‹ Le docteur ServansChapitre 156 sur 201 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

briser mon bonheur, de souffler sur cette première flamme de la jeunesse que la même femme presque toujours allume et éteint ! Marie, ne m'en veuillez pas de ma promptitude à vous obéir. Je suis comme le roi, je ne veux point d'amour partagé; il me faut, $ moi, la double virginité du cœur et de l'âme... Marie, Marie, je vous le dis avec des larmes plein les yeux, à partir de ce moment vous êtes libre !

MARIE

Armand !

LE ROI

Adieu, Marie! Demain, vous aurez vos lettres, et celui dont vous craignez la présence, celui dont l'amour a osé entrer en lutte avec l'amour d'un roi, celui dont la jalousie n'a pas craint de vous menacer, celui-là aura quitté la cour.

(On frappe trois coups à la petite porte.) MARIE, essayant do lui prendre la main.

Armand!

LE ROI, repoussant la main de Varie.

Un homme que votre oncle attend dans l'orangerie frappe à cette porte, Marie; je suis de garde, et ma consigne est de lui ouvrir. Rentrez chez vous, et refermez votre fenêtre; je désire, comme vous devez le désirer vous-même, que personne autre que moi ne vous voie ôt ne vous entende!

Et demain j'aurai mes lettres?

LE ROI

Vous les aurez, foi de gentilhomme !

MARIE

Merci!

(Elle referme la fenêtre.)

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