SCÈNE VIII
BARBANTANE, LIA, puis FABIEN.
BARBANTANE
A nous deux, maintenant, maître Fabien! (à Lia.) Qu’il m’attende. [Il sort par le fond).
LIA
Pauvre Fabien !... le chasser !... lui, qui est fier aussi, autant peut-être que Mme la marquise !... oh ! il y aurait de quoi le faire
mourir de honte !... [vivement). Ah! mon Dieu !... levoici...
( Elle se lient un peu à l'écnrt à gauche), (Fabien entrant du fond à gauche, tenant la lettre d'tnvitation, qu’il parait relire, puis apercevant Lia, il va à elle et lui présente le papier).
FABIEN , avec douceur.
Dis-moi, mon enfant... Que signifie cette lettre?
MA , embarrassée.
Monsieur Fabien...
FABIEN
Il y a là une erreur, n’est-ce pas?... ou cette lettre n a pas été écrite par Mme la marquise de la Reynerie?... ou elle n’était pas destinee à Fabien le mulâtre... au fi l's d'esclave, né lui-ménie esclave... n’est-il pas vrai, Lia?... (Silence). Tu ne réponds pas?
LIA
Tenez, Monsieur Fabien... puisque vous avez deviné... croyezmoi, ne restez pas ici...1
FABIEN, l’observant avec défiance .
Pourquoi, mon enfant, me presses-tu si fort de partir?
LIA
C'est que... ( tout-à-coup ) Dieu!... on vient! oh! allez-vous en, Monsieur Fabien!... allez-vous en ! ... Si vous ne voulez pas qu’on , , vous chasse ! ' , ' ,
FABIEN
Me chasser !..
(A ces mots. Pauline entre par la droite, suivie d’Aurélie.)