‹ Le Docteur QuesnayChapitre 1 sur 128 · QUESNAY, CHIRURGIEN · texte numérisé non relu

QUESNAY, CHIRURGIEN

I. Travaux antérieurs sur Quesuay. — II. Ses Origines et sa jeunesse. — III. Quesnay, chirurgien à Mantes. — IV. La Communauté de Saint-Côme et la Faculté de médecine. — V. L'Académie de Chirurgie. — VI. Quesnay contre la Faculté.— VII. Quesnay reçu médecin.

Il y a une quinzaine d'années nous avons essayé dans un volume : Du Pont de Xemoiirs et l'Ecole Physiocratique^ de tracer rhistoire des Physiocrates et de montrer Tinfluence qu'ils ont exercée sur le XVIII® siècle et sur le X1X^ En prenant pour cadre la vie de Du Pont de Nemours, le plus jeune d'entre eux, le seul qui ait été mêlé aux événements de la Révolution, nous avons pu suivre la marche de leurEcole depuis Tépoque

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de ses succès jusqu'à son déclin; mais nous n'avons dit de ses origines que ce qui était indispensable à notre exposé.

Depuis lors, un nombre considérable de publications ont paru sur les Physiocrates en France et hors de France. Xous avons nous-mème, on nous pardonnera de le signaler, abordé plus complètement que nous ne l'avions fait l'étude des origines de la Phvsiocratie dans diverses études et en particulier dans un volume : Vincent de Gournay.

Nous nous occupons maintenant de Quesnay. La connaissance de sa vie et de ses travaux est fertile en enseignements de tout o^enre.

D'abord chirurgien, il a soutenu contre la Faculté de médecine une lutte qui forme un des chapitres les plus curieux de l'histoire des monopoles professionnels.

Devenu brusquement médecin, attaché à la personne de M""' de Pompadour et à celle A\\ roi, il se mit à plus de soixante ans à vouloir résoudre les questions sociales les plus ardues, et à Versailles, dans le palais de Louis XV, il entreprit de détruire les méthodes gouvernementales en usage. Il

remua alors une foule d'idées, et trouva aussilôL un nombre considérable « d'athlètes» pour Faider dans son œuvre.

Comme défenseur de la Corporation des chirurgiens et comme écrivain médical, il aurait déjà une place honorable dans l'histoire des idées. Comme économiste et comme philosophe social, il en a une très importante ; on peut le classer parmi les grands penseurs de tous les temps.

Jusqu'à ces dernières années, on savait peu de choses sur sa famille, sur sa jeunesse^ sur son extrême vieillesse.

Sa vie n'était guère connue que par trois Éloges ' écrits en 1775, quelques mois après sa mort. Or il suffit de comparer entre eux ces trois Eloges pour constater qu'ils ren-

1. 1" Par Grandjean de Fouchy, secrétaire de TAcadé mie des Sciences; publié en 1778 dans VHisioirc de cette Compagnie, à l'année 1774 ;

2" Par le comte d'Albon, neveu de M'" deLespinasse [Noucelles Éphènièrides du Citoyen, 1775) ;

3° Par De Romance, marquis de Mesmon, 1775.

Ces éloges ont été reproduits par M. Oncken, en tête de son édition des Œuvres économiques et philosophiques de Quesnay avec des extraits des Mémoires de M"* Du Haussetet de Marniontel et VE toge funèbre de

ferment aux mêmes endroits des lacunes ou des invraisemblances. Il est visible qu'ils ont été rédigés d'après une note unique fournie par la famille du défunt et que, dans cette note, certains faits ont été embellis, certains autres volontairement laissés dans Fombre.

Ainsi, la présence de Quesnay chez M""^ de Pompadourpendantquinze ans est dissimulée par les panégyristes ; la lutte très vive qu'il a soutenue au nom des chirurgiens contre la Faculté de médecine, pendant un laps de temps aussi grand, est à peine signalée par eux.

Depuis que l'attention des érudits s'est portée sur les Physiocrates, des trouvailles curieuses ont été faites, en ce qui concerne Quesnay, dans les localités qu'il a habitées, à Méré, à Mantes, à Versailles, à Paris, par plusieurs membres de la Société archéologique de Rambouillet et par plu-

Qucsncuj, par le M*' de Mirabeau, tiré des Noucelles Ephèincridcs de 1775. — La Petite bibliothèque économique contient un recueil d'œuvres choisies de Quesnay avec introduction de M. Yves Guyot : Quesnay et la Phj/siocratie.

sieurs archivistes\ L'éditeur de ses Œuvres économiques et philosophiques^ M. Oncken, s'en est déjà emparé pour écrire une biographie qu'il a du successivement compléter et rectifier ^ Un des chercheurs, M. Lorin a, de son côté, groupé les résultats des découvertes opérées par lui et par d'autres dans un travail fortement documentée 11 a eu entre les mains la note remise aux auteurs des Eloges écrits en 1775. Le rapprochement d'un passage de l'un d'eux'' et d'un passage de la note ne peut laisser de doutes ; elle est de Hévin, gendre de Quesnay, et dès lors s'expliquent les dissimulations et les embellissements des panégyristes.

Quesnay est mort au début du règne de Louis XVI; Hévin, chirurgien de Madame,

1. Le comte de Dion, M. Maurion de Laroque, M. Grave, M. J. Maillard, M. Couard-Luys, M. Josse, M. Cretté, M. Lorin et enfin M. René Ailain.

2. Zur Biographie des Stifters der Physiocratie, François Quesnay. — Gesichte der Natlonalœconomie'

3. Lorin, François Quesnay, — Quelques inexactitudes de ce travail ont été rectifiées par M. René Ailain qui nous a fourni directement sur d'autres points d'utiles indications.

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