LES MÊMES, PAULINE
Pauline, ne voyant personne d'abord.
Mariée! je suis mariée! Pauvre Fabien !.... que de bonheur il y avait dans >es regards. . . quand I abbé Landry lui a remis l’acte qui nous unit à jamais I un à l’autre !...
sainte-luce, au fond, à Barbanlane.
Votre idée n’a pas le sens commun !
BARBANTANE
Je le crois comme vous...
Pauline, se retournant.
Que vois- je? Aurélie? vous, chevalier... vous ici?
sainte-luce , venant vers elle.
Pardonnez-nous, chère cousine, d'avoir forcé la consigne que vous aviez donnée... Mais le bonheur a ses grandes entrées partout... et c’est du bonheur que nous vous apportons
LIA
Oh! oui, maîtresse!
PAULINE, les regardant
Je ne vous comprends pas
AURÉLIE
Chère Pauline. .. tu es une pieuse et sainte fille... tu as supporté avec la résignation d'une chrétienne l’atlreux malheur qui ta frappée... il y a un an...
BARBANT ANE, bas.
Prenez garde!...
sainte-luce , à Aurélie
Que rappelez-vous là, ma sœur ?
PAULINE
Un souvenir qui ne s’effacera jamais de mon coerr... le souvenir de ma mère... Je n’ai jamais compris qu'on cherchât à éteindre la mémoire de ceux qu’on a aimés et perdus... Tout c-* qui vous les retrace, au contraire, doit être cher et précieux... Aurébe, parlemoi de ma mère... de ma mère, que je vois sans cesse dois mes rêves... Ces mystérieuses appan.ions sont en bit nfaii de la Pio- Vidence..'. et cesl avec une douce joie que je vois arriver la nuit, car, avec le sommeil, je médis : ma mère va venir!..
lia, arec attention.
Les rêves ne sont-ils pas pat fois des avertissemens célestes?..
SAINTE-LUCE
C’e=t cela!
BARBANTANE
Très bien!
AURÉLIE
Ce que nous croyons être un malheur réel , n'est souvent qu'une épreuve que Dieu nous envoie... Dans les rêves Pauline, n'as-tu jamais vu ta mère, soutenue sur lus vagues [>a r une main invisible et puissante, abordant sur un faibe radeau une terre inespérée... puis, Ij, à deux genoux, remerciant le ciel qui laconservaità sa tille?..
, PAULINE, pleurant.
Oh! non ; c’est mourante et me tendant les bras que je la vois toujours...
AURÉLIE
Même dans ton dernier songe .. elle ne t'est pas apparue. . en France, et l’écrivant : Ma fille, sauvée par un miracle, je t appelle, je t'attends ?
PAULINE
Oh ! tais-toi... ce rêve m’aurait rendue folle au réveil
AURÉLIE
Si ce rêve était la réalité...
PAULINE
Ma mère...
AURÉLIE
Pauline... mon amie... du calme...
PAULINE
Achève... Aurélie... on je meurs... Ma mère, as-tu dit ? Ma mère
AURÉLIE
E'Ie existe.
p^UI.ixe tombant à deux genoux.
Elle existe... mon D,eu!... fil** existe!...
8AIXTK-LUCE.
Elle pleure !
LIA
Et ses larmes la sauvent !
PAULINE
Et mon cœur ne me le disiit i*as..
AUIIÉLIE.
Maintenant. .. lis celte letiie de >a mere...
PAl LINE.
De ma mère... oh ! ne craignez rien, ma mère existp, Dieu ne peut pas me tuer avant que je l’aie revue. .. embrassée ., oui, celte lettre est bien d elle... [Elle baise la lettre. ) Lia, appelle tous nos serviteurs... qu’ils viennent... ils 1 ont pleurée avec moi... qu’avec moi iis se réjouissent elremercient Dieu;... va, qu’ils viennent tous!...
( Lia sort par le fond.)
PAULINE
Et toi... Aurélie.... vous, mes amis... rassurez-moi , montrezmoi bien votre joie... pourque je ne doute pim... pour que je sois sûre de ma raison !...
[Elle leur tend les mains.) lia, revenant arec tous les gens de l'habitation.
Maîtresse, voici tout le monde.