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ACTE III

LE ROI

Monsieur Molière, je vous promets de parler de M. le prince à ma mère et à M. de Mazarin.

MOLIÈRE

Oh ! sire ! ne soumettez pas de pareilles appréciations à la haine d'une femme et à la pusillanimité d'un ministre ; la clémence est vertu royale : soyez clément par vous-même, puisque vous êtes roi.

le ROI.

Je suis roi, monsieur, c'est vrai; mais j'hésite, car je n'ai point encore fait acte de royauté.

MOLIÈRE

"Jamais vous ne trouverez une plus belle occasion. Débutez par le pardon, sire, et le début sera digne du petitfils d'Henri IV.

LE ROI, souriant.

Fous le voulez, monsieur Molière?

MOL 1ÈRE, un papier, une plume à la main, et un genou en terre.

Oui, sire, je le veux*

(Anne d'Autriche apparaît et recule derrière la portière.) LE ROI, écmaut.

a Monsieur de Condé, » Rentrez en France, aussitôt que votre santé vous le

» permettra; seulement, le plus tôt sera le mieux, car » j'aurai grand plaisir à vous avoir près de moi.

» Votre affectionné, » Louis. »

Tenez, monsieur Molière, remettez, de ma part et de la vôtre, cette lettre à M. de Condé, et soyez chez moi demain à mon lever.

MOLIÈRE

Sire, vous n'êtes encore qu'un bon roi; marchez hardiment dans la voie où vous venez d'entrer, et vous serez un grand roi 1

(il sort.)

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