussi bien en Bretagne qu’en Normandie, en Provence, en Languedoc, en Gascogne, etc. Presque toutes les familles baroniales du moyen-âge ont eu des notaires dans leurs cadets. Ces pauvres cadets, si mal partagés et qui parfois ne pouvaient pas même être pourvus d un mince bénéfice ecclésiastique, se résignaient à être les rédacteurs et les dépositaires des titres et des contrats de leurs aînés. — Michel le Nobletz, le pélèbre missionnaire
breton, né en 1577, éiait fils d’Hervé, seigneur de Kerodern l’un des quatre notaires publics du pays de Léon. — « En ce temps-là, dit Moréri, il n’y avait que des nobles qui puissent exercer ces charges, non plus que celles de iudicature. O {Tome VU, art. le Nobleiz.) La femme d’Hervé Le Nobletz se nommait Françoise de Lesguern, de la maison de Coëtmenecli.
En effet, nous trouvons en Bretagne durant le cours des quinzième et seizième siècles des notaires qui signent : Anger, du Boisbilly, du Boisgélin, Calloèt, Coalanezre , Chrestien, Goatquiz, du Colledo, Gourson, Desgrees, du Dresnay , du Drézit, Espivent, le Frotter, Gingucne , Goesbriant, la Grézillonhaie, le Gualès, Guynement, Hersart, Hingant, Keratry, Kersaintgily, Kerpezdron, Kerpngent, Kerguélen. Keranflech, Kerverder, Kersulguen, Kersauson, Kermnpuil, Kermasson , Kermerc’hou , Kerguvelen , du Lescoët, Lésormel, Lescorre, du Ponlhou, Penboadic, de Québriac, de (Juifistre, ïrogolî, du ïrévou, de Villeneuve, Visdelou, etc., etc.
Gomme on le voit,— et nous pourrions beaucoup allonger cette liste — bien des descendants de croises, de» combattants d’Auray et de Saint-Aubin-du Gormier ont exerce le notariat.
Quant à l’office de procureur, souvent cumule avec celui de notaire, on l’a généralement regardé comme constituant une dérogeance. Gela n’a pas empêché beaucoup de personnes nobles de l’exercer et nous en citerions au besom un certain nombre qui sortaient de très-illustres souches. Quoiqu’il en soit, Jean Le Prévost, écuyer, obtint de Louis Xlll des Lettres portant qu’il pouvait exercer 1 office de procureur en la Ghambre des Goraptes de Paris sans que cela put nuire à l’état et privilège de noble. Jean Le Prévost se fondait dans sa demande sur ce que bien que ne et extrait de noble lignée, ses père et mère étaient sans aucune lortune
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(ît qu’il avait quatre enfants. Enfin, par un arrêt donné à Paris, le 4 mars 1338, en faveur des cadets de noble race, le Conseil privé de Sa Majesté déclara que l'on ne déroge point à la noblesse pour être juge, avocat ou même procureur, surtout en Bretagne.
Si la trace desLaennec ne se trouve à Quimper qu’à partir du dix-septième siècle, nous pouvons en remonter la filiation d’un siècle, et nous prions le lecteur de nous permettre de faire ici œuvre sèche de généalogiste.
Notons foutefois à cette place que, le 24 novembre 1362, fut baptisé à Quimper par messire Jean Panerec, prêtre, recteur dé la Rue-Neuve, Jehan Lohennec {sic), fils d’autre Jean et de Guillemette Bernard. L’enfant fut tenu sur les fonts par^ean Riou, Jean Cran et Marie Souhier, dite Jamin. (Archives du département du Finistère.) — Quatre vingtcinq ans plus tard décédait Olivier Lohennec, écuyer, sieur de Leslain en Plouzévédé , ne laissant qu’une fide unique, dame Renée Lohennec , dame douairière du Stiphel en Guiler, mère d’écuyer François le Talléc , seigneur du Stiphel. {Terrier de Bretagne, Beg. P 1648, Arch. de l’Ernp.).
I. — Maître Yves I^aennec, notaire, signa en cette qualité plusieurs actes rédigés par M" Olivier de La Rivière, notaire de la juridiction de Conq-Fouesnant et Rosporden. {Registre de Tannée 1582, Arch, du département du Finistère.) — On rapporte que , bien que ses fonctions ne fussent pas précisément très-guerroyantes, maître Laennec embrassa chaudement le parti de la Ligue et fut tué, les armes à la main, en 1396 , dans une rencontre entre Rosporden et Quitnper.
II. — René Laennec, aussi qualifié maître, est dit décédé puis les vingt-deux ans, » c’est-à-dire en 1660, à la date du .30 avril 1683 que « noble homme Vincent Laennec, demeurant au bourg parochial de Bannalec, tant en privé nom et
comme mari de daraoisclle Renée Is Rumin, sa femme, que faisant pour ses consorts et co-héritiers en la succession de défunt niaislre René Loennec, son père, » fit le dénombrement des rentes et héritages tenus et possédés procheraent et roturièrement du roi sous domaine de Quimperlé. {Beg. P. 1700, fol. 435-408, Terr. de Bret.) RenéLaennec avait épousé dainoiselle Louise Gué g tien, comme on le voit par l’acte de mariage célébré à Quimper, l’an 1680, entre noble homme René Laennec et damoiselle Yvonne le Rouyer et lequel est dit « fils de défunt noble homme René Laennec et de damoiselle Louise Guéguen. [Vniriede Quimper.)
La tradition fait descendre les Guéguen ou Guégant de Guéguen, seigneur de Guéméné et de La Roche-Périou, petit-fils du comte de Cornouailles, Budic Castellin, ruoi t l’an 980. Mais comment dresser d’une façon certaine la filiation d’une famille dont le nom est commun à tant d’autres? Quoiqu'il en soit, Guillaume Guéguen, né vers 1400, fut père de Pierre Guéguen, cpii possédait, en 1478, certains droits de coutumes dans la paroisse de Guiscriff, que Hervé Guéguen vendit en 1481. Noble homme maître Louis Guéguen, seigneur de Kerbigtiet, vivant en 1500, était issu des précédents. Yves Guéguen comparut à l’assemblée des nobles, bourgeois, manants et habitants des ville et faubourgs de Quimper, tenue en 1534. Pierre Guéguen se trouva à l’assemblée de 1588. (Àrch. du Finistère).
Guillaume Guéguen, écuyer, sieur de Kerdu, sénéchal des Regaires de Cornouailles {Mairie de Concarneau), avait épousé dame Marie de Chauvincourt, petite-fille de noble homme Louis-Nicolas Le Flo, sieur de Keranvellin , en Ploaré, laquelle avait sa maison rue Keréon, en 1678. Leur fils, écuyer Jean Hyacinthe Guéguen, sieur de Kerdu, s’allia à dame. Louise Glémarec de Kerguélen, sœur des dames Geslin de Bourgogne et Huon de Kerullut Pierre Guéguen assista au mariage de René Laennec avec Yvonne Le Rouyer, en 1680. Demoiselle Joseph-Elisabeth Guéguen, tint sur
les fonts, le 12 novembre 1687, avec noble homme Nicolas Ricart, sieur du Verger, Nicolas-Corentin Buet du Plessis, dont la mère, dame Anne Eon, dame du Plessis- Buet, fut inhumée, le 10 décembre 1689, dans l’église de Saint-Guénolé de Concarneau, en présence de ladite Joseph- Elisabeth Guéguen, de Marie Tanguy et autres. {Etat civil de Concarneau.)
Dame Anne Guéguen, femme de noble maître Guillaume Audouyn, sieur du Cosquer, avocat au parlement, syndic et député de Quimper aux Etats de 1730, fut mère de Marie- Michelle Audouyn , femme de noble maître Réné-Félix Guesdon, sieur de Clécunan , mère de Michelle-Gabrielle- Féiicité Guesdon, mariée en 1780 à Théophile-Marie Laennec. Noble homme Michel Guéguen, sieur du Quillien, se maria, le 7 janvier 1781, avec demoiselle Guillemette- Hyacinthe Audouyn, dame de Kersullec, sœur de dame Anne-Catherine Audouyn, femme de noble Jean-François Buet, écuyer, issu delà maison des sieurs de Rosselin, de Beaupré et de Campostal, près Rostrenen. A la naissance de Théophile-Marie Laennec, en 1747, assistèrent deux membres de la famille Guéguen; enfin, en 1787, N. Guéguen et Rose Guéguen, signèrent avec M.-I.-A. Laennec, recteur d’Elliant, le contrat de mariage de messire Antoine- Henry d’Amphernet, vicomte dePontbellanger et de mademoiselle du Bot du Grégo, fille du dernier marquis de La Roche du Grégo.
De l’union de René Laennec avec demoiselle Louise Guéguen, naquirent ;
1 ” René Laennec ;
2° Noble homme Vincent Laennec, qui tint sur les fonts, dans l’église de Saint-Guénolé de Concarneau, le 15 novembre 1665, Marie le Borgne, laquelle eut pour marraine damoiselle Marie Tanguy. Deux ans plus tard, le 25 octobre 1667, Vincent tint également au baptême, avec Anne Corant des sieurs deKeriolet, Gilles le Guen. {Reg. de l'Etat civil
de Concarneau.) Vincent Laenncc^ habitait le bourg de Bannalec. Dans divers actes de dénombrements rendus au roi en 1681, notamment par messire Joseph-Hyacmtùe de’Tinléniac, chevalier, seigneur de Quimerc h, Vincent Laenncc se trouve qualifié « notaire royal de la cour royale de Ouimnerlé. » (Beq. P. 1566 el 1700, Terr. de Brel.)
Il rendit ^lui-même aveu au roi, le 30 avril 1683, tant en privé nom et comme mari et procureur des droits de damoiselle Renée le Rumin. sa femme, que faisant pour ses consorts et co-héritiers en la succession de défunt maître René Loennec, son père, de rentes et héritages tenus et possédés prochement et roturièrement du roi dans son domaine et recette de Quimperlé..., savoir : de I estoc de ladite le Rumin, sa compagne, de la succession de défunt maître René le Rumin, une portion de tenue au village de Iremeur, en la paroisse de Bannalec ; ceux appartenant audit sieur Laennec et co-héritiers en la succession dudit feu maili^ René Laenncc, son père, savoir, etc. (Rep. P. 1700,/b/. 435 el suiv., ul suprà.) Vincent Laennec possédait égalé ment des biens en la paroisse de Riec, mouvants de la seigneurie de la Porte-Neuve. Il fournit aussi denoinhrement au roi, l’an 1683, pour partie du village de Saint-Lucas, dans le bourg de Bannalec. {Ib., tb.)
Comme on vient de le voir, Vincent Laennec avait épouse demoiselle Renée le Rumin, sœur de Christophe le Rumin, sieur de Kerbieuet, et fille de noble homme Rene le Rumin, sieur de la Boissière, de la paroisse de Quernen.
B’DamoiselleRenée Laenncc, femme de noble homme Jean Marquer. Elle est connue par les déclaration et dénombrement du village de Kerliver , en la paroisse: de Bannalec, que fitau roi, en 1683, damoiselle ^"««6Marquer « fille mineure de vingt et cinq ans, » desdits défunts nobles gens Jean Marquer et damoiselle Renee Laennec, ses pme et mère, autorisée pour l’exécution de ce de noble homme François André, sieur de Kerlidec, son curateur specia ,
ladite Rciiee Marquer demeurant au bourg paroissial de llannalec. Geüe déclaration est signée : Laeniiec, notaire royal. (Reg. P. 1700, fol. 421-420, ut suprd.
4" Jeanne Laennec, qui signa l’acte baptistaire de biançois-Guillautne Laennec, né le 29 août 1682 et baptisé en 1 egbse cathédrale de Saint-Corentin de Quimpcr le 11 septembre suivant. {Mairie de Quimper ) ’
III.— Noble homme René Laennec, notaire royal de la senechaussée de Quiraper et procureur au présidial de cette ville, épousa, en 1680, demoiselle Yvonne Le Roityer dame de Treraaria, lille de noble homme Nicolas le Roiiyer’ sieur du Verger, procureur au siège présidial de Quimper et 1 un des notaires royaux de ladite sénéchaussée. La bénédiclion nuptiale fut donnée aux jeunes époux dans l’église de Saint-Corentin, et parmi les assistantes on remarque les dames des Fag^s, Bougeant et Taniou de Rozanduc.
Nicolas Le Rouyér fit enregistrer dans l’Ârmorial général de l'rance, dresse par édit du mois de novembre 1096, les armes suivantes ; d’argent, au rosier de sinople flcuk de cinq roses de gueules {Mss. Cabinet des Titres, Bibl lmp ) Raimonetle Rouyer figure comme archer dans la monstre et revue faite a Bethune. le 9 octobre 1494, des quarante hommes d’armes et cent archers du nombre de cinquante lances fournies à la petite paye des ordonnances du roi sous la charge et conduitc„du sire de Rohan. Raimonel avait’pour compagnons d’armes, entre autres, Prigent de Sl-Alouarn Uiristophe dé Lesquelen, Louis de Cornouailles, Louis dé Penmorvan, Gilles Madec, Guillaume de La Jaille, hommes d armes ; et Guillaume de Launay, Alain du Boisbertholot Jean de La Haye, Guillaume le Picai t, Jehan Briant, Guillaume David, Louis Raoul, archers (Titres de Rohan mss Bibl. lmp.)
De maître René Laennec et d Yvonne le Rouyer provinrent SIX enfants, entre autres : Nicolas-Louis Laennec dont 1 article va suivre ; 2^ Joseph-Corentin Laeppec, sjeur dé
Trémaria, marié à demoiselle Thérèse-Angélique le Ballenois, dont la famille a donné un échevin de Quimper en 1764, et qui le rendit père de six enfants, dont cinq garçons; 3“ Marie-Corenline Laenncc, femme de noble homme Jean- Baptiste-François de La Roque, sieur de Kerandraon, procureur au siège présidial de Quimper.
Celle famille compte dans ses récentes alliances celles des d’Amphernet et de Poulpiquet.
Parmi les parents et amis de MM. Laennec, qui, à celle époque, assistent aux divers événements delà famille, nous citerons ; Ecuyer Claude Thépault, sieur de Crée haliou ; écuyer Biaise Cariou, sieur du Loch, avocat en la cour ; nobles hommes Jean et Louis Moreau, sieurs de Tievaie , maîtres Joseph-François Le Jadé, sieur de Kervezangar et Pierre Buisson, notaires royaux de Quimper; Jean-Marie des Bois; Charles THaridon ; Claude le Rouyer, sieur de Pennarun ; Guillaume du Liepvre , sieur des Ecoliais ; Nicolas Gorbet et Jean Huet, procureurs au parlement ou au présidial; Nicolas-Armand le Marchand, mari de Louise- Françoise le Rouyer ; Nicolas le Clerc, entreposeur du tabac ; F. Gobert ; François et Jean-Corentin Taniou, sieurs de Rozanduc ; Vincent du Tac (substitut de M. le procureur général au parlement de Bretagne) ; N. Ricart, elles Marie-Julienne, dame du Gosty ; Françoise Renec le Rallenois, dame de Poulduran ; Perrine le Ballenois ; Corcntine le Rouyer, dame du Lheuré ; Marie Quclcn ; Armelle-Marie Cauchy; Marie le Floch, etc.
IV. — Nicolas-Louis Laenncc, qualifié noble homme et maître, s’unit le 29 décembre 1713 à demoiselle L'Iarie Ricart, veuve du sieur François Galibert. Tous deux étaient morts à la date du 5 sepiembre 1746, lors du mariage de leur fils ([ui suit . — Les armes de Nicolas Ricard, de Quimper, enregistrées dans rArmorial général précité, étaient; 4’argent, au chevron de gueules, accompagné en chef de
deux roses cl en poinle d'un lion passant de meme. (Mss Bibl. lmp.)
V. — Micliel-Marie-Aleiandre Laenncc naquit à Quimper en 17i4. On le trouve succcssivenieni qualifié noble, monsieur raaîire, conseiller du roi, avocat en parlement, procureur fiscal du marquisat de Kerharo, procureur fiscal en la juridiction des Ilegaires de Quimper (17S4), maire des ville et communauté de Quimper, colonel de la milice bourgeoise de ladite ville et député aux Etals de la province (1764). — (( La communauté, après avoir pris lecture de la lettre du'Roi pour la convocation des Etals de la province de Bretagne, de celle de S. A. S. Mg'^ le duc de Penthièvre, amiral de France et gouverneur de Bretagne, et de Mg' le duc d’Aiguillon, commandant en chef celte province, qui seront enregistrées, a nommé pour son député M. Laennec, maire actuel, à l’effet d’assister à la tenue desdits Etats fixes dans la ville de Nantes, lui donnant tous les pouvoirs requis en pareil cas. » (Beg. E 103 des Délibérations de la ville de Quimper ; Arch. du département. M. Laennec fut remplacé dans les fonctions dentaire de Quimper par M, J.-B.Dimizit, qui lui succéda en 1766. Il épousa, par contrat du 3 septembre 1746, demoiselle Jeanne-Catherine Huchel, demoiselle du Kergoël, fille de noble homme Guillaume Huchet, sieur de Kerourein , maire de la ville de Quimper, et de demoiselle Marie-Thérèse Larcher, issue de M. de Kergiiélen-Larcher, syndic de la ville et communauté de Quimper, en 1690. La célébration eut lieu le 6 septembre suivant dans l’église cathédrale de Saint-Corentin , en présence des sieurs et dames Louise Allain , dame comtesse de Sauzay ; demoiselle Jeanne Le Prizel ; demoiselle de Villaudreu Larcher; Joseph-Corenlin Laennec, sieur de Trémaria , et autres. — Jeanne-Catherine Huchel, dame Laetinec, mourut le 21 août 1763 et fut inhumée dans l’église Saint-Corentin.
Les Huchel, sieurs de Kerourein, de Gucrmeur, d’Angeville, du Best, etc , se sont directement alliés à Quimper aux
familles de ; l’Arbre de l’Epine de Belcour, le Blouch de Pennanprat, Broyer, Chaignart, le Clerc, de La Roque- Kerandraonet le Déan.
Michel-Marie-Alexandre Laennec, épousa en secondes noces, le 7 septembre 1776, dame Hyacinthe-Claire-Renée- Guillemette des Landes, veuve de messire Jean de Bahezre, écuyer, sieur de Créhamblay, et fdle de messire Nicolas- François des Landes, chevalier, seigneur de Kervern et de feue dame Mauricette-Louise du Ménez. A celte solennité furent présents M. du Boisguehenneuc de Kermenguy et MM. Laennec, issus du premier lit, l'un avocat à la cour, l’autre docteur en médecine.
La dame du Ménez, belle-mère de M. Laennec était veuve en premières noces de messire Guillaume Cariou, sieur du Sconvel, et s’était remariée à Quimper, le 5 septembre 1732, avec Nicolas-François des Landes, chevalier, gendarme du Roi, et fils de feu messire Charles des Landes, écuyer, sieur de La Bassière, maître des eaux et forets de Vire. Cette famille des Landes a pour armes ; d'azur, à Irais chevrons (Z’or ; son premier auteur connu, Jean des Landes, fut à la première croisade, sous Robert Courteheuse, duc de Normandie. Elle a donné un président aux Etats de Bretagne.
Le 31 octobre 1782, mourut à Quimper ledit Michel- Marie-Alexandre Laennec, qualifié avocat au parlement, juge de plusieurs juridictions, receveur des décimes du diocèse, conseiller du roi, ancien maire des ville et communauté de Quimper, etc. — « A son convoi assistèrent M. l’abbé Guesdon, vicare général de monseigneur l’évêque, le clergé de la cathédrale, MM. les avocats et échevins de la communauté de la ville et les pauvres de l’hôpital-général de Saint-Antoine. » — Sa veuve, la dame des Landes- I.,aennec, mourut à Quimper le 23 décembre 1788, à l’age de cinquante-quatre ans.
M. Laennec eut des enfants des deux lits : du premier vinrent :
■I ° Théophile - Marie Laennec , sieur de Kerlouarnec , dont l’article sera repris en dernier ;
2” Guillaume-François Laennec, fut baptisé en l’église cathédrale de la a ville close « de Quimper, le il novembre 1748. Parrain : Noble homme Claude-François de La Roque, sieur du Lheuré, et marraine demoiselle Françoise- Corentine Huchet de Kerourein. Apres avoir fait à Paris ses études médicales qu’il alla perfectionner ensuite à Londres, le jeune Laennec fut reçu docteur à la faculté de Montpellier en 1773 et nommé, en 1779, médecin ordinaire du roi et médecin auxiliaire de la marine à Brest. Il vil rentrer dans ce port les débris de la Survetllanie, et eut le douloureux honneur de prodiguer ses soins au commandant du Coucdic et aux rares survivants de ce brillant fait d’armes. Venu se fixer à Nantes en 1781,1e jeune docteur rencontra devant lui tout d’abord les plus grandes difficultés.— « Il y avait à Nantes une Université ayant pouvoir de conférer des grades, très-entichée en conséquence de sa petite importance, très-jalouse de ses privilèges. Laennec dut conquérir le droit d’exercer la médecine dans cette ville. Ce fut en vain qu’il se soumit, lui, docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, à toutes les épreuves de l’agrégation ; ce fut en vain qu'il soutint avec éclat, devant la Faculté nantaise, une thèse aussi remarquable parla nouveauté du sujet que par l’excellente latinité du style ; il lui fallut, chose plus étrange, soutenir un procès devant le Parlement, offrir le concours à ses adversaires, et finalement produire une seconde thèse et la développer en pleine chambre des requêtes, par devant M. Picquet de Montreuil, conseiller commis pour présider les actes. Ce curieux procès ne fut terminé qu’en 1786. n (Biographie bretonne par Levot.)
La thèse que M. Laennec fut obligée de soutenir pour se faire agréger à l'Université de Nantes, a été imprimée en 1782 ; elle est signée : G.-F. Laennec de la Renardais , quimpérois.
Le docteur Laennec devint procureur général de TUniversité en 1787, régent l’année suivante et médecin en chef de l’Hôtel-Dieu en 1791. Il remplit aussi plusieurs fonctions dans l’administration municipale et dans celle du district. {Voyez le Moniteur du S brumaire an III.)
Créé médecin en chef de l’armée des côtes de Brest en 1793, et membre du jury de médecine en 1'796, M. Laennec fut élu, en 1806, correspondant de la société de l’école de médecine de Paris. En 1808 il prononça le discours d’inatiguralion de l’école secondaire de médecine fondée à Nantes et dont il était un des professeurs. On y remarque ce passage ; « Dieu de mes pères, s’écrie le savant médecin de « l’Hôtel-Dieu, si l’étude de mon art ne doit me conduire « qu’à douter do ta puissance ; s’il faut que dans ce corps (( fragile et périssable, je ne retrouve plus cet instrument « céleste de ma pensée, celte àme immortelle et libre que « je liens de ta bonté; s’il faut qu’assimilé à la brute stupide, (( dégradé dans tout mon être, je reconnaisse des penchants « irrésistibles dans mon crâne et la cogilabililé dans une « huître ; ah ! rends-moi mon ignorance ! ne permets pas « que je blasphème ton nom ! Je- n’étudierai plus ! »
Le rapport qu’il lut, en 1813, sur les travaux de celte école, peut passer pour un modèle d’érudition, d’éloquence et de style. Il avait été, en 1797, l’un des fondateurs de l’Institut départemental, depuis Société académique de Nantes, et en fut le premiey secrétaire général. Il était doué d’un esprit vif auquel se mêlait une certaine pointe caustique; mais, tout entier à ses fonctions et aux soins dune-nombreuse clientèle , le docteur Laennec n a laissé que des discours de circonstance, latins et français, remarquables par l’heureux tour de la pensée.
M. Guillaume Laennec, mort à Nantes le 8 février 1822, avait épousé à Rennes, le 22 juillet 1783 , demoiselle Marie-Perrine-Sainte-Désirée de Gennes , fille de Jean-
Baptisté de Gennes, sieur de Matignon et de demoiselle Apuril de la Poupinaye,
Originaire de l’ancienne paroisse de son nom, près Vitré, la famille de Gennes a eu des alliances directes avec les Cholet des Hayers ; Gornulier, des comtes de la Roche-en- Nort ; Couesnon ; Farcy ; de La Farelle ; de La Motte d’Aubigné, etc. Son écu est: d'azur, à trois renards passants d'or.
Les enfants procréés du mariage qui précède, sont :
(a) Christophe-Pélage Laennec, né à Nantes le 11 juin 1785, reçu avocat en 1806.
(b) Ambroise-François Laennec, né à Nantes le 11 juin 1790, reçu 'docteur en médecine en 1816, succéda à son père comme médecin en chef de l’Hôtel-Dieu, et devint professeur à l’école préparatoire de médecine de la même ville. Il s’allia à demoiselle N. Lévesque, fdle de M. Louis Lévesque, maire de Nantes, conseiller général et député de la Loire-Inférieure, et nièce de la baronne Avril, femme d’un général de division. MM. Lévesque sont alliés à MM. Thomas de Kercado et Crespel de Latouche, dont deux représentants à nos assemblées législatives. De cette union sont nés deux enfants.
(c) Mériadec Laennec, né à Nantes le 15 avril 1802, reçu médecin à Paris en 1824, nommé par le roi maire de La Chapelle-Basse-Mer en 1817, a présidé le conseil général de la Loire-Inférieure en 1849, et était recteur de l’Académie de Nantes en 1850. Il a été collaborateur de son cousingermain, l’inventeur à&VAuscultation.
(d) Emmanuel Laennec, bâtonnier de l’ordre des avocats de Nantes en 1840.
3° Corentin-Micbel-Alexandre Laennec , troisième fils de Michel-Marie-Alexandre et de dame Catherine Huchet, fut baptisé dans l’église cathédrale de Saint-Corentin le 21 janvier 1750 et fut tenu sur les fonts par noble maître Jean-
Bernard Bourriquen, sieur de Kenerdu, avocat en la cour,
et demoiselle Anne-Marie Larcher.
4- Michel- Jean-Alexandre Laennec , qualifie raessire prêtre, docteur en théologie de la faculté de Pans de U Eson et société de Sorbonne ( 1778 ) recteur d Elhant (1780-1785), vicaire-général de 1 eveche de Treguier, émigra et mourut en Angleterre.
M. Laennec eut de sa seconde alliance avec la dame des Landes, une fille ; . . •
5» Théophile-Anne-Françoise Laennec, nee a Qmmper le 26 ianvmr 177^, reçut les cérémonies du bapleme en présence de demoiselle Anne-Perrine de Bahezre, sa sœur ïtérine et noble Théophile-Marie Laennec, lieutenant de Au registre^ignèrent les
landes Pépin de La Lande, La Lande de Calan, du IVJenez du Houblec!^ de Meslon du
lien Huchet Le Déan, Sainte du Houlbec, Anne des Landes,
du Ménez de Lézurec, Le Dean, Moehen de Gouandour, Floride de Témaria, etc.
VI - Théophile-Marie Laennec, si^ur de Kerlouarnec fils aîné de Michel-Marie-Alexandre et de Catherine Huchet
de Kerourein, né au manoir de ‘'i’umet 1747
mime de Ploaré, près Douarnenez, le ib ]Uillet 1/4 , reçut le baptême daL l’église cathédrale ‘l" les assistants nous comptons les sieurs et Corentine Laennec de Kerandraon de La Guillaume Huchet de Kerourein , Anne-Marie Larcher , maîire Joseph-ürbain Huchel. sieur du C«er“eur, avmcat à la cour du Lheuré de La Boque, Pennanprat Le Blouch, Guéguen’, Laennec, Trémaria de La Roque, Gueguen, nüus Pacte foi et hommage rendu au Roi en 1 année Théophile-Marie Laennec est qualifié noble avocat à la cour (reçu en 1772). conseiller du Roi et lieute-
nam parliciilier de rArairamé, sénéchal et premier macislrat des Hegaircs et juridiction ordinaire du comté de Cornouailles. Il fut pourvu aussi de l’office de receveur des {Voy. la France eccléms-
^ Le 2tî mars de celle même année (1785), il tint au bapteme avec damoiselle Marie-Barbe du Marhallac’h, Marie- Iheophile Clouel, fille de François-Marie Clouet, officier d inlantene garde-cotes de la division de Pont-Croix, et de dame Marie-Elisabeth Frollo de Kerlivio,
Théophile-Marie Laennec avait épousé, en 1780, demoiselle Michelle-Alexandre-Félicité Guesdon, fille de RenéreJix Guesdon de Cléciinan , sénéchal et lieutenant premier magistrat des Regaires de Quimper, et de feue dame Mane-Michelle Audouyn du Cosquer. Les dispenses de parente de quart au quart, accordées aux futurs époux par monseipeur l’évêque de Quimper, sont contresignées parM. labbe Guesdon, docteur en théologie delà fmmilé de Pans, chanoine de la cathédrale et vicaire général du diocese; Signé Calloch, greffier. A la bénédiction nuptiale lurent présents, entre autres, vénérable et discret messire Michel Laennec , docteur en théologie de la m.iison de borbonne recteur de la paroisse d’Elliant, et Guillaume- Lrançois Laennec, médecin ordinaire du Roi et de la marine Le registre porte les signatures de : des Landcs-Laennec ; Guesdon de Clecunan ; Laennec ; Guesdon du Val de La Potterie; Laennec, recteur d’Elliant; Guesdon, chanoine, vicaire general, et antres,
René-Félix Guesdon, sieur de Clécunan, qualifié noble homme, maime, sénéchal de la cour et juridiction des Cornouailles, marié le -d juillet me avec demoiselle Marie-Michelle Audouyn du Cosquer. était fils de Rene Guesdon, sieur de Kerduellès conseilleT du Roi, conuôleiir des décimes patrimoniaux et octrois de la ville de Quimpcr, maire de ladite ville, et de
dame Marie - Anne de Forsans. Son aïeul, François Guesdon, écuyer, sieur de Keravel, mari de demoiselle Marie Vaze de Mello, avait pour père et mère noble Âllain Guesdon, sieur de Keravel, et Marie de Kerguelen de Kersaux. Les Guesdon, sieur de Kermoysan, de Pennesqmn, de Kerangar, de Keravel, du Cosquer, de Kerduellès, etc., se sont alliés, à Quimper, aux Audouyn de La Fossais, Avril, de Lécluse de Longraye, Bougeant, Froîlo (annobli par Henri IV, en 1597), de Leissègues, Rannou, Capitaine, Gouesnou du Parc, etc. Suivant l’Armorial général de France de 1696, les Guesdon portent : d’argent, au ptn aliàs {palmierj arraché de sinople, accosté de deux hermines de sable. (Mss. Cab. des Titres, Bibl. lmp. Beg. Bretagne).
Quant aux Audouyn, sieurs de Kerilias, de Keranslret, de Kersullec, de La Fossais, du Cosquer, de Kernars de Keriner. de Kergus, de Restinois, de Villéon, du Saiilne, des Chesnes, du Run, du Moustoir, on les trouve directement alliés aux Biiet de Rosselin, Capitaine, Herbert^ de Lécluse-Longraie, LeDourguy, dePompery, de Poulpiquet, Pitouays, Quéméner du Plessix, Talvas, Taupiii, etc., qui ont ainsi apporté à MM. Laennec des liens de consanguinité avec lesmeilleures familles du pays. Les Audouyn paraissent originaires de l’Aquitaine : Norman Audouyn, chevalier, sousciûvit une charte de l’an 1117, par laquelle, à la priere de Foulques, comte d’Anjou, Mathieu du Plessix renonça a certaines prétentions sur lesbiens de 1 abbaye Saint-Nicolas d’Ammrs. {Coll, de D. Villevieille, vol. T, fol. 44, mss. Bibl. lmp.)— Etienne et Christophe Audouyn figurent dans la compagnie de messire Jacques de Guyneuf, chevalier, qui fit montre en la ville de Conq (Concarneau), le 16 juillet 1491 ; on trouve dans la même monstre , Guillaume et Marsa’ult Guesdon, Guillaume Ferron, Clément Gardin , Petit-Jean Chauveau, Mathurin André, Jehan le Moyne, Jehan Papin, Yvon Trémignon. (Coll. Gaiguières, 782-7, mss Bibl. lmp.),- et noble maître Denis Audouyn était doyen des conseillers au présidial de Quiniper en 1620. —
Dans 1 Armorial général de France de 1696, les armes des Andouyn sont décrites ainsi : d’azur, au dexirochère I argent tenant un gresher de même, accompagné en chef de deux molettes d'or. {Mss. Bibl. lmp.) '
Le 19 novembre 1786 mourut à Quimper, u paroisse de Saint-Sauveur, en son hôtel sur le quai » dame Miclielle- Gabriellc-Felicite Guesdon, femme dudit monsieur maîire Theophile-Marie Laennec. Celui-ci prit une seconde alliance avec dejnoiselle Geneviève-Agnès Urvoy de Saint-Bédan, issue d Ltienne Urvoy, croisé en 1248 et dont les descendants se sont unis aux André de Dureville, Berthou, Bréhant, Couadalan, Le Gascoing, Illefaut, Kerémar, Quemper de Lanascol, de Trémaudan, Picot de Plédran, Bigot de Kergariou , Coroller du Hellès , Rosty, etc. Les Urvoy portent : d'argent, à trois chouettes de sable, membrées et allumées de gueules, 2 et 1.
A partir de la Révolution, M. Laennec devint successivementjuge au tribunal du district de Quimperlé (an iii), membre de 1 administration centrale du Finistère, juge au chef-heu de ce departement, juge suppléant au tribunal civil de preniiere instance de Rennes, enfin conseiller de préfecture a Quimper, par décret impérial du 21 mars 1806 {.rloml. unie.)
— « Mais tout cela, rapporte son biographe, n’est, à vrai dire, qu une minime partie de l’existence de Laennec • et pour suivre et comprendre cet esprit si vif, si enjoué si lolatre quelquefois, si mobile et si inconstant toujours, il lautl aller chercher dans ses écrits, un peu dans ses excentiicilcs, toujours dans l’elan d’un cœur ardent, droit et plein de zelepour tout ce qui souffrait. Nous sommes resté souvent étonné de la fécondé activité qui dévorait cet esprit facile et klger, SI longtemps aimé de tous les Bretons pour ses c ansons, ses petits poèmes, ses épithalames et ses sonnets. Son esprit pétillant se prenait à tout ; et en meme temps que Ion trouve dans les innombrables feuilles où il déposa ses
pensées, des mémoires et des traites complets sur le domaine coneéable, sur les lois maritimes et l’ordonnance de ib81, on voit poindre dans l’inépuisable mémorandum de sa longue carrière, ici tout un traité d’éducation en faveur de ses deux fils, qui remportaient la même année, à Paris, le prix d honneur de littérature française elles doubles prix de pathologie et d’anatomie à l’école de médecine ; la une serieuse et intime correspondance sur les habitudes et le caractère de l’aimable société qui jeta ses dernières fleurs sur les années antérieures à la crise de 1789; plus loin des notes, des dissertations, toute une chronique jour par jour, heure par heure, de ce qui se passa au sein des cités bremnnes, depuis les premiers jours do la Révolution jusqu à la Terreur. Léger, prompt à tout saisir, rieur et cependant moraliste, Laennec, dans sa correspondance comme dans ses annotations plus calmes sur les évènements, se dessine partout, en parlant de ses mariages ou de ses enfants, de ses biens mis sous le séquestre ou de ses succès au club (car il s y eleva jusqu’à des présidences;, comme l’homme le plus insouciant elle plus hardi à la fois, courant au tribunal révolutionnaire défendre une jeune femme d’émigré dont il fait sa propre compagne, et rédigeant en vers et en prose des adhesions pour les clubs qu’il anime de sa pensée, riant ainsi jusque dans le danger, et se montrant néanmoins homme de cœur et du vieux monde.
(( Comme avocat, il se montra plein de courage et d energie dans sa belle défense de l’abbé Coroller, qu il parvint à soustraire aux juges de la Terreur.
« On a aussi conservé en Bretagne le souvenir de son mariage avec mademoiselle Urvoy de 8aint-Bedan, qui chanta si souvent sous le nom de Julie, et celui de la résolution avec laquelle le président du club de Quimperle, triomphant du comité révolutionnaire de ce district, arracha à sa poursuite et aux confiscations dont il la menaçait, la proscrite, dont il fil sa femme. » {Biogr. biet. de Lecqt).
Air : J’ai vu souvent dans mon voyage.
Divinilés de ma jeunesse,
Grâces, plaisirs, folâtre amour.
Vous dont aux rives du Pormesse En tapinois je suis la cour,
Venez, muse vive et légère,
Enfler des pipeaux plus hardis:
Daignez inspirer un bon père Chantant le bonheur de son fils.
Du soleil la marche moins lente Avait dépassé le Verseau ;
Les lestons, la fleur odorante Ont paré ce jeune berceau.
Longue suite de jours prospères A mon avenir sont promis:
Triomphe! au plus heureux des pères Le ciel vient d’accorder un fils.
a été composée par uil vieillard de près de douleur, a dix-huit mois de là. de perdre son renommée et daus toute la gloire du succès
Tous les arts ont pour lui dos charmes:
Lequel va captiver son choix?
Du Couëdic (a) l’appelait aux armes.
Nos aïeux au Temple des lois.
Cette fois Minerve a la pomme ;
Négligeant et Mars et Thémis,
Soulager les douleurs de l’homme Fut le premier vœu de mon fils.
Du temps la merveille nouvelle (b)
A son œil savant apparaît ;
La nature, un dieu lui révèle Des corps humains le grand secret.
Aimé du peuple, aimé des princes, lîordeaux le dispute à Paris ;
Sur Paris et sur nos provinces Règne le talent de mon fils.
üoim révérend qu’aimable père (c)
A son génie, à sa gaieté.
Reconnais le fils de ton frère ;
C’est ta candeur, c’est ta bonté.
Alors que ta noble faconde Charmait tes élèves ravis,
Nos bretons disaient à la ronde :
Du vieux Bougeant c’est bien le fils.
(a) Mon fils est parent du héros de la Surveillante.
(b] I, auscultation médiate.
{cj Le pore Bougeant, grand-oncle de mon fils.
Ce vers est de üresset, dans son épilre au jésuite célèbre.
Aux arts, à l’honneur de notre âge Conservez ce présent des cieux ; Femme spirituelle et sage Voiliez sur ses jours précieux.
Et toi, dont l’arnilié fidèle A consolé mes longs ennuis, Lève-toi, ma bonne Michelle;
De tes mains viens bénir ton fils.
S’il faut que ton ami te suive,
O Michelle, Cornus en deuil.
Des amours la troupe plaintive Vont écrire sur mon cercueil :
« Repose, mortel débonnaire !
n Veut-on savoir go que tu fis ?
« Chanter, dormir et ne rien faire;
« Mais Hippocrate fut ton fils. »
Favori d’une muse obscure.
Sans envie et sans envieux.
Comment puis-je éveiller l’injure D autant d’ennemis furieux?
A qui veut me réduire en poudre Portons de solennels défis;
L’heureux vieillard brave la foudre Couvert des lauriers de son fils.
Théophile-Marie Laennec est mort à Saint-Brieuc, le 17 février 1836, à l’âge de 90 ans. De sa première femme, Michelle Guesdon, il avait eu trois enfants :
1“ René-Théophile-Hyacinthe Laennec, l’inventeur de l’Auscultation ;
2» Michel-Marie Bonavenlure Laennec, né le 14 juillet 1782, fut tenu sur les fonts par M. M*’ Marie-Alexandre Laennec, son aïeul paternel, et dame Anne-Marie Guesdon, veuve d’écuyer Jean-François-Germain du Val de La Potterie, ancien officier au régiment Royal-la-Marine, infanterie, sa tante maternelle.
3“ Marie-Anne Laennec, née le 7 octobre 1785,
YII. René-Théophile-Hyacinthe Laennec, sieur de
Kerlouarnec, naquit à Quimper le 17 février 1781. Il eut pour parrain M. M' René-Félix Guesdon, sénéchal des Regaires de Quimper, aïeul maternel, et pour marraine dame Hyacinthe-Claude-Renée-Guillemelte des Landes , dame Laennec II devint successivement médecin des hôpitaux de Beaujon et Neckcr, professeur à la faculté de médecine de Paris et au collège de France, enfin médecin de Son Altesse Royale Madame la duchesse de Berry.
Le jeune Laennec trouva dans son oncle, le doctepr Guillaume-François Laennec, l’appui dévoué que demandâit la laborieuse carrière qu’il voulait entreprendre, et lors de l’organisation des hôpitaux militaires, ce fut sous sa direction qu’il commença 'a visiter les malades et à se livrer a l’étude de l’anatomie. Venu à Paris en 1 année 1800, u s’aperçut bientôt qu’il fallait une base solide aux connaissances médicales. Pour les acquérir, il se mit à refaire ses humanités ; et, avec ce courage et cette constance qui n appartiennent qu’aux intelligences fortement trempées, il apprit le latin à fond et devint helléniste habile. Il s’adonnait en même temps à l’investigation de la langue celtique dans ses dialectes principaux, à l’exemple de Gorret de La Tour-
tl Auvergne et de le Gonidec. D’aucuns prétendent du reste, que des amateurs ont fait depuis lors du breton 'tout comme feule perruquier Jasmin - décoré et pensionnétaisait du gascon. Les comparses réussissent partout parait-il. Mais ce n’est pas notre alfaire. Passons. En 1801’ Laennec rapporta les deus premiers prix de médecine et de
Hip^oTratr’
~ « L Ecole de Paris au commencement de ce siècle écrivent les rédacteurs de la Biographie bretonne, se partageait en deux grandes divisions qui formaient comme deux corps séparés, rivaux pourtant plutôt qu’ennemis. On ne s était pas encore avisé de ces luttes passionnées jusau’a 1 injure qui signalèrent plus tard l’invasion de la doctrine anc physwiogique. Chacun des deux partis avait pris soit
le nom de son chef, soit celui du lieu
particulièrement les enseignements respemifs!^ Il*7'a^vait
ÉrsXéirièT'''''’^ ""
« La première professait le culte des traditions hinnocratiques; son grand moyen était l’observation. Elle était humoriste dans de certaines limites et croyait aux crises et aux jours critiques ; mais elle admettait les progrès de la science et acceptait avec empressement les faits nouveaux bien observes, les procédés nouveaux bien éprouvés.
« L’autre se qualifiait de médecine philosophique: sa iriethode de prédilection était l’analyse ; elle divisait, subdivisait les maladies, les rangeait par classes, ordres genres especes et variétés. Elle enseignait le solidisme à'peu près exclusif et assignait un siege déterminé à presque toutes les inaladies ; en sorte que les affections pathologiques qu’elle admettait encore ne pouvaient figurer sur les tableaux nosologiques que dans une sorte d’appendice intitulée • Maladies tuaelerminées.
« Le sujet que Lacnnec traita dans sa dissertation inaugurale fait voir assez sous quelle bannière il s’était rangé. Il fut en effet un des élèves les plus éminents de l’école de La Charité, et il resta fidèle à ses doctrines jusqu’à la fin de sa glorieuse carrière.
« Le docteur Laenncc avait conservé l’intégrité de ses convictions religieuses ; il était catholique fervenç pratiquant. A son arrivée à Paris, il s’était lié avec des étudiants qui partageaient ses piincipes. Je me borne à citer parmi eux le bon et savant docteur Brulé, de Rennes, qui depuis s’engagea dans les ordres sacrés et est mort évêque de la Nouvelle-Orléans. Ces jeunes étudiants, devenus docteurs, restèrent unis par les leçons d’une vertueuse amitié, et ils formèrent comme une pléiade de médecins religieux dans un siècle tout imprégné de l’incrédulité railleuse du philosophe de Ferney. Il y avait du courage alors à se déclarer catholique.
(( Corvisart aimait à s’entourer des jeunes confrères qui lui semblaient des hommes d’avenir ; Laennec et ses amis obtinrent l’honneur très-envié de son intimité.... Le chel illustre de la clinique de La Charité était doué d un tact médical admirable. Son d,iagnostic était si sûr, qu’au moment de ses autopsies, il annonçait d’avance à ses nombreux élèves et il leur décrivait presque les désordres organiques qu on allait rencontrer. Il arrivait bien rarement que l’evènement ne confirmât pas sur tous les points les prévisions du grand praticien.
« Il ne se pouvait pas que Laennec, doué lui-même d’un esprit sérieusement observateur et d’un jugement aussi prompt que sûr, ne fût pas frappé de ces résultats qui se renouvelaient fréquemment sous ses yeux, qu’il ne réfléchît pas profondément sur la relation qui existe entre les phénomènes morbides et les altérations matérielles qui en sont ou la cause ou l’effet.
« Il possédait la science de l’anatomie proprement dite cultivée à cette époque avec tant d’ardeur dans l’Ecole dé Pans. Il voulut y joindre la connaissance approfondie des desordres engendrés par la maladie dans la partie matérielle de 1 économie animale. A dater de ce moment, l’étude de 1 anatomie pathologique devint son goût dominant et l’objet de prédilection des travaux du reste de sa vie. »
La réputation de Laennec ne tarda pas à se répandre : en 1812 il fut attaché à la collaboration du premier dictionnaire de médecine, auquel il fournit une série d’articles remarquables et dans lesquels il exposa ses vues sur l’anatoinie pathologique.
Au mois de février 1815, Laennec communiqua à la société de l’école les premiers résultats obtenus par l'application de l’acoustique à la connaissance des affections thorachiques. Des lors pour la médecine s’ouvrait une ère nouvelle. A la place du champ toujours si vaste des conjectures et se prêtant sans fin aux systèmes les plus opposés, aux théories les plus extrêmes, la précieuse découverte de Laennec substituait la certitude et la vérité. Désormais on avait la de de 1 histoire pathologique ,des organes que renferme la poitrine.
« En effet, dit M. le docteur Pariset, en parlant de 1 auscultation, appliquez ici ou là l’oreille sur la poitrine, écoutez les impressions qu’elle reçoit; vous entendrez les bruits les plus étranges : des retentissements de caverne ou d’amphore. des murmures, des gargouillements, des ronflements, des sons de basse, des tintements de métaux, des râles, des souffles, des raclements et des cris de râpe; et si vous faites parler les malades, vous entendrez des VOIX incertaines, entrecoupées, chevrotantes et contrefaisant ainsi par leur timbre les cris de certains animaux; vous entendrez des éclats de voix qui viendront vous frapper brusquement comme s’ils avaient percé la poitrine. Les bruits de toux prendront les mêmes carac-
,;.rcs En un mot, où que soit la lésion, quels qu’en soient h nature, le degré, l’étendue, l’action sur les pailies ™,ironnanles; quelle qu'en soit “'"P.''™ ""'“/r' nlication tenez pour certain que 1 air qui entre, que, l air fiui soit,’que l’air rendu sonore par la toux ou transforme 3n M ou en parole, recevra du dérangement inteneur Z cachet qui ^ous dira tout, qui vous instruira meme par son silence. »
Ainsi, Laennec, au milieu de ce bruit confus ^e
souffles de râles, parvint à donner a chacun deux un caractère particulier, une signification propre ; d ^ut trouver ainsi, en quelque sorte, dans chaque
„min qui en révélait l’existence ou qui en trahissait la natui|. Avant de s’engager au milieu du cahos qu il «o
brouiller, il du?mesurer ses forces “«diher, perfec^^^^^^^^^^^ ses moyens d’exploration ; la simple application de ‘ Je sur les parois thorachiques l’amena a "“bstitucrl emploi d im cylindre intermédiaire, et ^e fut, le 14 mai 1815 qu 1 h le premier essai du stéthoscope, apres avoir, quinze jouis a„?Lv.„.. don™ à la socWlé de ficole lec.nro d en mémoire sue rausciillalion. Vn rouleau de papier “
Ciemem serré, fui, dan. le principe, I msiromen don. d se servait ; l'une des eilremiles du rouleau élan place conlre sou oreille; il appliquait laulre ,
noitrine ou’il se proposait d examiner. — Ea piemiere « fois dk-il, que ] employai ce moyen, je fus aussi surpris » que satisfait d’entendre les battements du cœur d une tna-
» iière beaucoup plus nette et plus fl»« 3® “^ •*;
« vais jamais faU pr l’application immédiate de 1 orc^d^le Je » prévis de suite (jue ce moyen pouvait devenir “«e théorie 1, utile et applicable, non-seulement a 1 éludé des hatiements ,( du cœur, mais encore à celle de tous les mouvements qu P uvmit produire du bruit dans la cavité de la poitrine : ^t Jar conséquent à l’exploration de la de la
« voix, du raie, et meme de la présence d un liquide (jui « serait épanché dans les plevres ou le péricarde, a
Les prévisions de I,aennec ne furent pas tromnéos Nonimç, en 1816, médecin de l’hôpital Beaujon et peu apres de l’hôpiial Necker, il marcha avec opiniâtreté a la solution du problème qu’il s’était proposé et dont il ne se dissimulait pas les sérieuses difficultés. Il fit des maladies de poitrine son etude spéciale. ; il y concentra toute son intelligence, et des résultats immenses, inespérés, couronnèrent enfin ses efforts et ses travaux.
L’activité que le studieux savant déploya pour se rendre maître de tous les secrets, de tous les mystères qui ont leur siege dans les viscères thorachiques est inouie. C’est à peine si l’on peut comprendre comment une constitution Ireie et maladive telle que la sienne a pu résister à tant de latigues. Sourdement travaillé lui-méme parles souffrances de fa cruelle affection qu’il poursuivait dans ses ardues recherches partout où il en soupçonnait l’existence, son zèle ne se ralentit pas un seul insiant. On eut dit qu’à mesure que son,organisation physique se détériorait, son esprit par une sorte de compensation toute providentielle, acquérait de nouvelles forces, une plus grande vigueur. Le Traité d’Aitscullation mediale, qu’il publia en JM9, et dans lequel sont consipees ses intéressantes découvertes, fit une sensation des plus vives dans le monde médical, tant en France qu’à . 1 etranger. De tous les points du globe, des États-Unis, de
la Bussie, de l’Allemagne, de l’Angleterre, de l’Italie les docteurs accoururent à Paris pour étudier sous la direction de Laennec, et tous rapportèrent dans leur pays la nouvelle des progrès opérés par le stéthoscope.
Mais la carrière de Laennec louchait à son terme; la phthisie pulmonaire dont il portait le germe depuis lontrlemps, jetait chaque jour en lui de nouvelles racines et le lorça d interrompre ses travaux. En 1820, il alla demander a son pays natal une santé, hélas ! perdue sans retour. Deux ans plus tard, croyant à une amélioration sérieuse, il revint à Pans. Le médecin de M"'' la duchesse de Berry, le docteur
Halle, presaenlant sa fin prochaine, désigna Laennec pour son successeur au college de France et comme le plus digne pour le remplacer auprès de Son Altesse Royale.
A cette époque, une ordonnance du roi ayant modifié la Faculté de médecine de Paris, Laenncc fit partie de la commission chargée de la reconstituer sur de nouvelles bases. Nommé lui-même professeur de la chaire interne qu’avait illustrée Corvisart, il reprit ses travaux avec ardeur. A ses leçons se pressaient, en foule, studieux élèves et médecins distingués. Mais bientôt les forces trahirent le courage du vaillant professeur ; c’est en vain qu’il tenta de lutter contre le mal dont les rapides progrès devaient le conduire au tombeau. Laennec regagna la Bretagne et, le 13 août 1826, il rendit le dernier soupir au manoir de Kerlouarnec, près Douarnenez (I ). — « Homme rare, dit encore M. Pariset, « que recommandaient, avec tant de talent, tant de qualités « respectables, surtout la justice, et la tolérance ; homme » singulier, d’une petite stature et d’une complexion frêle, « qui, dédaignant l’intelligence subtile et forte dent l’avait « doué la nature, mellau son orgueil à exceller dans les Il exercices du corps, dans les arts d’agrément et dans quel- « ques industries mécaniques. »
Le docteur Laenncc avait épousé dame Jacquetle Guichard-Guégueri, née à Brest en 1779, morte à Kerlouarnec, le 2 août 1847, et inhumée aux côtés de son mari dans le cimetière de Ploaré.
(I) Le manoir noble de Kcrlouarn liabité, en 1679, par Jacques llalna, Louise Madcc, sa fem— ''
Philippe de Keileuguy, antérieureinent — ..
en la paroisse de l'Ioarc, était [ycr, sieur du Frelay, et dame Celle-ci était veuve en premières noces de : de Kerousseau (Tcrr. de Jiret.). — Il existait famille de ce nom. Armel de Kerlouarnec,quiyivai
commencement du quirizicine siècle, eut pour fils Guyomar de KerTouarncc, lequel fit transport à Jean de Bennerven de tous ses droits en la succession dudit Armel, moyennant la somme de trois cents ccus d or, sous la réserve du droit de racllkt pendant dix ans (Coll, de D. ViUevmlle.). Cette fqraille de Kerlouarnec parait être éteinte depuis lopgtem.ps,
A quoi bon, nous demanderont peut-être quelques gens prévenus ou superficiels, à quoi bon s’étendre complaisamment sur 1 origine de la famille d’un homme, quand sa simple biographie suffisait ?
A quoi bon ? Mais parce qu’il nous semble qu’un trav'ail quelconque doit former un tout ; en d’autres termes, qu’une elude doit embrasser toutes les phases du sujet. L’homme dans sa biographie simple, pour suivre notre comparaison première, ne ressemble-t-il pas à un tronc d’arbre d’une belle venue, mais enfin .sans ses racines, privé de ses branches et dépouillé de son feuillage ? Nous ne comprenons que l’arbre entier et dans son envergure la plus complète. Du principe naît la force et la force fait la puissance et la durée.
Ceci dit, nous pourrions nous arrêter. Nous avons tenté de faire un essai généalogique et biographique, aride en soi. c est vrai, mais profitable au demeurant. Toutefois, nous croyons devoir encore, au point de vue historique, expliquer ici diverses qualification émises dans les actes susenoncés, qualifications jadis usitées, employées même dans les actes publics et qu’à notre époque, au fond plus chatouilleuse que démocratique, on taxera peut-être de qualifications... féodalesavec tous les prétendus privilèges y attachés. Erreur. Le moyen âge, qui fut une ère solide, sérieuse, pleine de force et de raison, lumineuse et lucide à la fois, le moyen-àge, disons-nous, n’a rien à faire dans les qualifications dont se parait, aussi bien que la noblesse, la haute bourgeoisie du dix-huitième siècle.
En Bretagne, -— postérieurement au quinzième siècle du moins, contrairement à l’usage de presque toutes les autres provinces, la qualification de « noble homme u n’entraînait nullement le titre de noblesse, pas plus qu’à cette heure la particule et les surnoms octroyés. Le fait se trouve formellement établi dans un arrêt du 29 juillet 1729 relatif aux Riou de Kerouant, où il est dit que « tous les bourgeois de la province (de Bretagne) prennent le titre de
nobles hommes dans les actes, sans que cette qualité de nobles hommes soit attributive d’aucun titre de noblesse, et nue les sentilshommes se servent “"J;’’ lilieg. des arrêts du Conseil d’Etat h, 2099, Arch. de
^ ^Lfcrualité de (f maître « et même de « monsieur maître » appliquée dans les provinces méridionales à la magistrature en synonimie de celle d’éc«î/er,n’indiquait pas davantage le titre de noblesse.
Quant à l’appellation de .. sieur » de tel lieu — sieur étant un diminutif modeste de « seigneur », elle n impliquait nullement le susdit titre de noblesse, en ce qui regarde a Bretagne et la Normandie, où cette appellation a ete de tout temps en usage et même d abus excessif.
Parmi les milliers de suppliques en addition de noms qu’a provoquées la loi de 1858, et où l’on voit figurer un certain nombre de bretons, il est des demandeurs qui pour se donner la particule — en simulacre sans doute du titre de noblesse - ont dû obtenir la faveur de quatre noms, que la loi incomplète à cet égard, devrait tout naturellement ce nous semble, forcer à porter et a signer en tout et partout. De cette façon l’illusion ne serait plus possible et chacun y v errait clair. Le litre de noblesse n est plus aujourd hui qu un avantage, relativement obligatoire; c’est, en outre, un grand souvenir qu’il n’est pas P™
Or, cela est quelque chose. Abolissez donc tou a fait ce titre, ou bien n’en permettez pas les
sortes d’usurpations ou, si 1 on préféré, ^ ’
profitables aux intéressés, parait-il, puisqu elles démangent tant de gens, ne réveillent trop souvent dans les masses qu’un sentiment de critique hostile et ^ 1® binais
dépréciation injuste sur le passe. La vanité ne j la grandeur.
Donc, en Bretagne, aux derniers siècles, tout ac^iereur d’un loppin de teril d’une bicoque avec un courtil,
dans l’habitude d’ajouter à son nom celui du pré ou de la case qu II venait d’acheter. Cette habitude pi^cîeSL l sorte de décalqué posthume du moyen-àge, — s’est soimieusement conservée et ceci explique comment il y l nSé 1 extinction journalière des familles anciennes, tant de inL- Vdîe'has^'’ .^^‘''“pclos, de Beauvallon, de la
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' Nous le déclarons ici en foute sincérité historique, la
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men^ etrangers a la classe qu’on appelait autrefois la classe
Au reste, qu’y a t-il de changé dans la société moderne ? Le mot. Au mot noblesse on a substitué ceux-ci ; dùiinctions honorifiques , et 1 histoire des distinctions honorifiques sera fort curieuse a lire, si jamais elle est écrite. Comment, par exemple, en plein dix-neuvième siècle, faire accorder rrn L ''''''' ''«'.''«ndications égalitaires et démo-
cratiques . Aux qualifications domestiques ont succédé les distinctions honorifiques. Or, les premières, à la longue a mesure qu elles s’éloignaient de leur principe et qu’eile.s perdaient leur raison d’étre, étaient devenues, par abus ou
O dem plupart, autrement dit elles
étaient tombées dans le domaine public. De cet état dissolvant était resu tee une certaine égaliié par l’orgueil, que les « distinctions honorifiques » tendent à détruire ïpso facto.
Ah ! si le mensonge ne comptait pas avec trop de certitude sur 1 Ignorance ; si la faveur ne prenait pas trop souvent la place du mente ; si I intrigue et la sollicitation ne se substituaient pas trop fréquemment à la discrétion et à la conscience, a la bonne heure ! Sous l’ancien régime on disait -.la faveur! Aujourd’hui on dit : népotisme! Lequel vaut le mieux ? t
Et cependant on met sans cesse en avant le mot « égalité.)i Mais, c’est le mot le plus étrangement paradoxal qu’on ait jamais appliqué au caractère français par la plus monstrueuse des antiphrases. — « La nature de l’homme, disait Montesquieu, est de demander des préférences et des distinctions. ') Nous ajouterons avec l’expérience des révolutions que n’a pas vues Montesquieu, que la nature du français est d’envier et de vouloir à tout prix s’élever au-dessus de son semblable. On pourrait appuyer le fait d’un volume d’exemples vivants. Il suffit.
Nous n’avons cherché dans ceci qu’ci expliquer les qualifications débonnaires de l’ancien régime venant aussi bien du fait de la noblesse que de la bourgeoisie, et constater en passant que si la forme a changé, le fond est resté le même, car le fond c’est la vanité, n’importe l’origine.
Notre époque de progrès a vu bien des transformations, La langue, elle-même, a subi les acceptions les plus variées et quelques mots entre autres sont devenus d’une élasticité singulière ; patrie, liberté, gloire, honneur, dignité, succès, etc. Par exemple, entre le dévoué de la veille et le disgracié du lendemain il y a un abîme ; deux mots bien simples cependant.
En résumé, celte appendice n’est nullement, on le comprendra, pour amoindrir le lustre des familles dont le nom a passé sous notre plume, à propos du savant docteur Laennec. Plusieurs même de ces familles — croyons-nous, et nous en avons expliqué le sens — remontent aux âges de la chevalerie; elles ont, dans tous les cas, des affinités indubitablement nobles. Nous n’avons donc voulu qu indiquer la portée de ces qualifications et de ces surnoms dont se paraient, à l’envi, à la dernière heure aristocratique, classes et individus, voire même les philosophes, les encyclopédistes et jusqu’à MM, les comédiens, les Voltaires, comme les d’A.lcmberts, comme les Molières. En France on aime a
moure sur de petites choses des mots sonores. Cela est toujours drôle, mais c’est bien porté et — brochant — trèspeu démocratique.
Maintenant, quelques mots à propos du monument de Laennec, érigé sur la place Saint-Corenlin de Quimper.
On peut dire que les honneurs suprêmes d’une statue sont venus tardivement remuer dans sa tombe l’inventeur de l’auscultation. En effet, ce n’est qu’après quarante ans d’oubli que sa mémoire s’est réveillée. A Quimper même, qui donc songeait au savant que personne n’y représente plus de nom, et dont à peine se souviennent quelques rares vieillards ! Les Laennec sont devenus nantais. L’oncle de René-Théophile-Hyacinlhe y a conquis pour ses descendants une naturalité honorée. Mais à Quimper, plus rien.
En se rendant à Douarnenez, on traverse la commune de Ploaré et, avant l’arrivée au bourg, on aperçoit, à droite, dans un massif de verdure, une grande maison au.v volets fermés. On sent que les maîtres sont absents. Hélas ! ils n’y sont plus ! C’est le manoir de Kerlouarnec. Ces volets clos au milieu d’une nature luxuriante, toute parée des grâces du mois de mai, au-devant du soleil qui rit, des fleurs qui s’épanouissent de toutes parts, des oiseaux qui chantent, ces volets fermés nous ont paru former un contraste étrangement triste. A quelques pas de là se trouve le bourg de Ploaré, avec sa vieille église battue depuis des siècles par 1 âpre vent de mer, et à laquelle la prudence locale a ajouté un paratonnerre en haut et un tuyau de poêle en bas.
Le même silence et le même oubli régnent autour de la tombe du docteur, placée au centre du cimetière de Ploaré. Sur la modeste pierre qui recouvre sa dépouille mortelle on lit, déjà rongée par le temps, l’inscription suivante :
Ici repose le corps
de René-Théophile-Hyacinthe LAENNEC, Médecin de S. A. R. Madame, duchesse de Berry, lecteur et professeur royal en médecine, au collège de France,
professeur de clinique à la Faculté de Paris; de l’Académie royale de médecine, Chevalier de la Légion d’honneur, né à Quimper, le 17 Février 1781, mort a Kerlouarnec, le 13 août 1826, et dame Jacquette GUICHARD, son épouse, née à Brest en 1779, morte, à Kerlouarnec, le 2 août 1847,