‹ Le docteur ServansChapitre 177 sur 201 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

CHARLOTTE

Mon Dieu!...

LE ROI

Cent mille livres, en manière de cadeau de noces, s'il épousait la princesse Marguerite.

CHARLOTTE

Mon Dieu !... A l'aide ! au secours ! je vais me trouver mal!

LE ROI

Vous feriez mieux de rappeler toutes vos forces, et d'aller prendre sur cette table, là-bas, voyez, ce papier plié en quatre...

Sire, ce serait avec bien du plaisir, mais les jambes me manquent !

LE ROI

Et qui est la commission de capitaine du vicomte de Bouchavannes...

CHARLOTTE

Sa commission de capitaine? Oh ! sire, que de remercîments?... Pardon, sire !

LE ROI

Mais que vous ne lui donnerez qu'à la condition, condition du reste facile à remplir, qu'il sera voire mari d'ici

à six semaines. Et, maintenant, je n'ai plus qu'une chose à tous dire : si le duc Farnèse, à qui j'épargne des voyages fort dispendieux en France, en n'épousant point la princesse Marguerite, est assez ladre pour ne pas vous donner les cent mille livres promises, je vous les donnerai, moi.

CHARLOTTE

Oh ! sire !

LE ROI

Eh bien, qu'avez-vous ?

CHARLOTTE

Sire, la peur, l'émotion, la joie me font un tel effet, que je ne vois plus la porte!... (n u conduit vers i» porte.) Mais comment pouvez-vous savoir?...

Laissez-moi vous rendre un baiser que vous m'avez donné cette nuit, au pied de l'escalier de la tourelle, dans la cour de l'orangerie. Je ne veux rien avoir à M. de Bouchavannes.

CHARLOTTE

Ah! mon Dieu! (La porte s'ouvre; Mazarin parait. Charlotte recule ; Mazarin fait quelques pas en avant ; elle pas«e derrière lui, et disparaît en tenant sa tète dans ses deux mains, et en continuant de crier :)

Mon Dieu ! mon Dieu !

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