‹ Le docteur rougeChapitre 8 sur 14 · V2 i,i; docii.i i: uoc<;e · texte numérisé non relu

V2 i,i; docii.i i: uoc<;e

Je pensai que le vieux serviteur qui m'avait

parlé, élant maintenant loin de l'œil du maître et sans surveillance aucune, se levait lard.

Malgré mon impatience, j'attendis encore, voulant être bien reçu et ne point éprouver tout à l'heure le terrible obstacle de la mauvaise humeur d'un domestique. -

Je restai là,el neuf heures sonnaient bruyamment à toutes les horloges de la ville quand je me décidai à frapper.

Personne ne répondit.

Je laissai passer quelques secondes , puis je frappai de nouveau. Le marteau rendit ce son

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creux qui est comme une voix qui vous répond : — On ne viendra pas. — Je heurtai plus fort, la porte resta close. Je levai la tête et appelai; aucune fenêtre ne s'ouvrit.

Je craignis qu'un accident ne fût arrivé au gardien.

Je pensai à aller quérir un serrurier, un homme de la police; je m'agitai comme si quelqu'un à l'agonie m'eût appelé des profondeurs de ces appartemens où je désirais pénétrer. Ma sollicitude était extrême.

Un voisin me tira de peine ou , pour dire plus juste, l'augmenta en m'expliquant ce qui en était.

254 u Doonm ROUCE.

— 11 n'y a personne clans la maison, monsieur, me dit-il.

— Comment, personne!... quelqu'un s y trouvait pourtant, il y a trois jours; car j'y suis venu, et même on m'a donné rendezvous.

J'ajoutai ce mensonge à ce qui était la vérité, afin que l'on ne fût pas étonné de ma persistance à rester là; car je ne voulais pas croire ce qu'on me disait et je continuai à frapper.

— Vous feriez tomber la porte que vous ne seriez pas plus avancé, monsieur. Le vieux Théodore est parti voilà deux jours, et il fal-

lait qu'il fût bien presse. Nous l'avons vu emballer ses paquets sans dire adieu à ses voisins, monter en voiture ; puis, fouette cocher !

Cette nouvelle était pour moi un coup de foudre. Adieu les révélations du coffret!

Je portai ma main sur la clé que j'avais continué à tenir cachée sous mes vêtemens, et je la pressai par une étreinte de condoléance.

Cependant tout n'était pas encore perdu : si le vieux Théodore me manquait, Struensée avait prévenu aussi le libraire de l'existence du docteur Rouge. Je devais me rattraper par là.

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^éccssaireuiept,, cette désignation donnée à deux honunes de confiance devait me faire

penser que quelque lien existait entre eux, et puisque je ne trouvais pas le serviteur, à son défaut, je devais m' adresser au libraire.

J arrivai chez lui tout essoufflé. 11 était dans r arrière-boutique où il paraissait occupé.

— Est-ce pour quelque achat? me cria-t-il de la porte où il se plaça en in adressant un geste bienveillant, ou bien est-ce encore pour faire des recherches dans l'aliiianach que lautre jour vous n'avez pas eu le temps de parcourir?

— Ces! pour tout autre chose... J'ai affaire

h vous-même, mon cher monsieur Wisby...

Pouvez-vous me donner un moment d'audience ?

— Je ne le pourrai guère a présent : vous me trouvez près de sortir. Toutefois , poursuivit-il en souriant, s'il ne s'agit point d'un secret d'état et que la promenade ne vous fasse pas de peine le matin, j'ai à traverser le parc, nous pourrions causer en route.

— J'ai déjà l'ail une assez longue station et

une vive promenade, dis— je en lui montrant

mon mouchoir que la sueur avait mouillé ,

mais s'il n'y a pas d'autre moyeu de vous

parler...

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— A moins de remettre.

— Je vous attends, lui dis-je.

M. Wisby reprit l'occupation que ma venue lui avait fait quitter : penché sur son bureau, il tenait une de ces plaques de cuivre découpées dont on se sert pour faire les lettres des écriteaux. Le pinceau noirci à la main, il s'acquittait de sa besogne avec un soin tout particulier.

J'étais près de lui alors, et machinalement mes yeux s'étaient arrêtés sur la plaque dont les vides se remplissaient.

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Quand il ia souleva pour voir si l'opération avait réussi, je lus sur un large carton :

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