LES MÊMES, LIA
LIA, accourant du fond à gauche
Mademoiselle ! Mademoiselle I {S'arrêtant à la vue de la marquise.) Ah ! pardon I
SAINTE-LUCE
Eh! tenez, voici quelqu’un qui peut nous parler du docteur noir.
PAULINE , avec bonté, la prenant par la main.
C'est Lia, Messieurs, ma sœur de lait !..
SAINTE-LUCE
Dis, mon enfant, tu le connais, n’est-ce pas, ce Fabien?
LIA
Si je le connais! lui qui a sauvé tant de malheureux , que tous les autres médecins avaient condamnés... Et dam! c’est tout simple, c’étaient de vieux médecins , très laids... tandis que Fabien est jeune et beau, lui !
sainte-luce, vivement.
Je devine ! Lia est amoureuse du docteur!
LIA
Moi? oh! non! s’il était blanc, à la bonne heure !.. mais un mulâtre !
sainte-luce , riant aux éclats, ainsi que Barbantane.
Ah ! ah ! ah! d'honneur, cest charmant! la mulâtresse a aussi des préjugés !
LA MARQUISE
Qui t’amenait, Lia?
LIA
Je venais, Madame la Marquise , annoncer à Mademoiselle, que
les musiciens de la marine sont là, sous les fenêtres... et qu’ils n’attendent que votre permission...
u aimanta ne, d Pauline.
Pour vous offrir une sérénade.
PAULINE
Oh I de tout mon cœur ' (Elle fait siqne à Lia qui va à la fenêtre et agite son mouchoir ; les musiciens commencent aussitôt.)
. la marquise, aux invités.
Messieurs (Ils remontent pris de la fendre. )
AURÉLIE, arrêtant la marquise.
Pardon .. ma tante !... (Barbantane redescend à gauche et écoule.) LA MARQUISE
Qu’est-ce donc ?
Aurélie, pendant la musique.
Vous m’avez tellement effrayée, que... je mehâto de vous faire un aveu...
LA MARQUISE
Un aveu?...
AURÉLIE
Mon Dieu, oui... je mourais d’envie de voir, de connaître ce docteur noir... cet Hippocrate de couleur, qui a deviné la médecine .. Ne voulant pas devenir malade tout exprès pour cela .. et chargée par vous, ma tante, de faire partir les lettres d’invitation
E our cette fête .. j’avoue... que... j’en ai... adressé une à M. Faien.