SCÈNE XI
BARBANTANE, PAULINE, AURÉLIE , ensuite SAINTE-LUCE, LA MARQUISE et les invités.
Décidément, il est un peu foncé... mais cette nuance ne lui va pas mal... ce serait grand dommage qu’il fût blanc...
BARBANTANE, ébahi.
Ah çà ! mais je crois qu’il s'est mis à la porte lui-même.
AURÉLIE
Enfin, je l’ai donc vu !
PAULINE, bas.
Oh ! que je suis heureuse !
la marquise, entrant par la droite.
Eh bien! Monsieur Barbantane?
bahbantane, fièrement.
C’est fait!
LA MARQUISE
Maintenant ne songeons plus qu'à notre fête.
(Entrée brillante des officiers et des dames créoles, que le chevalier présente à la marquise , à Pauline et à Aurélie, qui les reçoivent et les font placer, là marquise va s'asseoir à droite, Pauline et Aurélie à gauche. Puis, entrent des négresses et des mulâtresses, qui présentent des bouquets à Pauline ; celle-ci les reçoit et les remet au domestique qui se trouve près d'elle. Les négresses se retirent toutes en faisant une profonde révérence, et vont se placer tout à fait au fond.
sainte-luce, gaiment.
Mon cher Barbantane, dansez-vous?
barbant ane, fièrement.
J'ai beaucoup dansé autrefois.
SAINTE-LUCE
Et moi, je danse beaucoup aujourd’hui; c'est un avantage que j’ai sur vous, et dont je profite.
Pauline, assise, â Amélie qui semble l’interroger.
Je ne sais... ce que j'éprouve. i. un nuage, là, devant mes yeux...
AURÉLIE
Tu m’inquiètes.. (Plusieurs officiers ont invité des dames et s’apprêtent à danser.)
sainte-luce, s approchant de Pauline.
Belle cousine... je réclame le privilège de la parenté . Daignerez-vous danser avec moi ?
PAULINE, se levant.
Chevalier..
AURÉLIE
Mais non !... demeure... tu es souffrante...
PAULINE, vivement.
Tais-toil... ce serait alarmer ma mère !... ( après avoir essayé de suivre le chevalier, elle chancelle et pousse un cri.) Ah !...
SAINTE-LUCE
Ciel !...
LA MARQUISB-
Ma fille!...
tous, les entourant avec anxiété.
Qu’est-ce donc?
Pauline, une main au front, l'autre à la poitrine.
Du feu!... là!... et là!... J’étouffe !i.. Je... je... meurs (sa parole s'éteint, les forces lui manquent, elle tombe dans les bras de Sainte-Luce qui la fait asseoir.
BARBANTANE, effrayé.
L’épidémie...
tous, avec terreur.
L’épidémie, (saisis d’épouvante, ils reculent tout A coup, puis
sortent de différent côtés. Lia sort précipitamment par le fond , à droite.)
la marquise, tombant à genoux près de Pauline.
Du secours!... ma fille se meurt!... du secours'... un médecin !...
9A1NTE-LUCE.
Un médecin... oui, je cours... un cheval, mordieu! un cheval. [Il sort précipitamment )
Il faut plus d’une heure pour aller à la ville.
la marquise, avec désespoir
Une heure! 1... ( voyant s'éloigner tout le monde) et on nous abandonne!... On laissera mourir mon enfant!! Ah! seigneur! seigneur!... qui donc viendra à son secours?...
lia paraissant et montrant Fabien qui vient du fond.
Lui!...
LA MARQUISE
Fabien ! !
TOUS
Fabien !...