Exposé des motifs de la loi du 7 germinal an XI
SCHELLE. 3
et à des expériences trop légères, comme on les appelait, des sujets trop peu instruits pour leur confier la vie des hommes ».
Presque partout, les chirurgiens n'étaient que de simples barbiers ; beaucoup d'entre eux étaient illettrés; quelques-uns savaient à peine lire.
Les réceptions n'étaient et ne pouvaient être sérieuses que dans les très grandes villes.
A Paris, la communauté des chirurgiens de Saint-Côme, dont Torigine remontait, disait-on, à saint Louis, comptait des praticiens de premier ordre. Elle possédait un collège bien organisé et qui, par un enseignement basé sur les études anatomiques, surpassait à beaucoup d'égards la Faculté de médecine où les cours étaient dits savants, parce que Ton y parlait latin et que l'érudition y tenait la première place.
Insli-uits pour la plupart, préparés à Pexercice de leur profession, les chirurgiens de Saint-Côme faisaient une concurrence sérieuse aux médecins'. Pour certaines mala-
1. Journal des Savants, février 1736. — Question de médecine : Sur la question de sacoir si c'est aux
dies, le public intéressé les préférait aux docteurs de la Faculté.
Celle-ci prétendait pourtant depuis longtemps que les chirurgiens, qu'ils fussent de Saint-Gôme ou d'ailleurs, étaient des artisans subordonnés aux médecins, qu'ils pouvaient avoir une plus ou moins grande habileté de main, mais qu'ils étaient incapables d'agir sans être dirigés par des docteurs, attendu que leur éducation n'élevait guère leur esprit au-dessus des sens. Leur travail était regardé comme manuel. « Les médecins, gens de bonne compagnie, n'usaient point de la lancette et du bistouri et plusieurs d'entre eux préféraient en l'absence du barbier, leur aide habituel, laisser mourir leur malade que de lui ouvrir eux-mêmes la veine\ »
La Faculté prétendait de plus au monopole de l'enseignement. Ses professeurs, « maîtres supérieurs en l'art de guérir^ », peuvent seuls,
médecins qu'il appartient de traiter les maladies vénériennes, 1733.
1. Paul Reclus, L académie ronale de chirurgie. Conférence à la Sorbonne du 1" février 1906.