ACTE III
En tous cas, si je tombe ep deçà de l'ouvrage., Je laisse encore un fils héritier de ma rage, Qui fera, pour venger les maux que j'ai soufferts, Rejaillir jusqu'à moi ton sang dans les enfers!
LE ROI
Oh 1 oh ! . .. mais je% connais cela ; on jouait YAgrippine de M. Cyrano de Bergerac.
Au théâtre Italien, c'était autre chose. 11 y avait une suivante alerte et avisée, qui disait de la façon la plus comique du monde :
Je ne veux point ouïr les discours d'amoureux :
Us sont, en bonne foi, malins et dangereux.
Je pèche assez, d'ailleurs, sans pécher par l'oreille.
A propos de pécher, votre vide-bouteille,
Votre grand fainéant, votre chien de valet,
Enfin, ce mal Ijâti, ce naudit Jodelet,
Depuis deux ou trois jours, m'a prise pour une autre.
Je l'aurais bien frotté, si ce n'est qu'il est vôtre !
Il me trouve à sou gré; tout ce que j'ai lui plaît.
Mais me plaît-il aussi, le maussade qu'il est?
11 m'en faut bien un autre, et d'une autre fabrique !
C'est un beau marmouset ! c'est un bel as de pique !
Il pense, quand, la nuit, il a guitarisé,
Que j'en ai, tout le jour, le cœur martyrisé :
A la fin, il verra, si vous n'y donnez ordre,
Que j'égratigne bien, et que je sais bien mordre ! . .
LE ROI
Bravo, bravo, Georgette !
Bon ! voilà que le roi m'a applaudie comme on applaudissait ces dames.
le roi;
Et cela te fait plaisir?
GEORGETTE
Je crois bien! parce que, si jamais vous êtes roi...
LE ROI
Comment, si jamais je suis roi? J'espère bien que je le suis!
GEORGETTE
Non, je veux dire — si jamais vous le devenez, je vous demande votre protection.
LE ROI
Tu Tas.
(Le grand maître des cérémonies, M. de Montglat, parait au fond.) GEORGETTE.
Vous me ferez recevoir comédienne dans un théâtre ?
LE ROI
Je te le promets. Mais attends, n'est-ce pas M. Molière qui passe là-bas?
GEORGETTE
Oui.
l|e roi.
Eh bien, cours après lui, Georgelte, et envoie-le ici.