‹ Le Docteur QuesnayChapitre 11 sur 128 · Quesnay marguillier · texte numérisé non relu

Quesnay marguillier

supprimés ou plutôt délivrés à nouveau par le roi. Quesnay en obtint un par lettres patentes de septembre 1723 ; sa réception par la communauté de ^Mantes est du 7 janvier

A quelques jours de là, les maire et échevins de la ville l'inscrivirent sur une liste de trois maîlres parmi lesquels devaient être choisis, par le premier chirurgien du roi, le lieutenant et le greffier de la communauté. MaisMaréchal, premier chirurgien, avait déjà fait son choix et désigné comme lieutenant un certain Bichot qui avait versé « pour la finance de Tétat du dit office » une somme de 400 livres.

Précédemment, en décembre 1723, Quesnay avait été élu marguillier, le second sur trois. Tout d'abord, il avait paru accepter ces fonctions, puis il s'était ravisé et avait allégué

1 . Dans une quittance notariée, datée de Mantes, 29 août 1721, Quesnay est désigné comme « maîtrechirurgien reçu à Mantes, demeurant à Paris ». On a conclu de là que Quesnay avait alors quitté Mantes. Mais il y a eu probablement une interposition de localités et il faut lire: a maître chirurgien reçu à Paris, demeurant à Mantes ». Les notaires ne sont pas infaillibles.

que, n'étant pas natif de la ville et étant nouveau paroissien, il n'avait pas à être désigné, qu'il était obligé d'aller auprès des malades à tous les moments de la journée et que, pour la perfection de son art, il devait se rendre très souvent, et pendant un temps considérable, à Paris pour faire des expériences d'anatomie.

En 1726, il fut encore élu marguillier, le second sur trois. Après réflexion, il accepta, mais en protestant contre le rang qui lui avait été donné et en réservant de se pourvoir par les voies de droit contre les prétentions à préséance de celui qui avait été élu le premier et qui était un orfèvre \

« Cette contestation, dit Hévin, fut porté devant les juges. Elle mit Quesnay dans le cas de faire sur la chirurgie toutes ces recherches précieuses qui, dans la suite des temps, lui servirent à défendre les chirurgiens de Paris contre leurs adversaires. On trouve dans le factum imprimé qu'il publia contre sa partie un précis clair des droits et

1. La corporation des orfèvres de Mantes avait une certaine importance; elle était une de celles qui possédaient un poinçon.

prérogatives que la chirurgie avait mérités et obtenus en qualité d'art libéral ». Ce factum n'a pas été retrouvé jusqu'ici. Mais Hévin dit que Quesnay gagna sa cause et qu'il prit sur son concurrent le pas que son titre de maître ès-arts lui donnait, parait-il, de plein droit.

Il ne semble pas que Quesnay ait été un parfait marguillier. Chargé des fonctions de trésorier en 1728, il laissa les comptes en suspens ; ils ne furent apurés que beaucoup plus tard. Mais au commencement de cette année 1728. il avait perdu sa femme de suites de couches, et ce malheur inattendu avait nécessairement troublé sa vie\ Il restait veuf avec trois jeunes enfants, deux fils et une fllle^

Les liens qui rattachaient à Méré furent rompus à peu près dans le même temps. Une des sœurs qu'il y avait laissées était morte; une autre s'était mariée' ; sa mère, restée

1. D'après M. Grave, il habitait en 1729 à Mantes dans la rue du Vieux Pilori ; sa maison aurait été démolie en 1760, lorque Perronet perça la rue (nationale) qui est en face du pont sur la Seine.

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