‹ Le Docteur QuesnayChapitre 18 sur 128 · Mém. pour les doyens et docteurs de la Faculté · texte numérisé non relu

Mém. pour les doyens et docteurs de la Faculté

disait-elle, donner des leçons et délivrer des diplômes ; il ne peut y avoir dans l'Université un établissement autonome où l'on fasse passer des examens, où Ton donne des grades et qui forme une cinquième faculté ; les cours doivent y être de qualité inférieure, les examens dérisoires,, les grades irréguliers, puisque les professeurs diplômés y sont étrangers.

Telle était pourtant la situation de fait du collège de la communauté de Saint-Gôme; il avait toujours été considéré comme faisant partie de TUniversité. et néanmoins il était resté à peu près indépendant de la Faculté de médecine.

Les chirurgiens purent raconter plus tard qu'un jour d'hiver la Faculté voulut s'emparer de leur collège, qu'elle y vint toute entière en grand costume et précédée d'huissiers, mais qu'elle attendit vainement sous la neige que les portes s'ouvrissent devant elle; que, vaincue, humiliée, elle dut se retirer sous les huées des assistants. Mais les médecins purent dire aussi que les chirurofiens avaient écrit en lettres d'or sur leur maison de Saint-Gôme: Collegium chirur-

gicum, et qu'ils furent contraints d'effacer cette annonce incorrecte^

Des procès étaient engagés depuis des siècles entre les deux professions rivales ; des décisions judiciaires, des lettres patentes, un induit du pape, étaient invoqués par les parties . Toutes deux comptaient des victoires, presque toujours dues à l'intrigue ; quand le premier chirurgien du roi avait la confiance de son maître, la communauté de Saint-Gôme obtenait quelque décision conforme à ses intérêts ; quand, au contraire, les médecins étaient en faveur à la cour, la Faculté triomphait.

Celle-ci avait eu pour politique d'opposer aux chirurgiens les barbiers, organisés eux aussi en communauté. Elle avait ouvert des leçons en français pour ses protégés, leur avait délivré des brevets, leur avait promis que les médecins les emmèneraient avec eux au chevet des malades. Ainsi que l'a proclamé un professeur de la Faculté, les médecins « savaient faire des chirurgiens quand ils le jugeaient à propos ».

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