‹ Le Docteur QuesnayChapitre 8 sur 128 · IG · texte numérisé non relu

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Qiiesnay ait complété son instruction première lorsqu'il vint à Paris, mais il est peu probable qu'il ait pu se mettre en situation de subir des examens d'humanités et de philosophie sans avoir acquis auparavant, soit auprès du curé de Méré, soit autrement, des connaissances d'une certaine étendue.

D'après Tafirmation d'Hévin, ce serait en 1710 que Quesnay serait allé chez le chirurgien d'Ecquevilly. Une conjecture est dès lors permise. Pour devenir maître en chirurofie, il fallait, en vertu de l'édil de février 1692\ avoir été apprenti chez un maître d'une ville principale ayant communauté de chirurgiens et avoir servi ensuite pendant quatre ans chez un ou plusieurs maîtres, ou bien, à défaut du premier apprentissage, avoir servi pendant six ans chez un ou plusieurs maîtres. Quesnay aurait commencé son stage

1. Le texte de cet édit (daté de Versailles), se trouve dans le Recueil dont nous parlons plus loin. Il porte création de deux chirurgiens jurés dans chaque grande ville du Royaume et d'un dans les autres. Les chirurgiens jurés étaient chargés d'inspecter les autres chirurgiens et d'assister aux examens de réception des chirurgiens, sages-femmes, etc. L'article 6 fixe les conditions d'apprentissage.

à Ecquevilly en suivant la seconde filière ; il Taurait interrompu pour apprendre la gravure, mais il ne serait pas resté beaucoup plus longtemps en apprentissage comme graveur que comme chirurgien.

Un biographe dit qu'il travailla chez Gochin et qu'il logea à Paris chez le père du célèbre artiste ; il est probable qu'il n'y a là qu'une confusion de nom entre Gochin et Pierre de Pvochefort.

Quoi qu'il en soit, Quesnay ne tarda pas à aller faire ses études médicales à Paris, et c'est à cette époque qu'on peut placer le désaccord signalé entre lui et sa mère, celle-ci persistant à vouloir le faire graveur et lui voulant être chirurgien.

Rangé et d'une vigoureuse santé, il fut un étudiant laborieux ; il assista aux leçons du Collège de chirurgie et à celles de la Faculté de médecine où il prit des inscriptions ; il étudia la pharmacie, suivit des cours d'anatomie, de chimie et de botanique au Jardin du roi, fréquenta les hôpitaux, «ne manquant ni une visite, ni un pansement », fut admis « à travailler » à THôtel-Dieu et trouva néanmoins, au milieu de ses occupations professionnelles,

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le temps de compléter son instruction générale. (( Il effleura les mathématiques », dit GrandjeandeFouchyavec une pointe d'ironie, et étudia la philosophie ; La recherche de la vérité, de Malebranche, lui inspira un goût très vif pour la métaphysique.

En 1716, il ([uitta Paris pour aller, comme chirurgien, à Orgerus, petit village situé à une douzaine de kilomètres de Méré, vraisemblablement pour compléter son temps de service chez un maître ; celui d'Orgerus ne devait avoir ni plus de science, ni plus de clientèle que celui d'Ecquevilly.

L'année suivante, le 30 janvier 1717, il se maria avec Jeanne Catherine Dauphin, qui, nous dit encore Grandjean de Fouchy, était iille d'un marchand des six corps de Paris. Les six corps étaient, comme on sait, ceux des drapiers, épiciers, merciers, pelletiers, bonnetiers et orfèvres ; si la femme de Quesnay avait été la fille d'un orfèvre, le biographe l'aurait signalé. Il n'a pas osé dire ou Hévin ne lui a pas fait connaître qu'elle était la fille d'un épicier de la rue desFossés-Saint-SuIpice, ce qui est constaté par son contrat de mariage.

A ce contrat, daté du 8 janvier 1717 ', figurèrent comme témoins, du coté de Quesnay, son beau-frère, épicier à Saint- Léger, le curé de Saint-Léger et un bouro-eois de Paris ; du coté de la future, un marchand de grains, un secrétaire de conseiller au Parlement^ un officier d'échansonnerie du roi, un marchand perruquier. Chaque époux apporta en dot 3.000 livres,

Quesna}^ voulant s'établir à Mantes, demanda la maîtrise aux chirurgiens de la ville ; ceux-ci la lui refusèrent. Les membres des corporations trouvaient facilement des prétextes pour écarter un concurrent.

Muni de sa lettre de refus, Quesnay alla à Paris, au collège de Saint-Gôme, subir les épreuves de la maîtrise et fut reçu avec éloges le 9 août 1718.

(( J'ai entendu plusieurs fois, dit Hévin, M. de Malaval (prévôt du collège de chirurgie) rappeler le jugement distingué que ses collègues et lui avaient porté du candidat, d'après la supériorité des lumières qu'ils lui avaient reconnues dans ses différents examens. ))

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