Procope. — Lettre insérée dans le Mercure à^d.o\}X
2. Réponse cV un chirurgien à la lettre insérée dans le Mercure de France du mois d'août dernier et adressée aux auteurs des Observations sur les écrits des nio . dernes. Il y fut répliqué par la Lettre d'un docteur en médecine à un maître chirurgien.
(( La médecine, dit-il, est nécessairement conjecturale et jamais Tautorité de Topinion n'a autant partagé les maximes d'aucun autre art. Sans doute, tous lés dogmes médicaux ne sont pas contestés, mais il s'en faut bien que la portion généralement admise « s'étende » aussi loin que la profession du commun » des médecins qui, certainement, entre- » prennent beaucoup au delà, non seulement )) de leurs connaissances, mais même des )) décisions qu'ils peuvent raisonnablement » fonder sur des conjectures. »
En dépeignant la vie du chirurgien de village, Fauteur le montre obligé d'acquérir de la prudence, tandis que les médecins se font remarquer par la témérité de leurs médications.
« La seule envie de dominer, conclut-il, a » fait porter le trouble et la dissension dans )) deux professions qui, également libres, » également nobles, également occupées du » plus intéressant de tous les objets, ne » sauraient trop se ménager, quand ce ne » serait que pour l'honneur de ceux qui les » cultivent )>.
Desfontaines applaudit à ce langage et alla
jusqu'à dire que le plus beau chapitre de la Recherche de la Vérité ne dépassait pas la réponse des chirurgiens pour la justesse des idées et la netteté du style. « Voilà, s'écria-t-il, comme écrivent ces gens sans scrupule et sans éducation ! »
La querelle s'envenima; les brochures devinrent plus acerbes sous la plume du médecin Procope Couteaux^ et sous celle du doyen Andry ^ Quesnay adressa à ce dernier une Réponse à Cléoii ' où il divulgua les procédés employés par la Faculté qui provoquait la publication d'ouvrages ridicules^ par des chiruro^iens io^norants et s'en servait ensuite pour se moquer de tous les chirurgiens.
Puis, les deux parties se battirent sur le terrain pratique, à l'occasion de la publication par le médecin Astruc d'un traité De morbis
1. Lettre de M..., à un ami de prorince, octohTe 1736. Une Réponse à cette lettre est attribuée tantôt à Desroziers, tantôt à Quesnay dans le Recueil cité.
2. Clèon à Eudoxie touchant la prééminence de la médecine. 11 fut publié une série de brochures pour et contre, entre autres diverses lettres d'Astruc.