SCÈNE XV
LE ROI, CHARLOTTE, à la fenêtre de la tourelle.
Pauvre Charles ! pauvre Henriette!... Ah! c'est une triste et sombre besogne que celle de la politique, surtout quand on la fait comme M. de MazarinU Ainsi, chacun a sa somme de désirs dans ce monde : Georgette veut être comédienne ; M. Molière désire un privilège ; Bouchavannes sollicite une compagnie; Charlotte demande cent mille livres; Charles II a besoin d'un million; Henriette... pauvre petite Henriette! c'est la seule peut-être qui n'aura point ce qu'elle désire. Ah! monsieur de Bouchavannes, ma foi, pour le service que vous me
rendez, ce n'est point une compagnie que je devrais
VOUS donner, C'est Un régiment, (Apercevant Charlotte à la fenêtre.) Gomment! vous êtes là?
CHARLOTTE
Je vous ai dit que je vous aimais toujours; j'attends que vous me disiez que vous m'aimez encore.
LE ROI, à part.
Allons, je n'y échapperai pas. (Haut.) Plus que jamais!
CHARLOTTE
Et, si vous avez votre compagnie, Vous m'épouserez?
LE ROI
Oui.
CHARLOTTE
Même quand je n'aurais pas mes cent mille livres?
LE ROI
Même quand vous ne les auriez pas !
Oh! que vous êtes gentil! que je vous aime!... A demain!
LE ROI
A demain!... (a pan.) Ah! ma foi, tant pis! monsieur de Bouchavannes, vous voilà marié !
(charlotte disparaît; le roi reste seul.)