I.K PODESTAT
Allez à tous les diables, et sorlez sm-le-champ l une et l’autre!
VKItON IQDE, à I.ameiic.
Vous eutemlez, inademoiselle...
LE PODESTAT
Sortez aussi, ma mie; voies ne viilez pas mieux qu’elle!
LAL’RETTE
Moi, je soutiens qu’ils sont rouges!...
LE PODESTAT, enfcrmanl Lamelle lUin un caLinel à ilroile.
Encore!...
Et moi, qu’ils sont jaunes!
LE PODESTAT
Ah! femelles maudites!... moulins à paroles!... (ii enfeime
Ve’roniquc dans un cabinet a gauche.) EllCS VOIlt Carilloniiei' le TCSle
du jour!... La peste soit des deux bavardes!... Ah! je pourrsd dire enûii ma phrase... (Grasemem.) Je vous prie, Véronique, de vous appi èter à recevoir le dorhestique que le docteur Julep nous a recommandé... Et le pauvre diable qui attend là... dans l’anlichambre. (Allant à la porte.) Allons, viens, mon garçon , ne crains rien, il n’y a plus de femmes ici!... toutes sous clef et à double tour!
SCÈINE IV.
LE PODESTAT, PASQUIN, un bandeau sur l'œil.
PASQUIN, caillant.
Me v’ià, excellence!...
LE PODESTAT, le icgaidanl.
Beau garçon, vraiment!... un peu pataud... l’air trèsbête... mais beau garçon!... Allons, avance donc plus près .. là... ici!
P.ASQUIN, avançant lentement.
Ah! j’ veux bien! J’ sais marcher sans avoir appris...
H-CEISE IV
LK l’ODESTATj le faisaut piruucller.
Comiue ç’çst élablil.., corame jc'est construit!. .. qi.els pieds!... quelles mains!...
.. PASÜOIBi,
Ah! faut pas me faire virer comme ça, parce que je tomberais, da !
LE PODESTAT
Il tomberait, da!... La rusticité de son langage m’enchante !... Mais que diable as-tu donc sur l’œil?
PASQUIN
C’est un horion que j’ai attrapé en donnant une danse à un dragon ! Je lui ai enfoncé treize côtes et brisé treize dents !
LE PODESTAT
Et pourquoi ce tournoi?
'PASQUIN
Pour rien... Je ne peux pas voir un militaire en face sans entrer en fureur... je deviens bleu, et je cogne !
LE PODESTAT, » part.
Bravo!... Je lui présenterai le capitaine Silvio! (nam.) Et comment te nommes-tu?...
PASQUIN
Je m'appelle Pasquin donc !
LE podestat.
Et tu es fort?
pasquin.
Oh que oui!... quand je donne un coup de poing, on
le sent, da!... (ll appllfoe on eoop de poing aar i'ëpaulo du Podestat.)
LE podestat, criant.
Aïe! aïe!... Ah! diable, oui, tu es fort! Je te trouve très-fort!... je te trouve même un peu trop fort!
PASQUIN, avec oœ naive Hortc.
ie tue un heeuf du premier coup! mais... (remuam son gouidin) quand je donne un coup de bâton !...
ÇE PODESTAT, lui arrdtaat ie bras.
C'est bien, mon ami, c’est bien! Je te crois! mais ne joins pas le geste À la parole... Laisse ià ton gourdin!...
il est assez joli, du reste, et à l’occasion il pourra servir sur des épaules que je te recommanderai... Or ça, maintenant, que sais-tu faire?...
P ASQUIN
Ah! bien des choses, allez!...
C^uplels.
Je sais luonter les escaliers Et je sais aussi les descendre ;
Je cire très-bien les souliers;
G’ qu’on n’ me donn’ pas, je sais le prendre;
Je fais avec beaucoup d’ talent
Cuir’ les pomm’s de terr’ sous la cendre ;
Quant aux bûches, j’en fais serment.
Nul ne sait mieux que moi les fendre.
Mais, pour vous rassurer.
Je dois vous 1’ déclarer :
J* suis encor plus honnête Que je n’suis béte.
Si j’ n’étais pas très-eniété.
J’aurais un charmant caractère ;
Mais quand on m’ dit : Va d’ ce cûté,
J’ pars tout d’ suit’ du côté contraire.
Ah ! nous n’ sommes pas encore au bout De tous les talents dont j’ dispose :
Car DOD-seurment je sais fair’ tout.
Mais j’ sais encor’ fair’ bien autr’ chose!
' Ah I pour vous rassurer, etc.
LE PODESTAT
Allons, tuas des connaissances ti'ès-variées... trop variées même... mais ton dernier argument me décide... Je te prends pour ta bêtise... je veux dire pour ton honnêteté!... Ah! quelques questions encore... Tu ne te laisseras jamais.corrompre par des dons suborneurs?...